L’exécutif organisait, jeudi 16 avril à Paris, une « Journée des maires ».
Destinée en priorité aux nouveaux élus, elle proposait des ateliers dans plusieurs ministères, dont celui dirigé par Françoise Gatel. Les échanges ont largement porté sur la simplification administrative et le rôle clé des préfets, alors que deux projets de loi en ce sens sont en préparation.
En revanche, un troisième texte consacré à la décentralisation reste encore flou. La poursuite des programmes portés par l’ANCT (Agence Nationale de la Cohésion des Territoires) semble, elle, quasiment acquise. Point d’orgue de cette journée : une réception à l’Élysée, où Emmanuel Macron a insisté sur les enjeux d’indépendance (agricole, industrielle…) et sur la nécessité « d’aller plus vite » dans la réalisation des projets locaux.
Un mois après les élections municipales, près de 600 maires ont ainsi été reçus à l’Élysée. Sélectionnés par les préfets dans chaque département, ils représentaient la diversité des territoires, des communes rurales aux grandes villes. Cette réception venait conclure une journée d’ateliers organisée dans plusieurs ministères : Santé (services publics du quotidien), Intérieur (sécurité et cybersécurité), Outre-mer, ou encore Aménagement du territoire et Décentralisation, autour des relations entre l’État et les collectivités.

S’adressant aux élus pendant une trentaine de minutes, Emmanuel Macron a partagé « quelques convictions ». Il a d’abord évoqué une campagne municipale souvent difficile, marquée par des « attaques et menaces », promettant une protection renforcée des élus. Il a ensuite réaffirmé le soutien de l’État aux projets locaux, articulé autour de trois priorités : simplification, déconcentration et décentralisation.
Sur les deux premiers volets, le calendrier législatif est engagé. Le président a notamment évoqué un projet de loi visant à renforcer l’État local et le rôle des préfets, avec l’ambition de consolider le « couple préfet-maire », déjà mis en avant lors de la crise sanitaire. En revanche, la réforme de la décentralisation reste incertaine, malgré des travaux en cours évoqués par le chef de l’État, notamment sur le logement.
Emmanuel Macron a également insisté sur le lien entre action locale et enjeux internationaux, en évoquant la « bataille pour notre indépendance » : alimentaire, industrielle et énergétique. Il a appelé à généraliser une méthode d’action inspirée des chantiers de Notre-Dame et des Jeux olympiques, afin d’accélérer les projets sur l’ensemble du territoire. Les programmes comme Action Cœur de ville ou Petites villes de demain s’inscrivent dans cette logique d’accompagnement renforcé.
Les questions de sécurité ont aussi été abordées, avec une priorité donnée à la lutte contre le narcotrafic, désormais présent « dans toutes les communes ». Sur la santé, le président a plaidé pour une approche territorialisée, adaptée aux spécificités locales. Il a également évoqué la régulation des réseaux sociaux, notamment pour les mineurs, et la protection des processus électoraux face aux ingérences étrangères.
De son côté, Françoise Gatel a souhaité faire de cette journée un moment d’échange concret, en particulier pour les nouveaux maires. Elle a insisté sur l’importance du rôle des préfets et sous-préfets, appelés à devenir des interlocuteurs de proximité. Le futur projet de loi sur l’État local devrait d’ailleurs renforcer leur position, en les plaçant à la tête de l’ensemble des services déconcentrés et en leur accordant davantage de marges de manœuvre pour adapter les normes aux réalités locales.
Ce texte prévoit également une refonte des outils de contractualisation entre l’État et les collectivités, ainsi qu’une nouvelle stratégie nationale d’aménagement du territoire. En parallèle, une mission parlementaire sur les finances locales doit être lancée, avec pour objectif une réforme en profondeur à l’horizon 2027.
En matière de décentralisation, le gouvernement se montre plus prudent. Faute de consensus et de temps dans un calendrier parlementaire chargé, il privilégie pour l’instant les mesures jugées les plus opérationnelles. Un éventuel texte spécifique, notamment sur le logement, n’est toutefois pas exclu.
Enfin, les programmes portés par l’ANCT ont fait l’objet d’un large soutien. Jugés essentiels pour les territoires, notamment ruraux, ils devraient être prolongés et adaptés. Une « deuxième génération » de l’agence est d’ailleurs en préparation, avec l’ambition de renforcer encore son rôle d’accompagnement sur mesure des collectivités.

Plus d’informations à retrouver dans le prochain numéro de la Revue des Collectivités Locales