A la suite de la réunion de concertation sur la consigne des bouteilles en plastique organisée le 30 juin 2026 par le ministre de la Transition Ecologique, Mathieu Lefèvre, les associations d’élus ont dénoncé l’intention du gouvernement de vouloir passer en force sur le dossier et déclaré qu’elles ne se laisseront pas faire.
Les associations d’élus, les organisations professionnelles et les ONG environnementales, parties prenantes de ce dossier, n’ont pas caché leur colère. Elles jugent inacceptable cette décision prise par les pouvoirs publics d’introduire cette « fausse consigne », tant au regard de ses conséquences sur l’environnement et le pouvoir d’achat des consommateurs que parce qu’elle engagerait un démantèlement progressif du service public de gestion des déchets. Pourquoi renoncer au bac jaune alors que les performances sont là ? La France atteint le même niveau de performance que l’Allemagne avec 60% des emballages collectés font valoir les associations. De plus, Le traitement des bouteilles en plastique sortirait du service public de gestion des déchets aujourd’hui porté par les intercommunalités, ce qui constitue une véritable privatisation de la collecte et du tri. « Ce n’était plus une réunion de concertation et c’était bien une réunion de présentation de la mise en œuvre de la fausse consigne, avec son calendrier, avec ses conditions juridiques, avec même la compensation qu’on voulait donner aux associations d’élus comme si pour nous le problème se résumait à une question de compensation » s’est indigné Jean-François Vigier, vice-président de l’AMF en charge de la transition écologique, alors que les élus avaient présenté tous les arguments nécessaires pour convaincre le ministre de ne pas mettre en place cette fausse consigne. Les associations rappellent qu’il ne s’agit pas une consigne de réemploi parce qu’elle va pénaliser les consommateurs et les usagers et parce que ce n’est pas un geste écologique. Ce qu’elles regrettent ? Leur plan présenté pour la première fois en 2023 n’a jamais été examiné et jamais été mis en œuvre. Elles dénoncent en cœur une véritable atteinte au service public des déchets avec des conséquences pour de nombreux acteurs au premier rang desquels le consommateur qui paiera 20 centimes supplémentaires sur chaque bouteille. Et d’expliquer qu’aujourd’hui, ce sont les industriels qui paient une éco-contribution sur les emballages mis en vente. Avec le système de fausses consignes envisagé par le gouvernement, ce sont les Français qui devront payer pour le recyclage des bouteilles, constituant selon les associations, un véritable renversement du principe pollueur-payeur. Pour France Nature Environnement « ce système de fausse consigne pour recyclage n’est pas un vrai système de consigne qui va permettre de réduire de laver et de réutiliser les bouteilles ; c’est un système qui va permettre d’entretenir la bouteille plastique, cette dernière étant récupérée par les industriels eux-mêmes qui vont pouvoir produire encore plus de bouteilles en plastique. Or aujourd’hui l’urgence environnementale mais aussi l’urgence sanitaire c’est la réduction de la bouteille en plastique. » Un objectif de la loi Agec qui prévoit la réduction de la production de bouteilles en plastique de 50% d’ici 2030 et la disparition totale des emballages à usage uniques d’ici à 2040. « Les bouteille en plastique sont censées disparaître en 2040. On ne comprend pas les investissements de plus d’un milliard d’euros qui vont être faits dans des équipements pour un déchet qui est voué à disparaître, déplore l’association Zéro Waste, l’urgence et les moyens doivent être remis dans la réduction des bouteilles en plastique. »
La riposte s’organise
Dans un courrier adressé au ministre Lefèbvre, les élus ont tenu à lui faire part de leur ferme opposition aux conditions de déroulement de cette soi-disant concertation. « Aujourd’hui, vous nous mettez au pied du mur en imposant une réunion sur les modalités de mise en œuvre de la fausse consigne. Les documents joints à la convocation ne laissent aucun doute sur vos intentions. Nous ne pouvons pas l’accepter puisque vous vous étiez engagé à une réunion sur son opportunité. » ont-ils écrit, lui reprochant de « rester sourd à nos arguments et ne paraissez sensible qu’aux appétits de quelques industriels financièrement intéressés en poursuivant la destruction du service public de tri et de recyclage, et au mépris de l’écologie. » Alors qu’une demande va être faite au Premier ministre, Sébastien Lecornu, de reprendre le dossier en main , les élus se disent prêts à bloquer le paiement de la taxe générale sur les activités polluantes si le gouvernement refuse d’étudier leurs propositions. A suivre.