Aux quatre coins de nos campagnes et de nos petites villes, la question hante les conseils municipaux : comment garantir un accouchement en toute sécurité quand la maternité la plus proche ferme ?
Entre 2013 et 2021, le nombre de communes abritant une maternité est tombé de 416 à 375. La conséquence est immédiate : le nombre de bébés nés dans des communes dépourvues de structure adaptée a explosé, passant de 2 922 à 4 771 par an.
Sur le terrain, la tension est quotidienne. Le Conseil national de l’Ordre des sages-femmes alerte sur les fermetures temporaires à répétition, faute de personnel ou de matériel. En 2023, la préconisation de l’Assemblée nationale d’en fermer encore une centaine pour des motifs budgétaires a sonné comme une provocation. On se souvient du cri du cœur d’Annick Gombert, maire du Blanc, dénonçant ce sentiment d’abandon : « Il n’y a que les urbains qui comptent. »
45 minutes est un le chiffre qui alerte, pour beaucoup, 45 minutes de route représentent un trajet classique. Mais pour une femme enceinte, c’est une ligne rouge. D’après la DREES, dépasser 45 minutes de trajet pour rejoindre une maternité double le risque de mortalité infantile.
Alors que la moyenne européenne s’établit à 3,5 ‰, le taux de mortalité infantile en France stagne à 4,1 ‰. Classée entre la 21ᵉ et la 23ᵉ place en Europe (sur 27), la France fait face à une situation qualifiée d’« insoutenable » par un rapport gouvernemental de 2026. L’INED et le Sénat confirment ce lien direct entre déclin du service public hospitalier et complications obstétriques.
Un impact humain et social majeur!
Derrière ces kilomètres supplémentaires, la santé des femmes trinque. L’OMS rappelle que 40 millions de femmes souffrent chaque année de séquelles post-partum (incontinence, dépression, douleurs). Comme le souligne la sociologue Béatrice Jacques, l’accouchement nécessite un lien de confiance et de proximité. Quand l’offre publique recule, ce sont les ménages les plus modestes qui pâtissent le plus des inégalités sociales de santé.
Quels leviers pour vos communes ?
Des réponses législatives se dessinent. La proposition de loi du 15 mai 2025 avance des pistes concrètes :
- Un moratoire de 3 ans sur les fermetures de maternités.
- La formation obligatoire aux urgences obstétriques pour les soignants.
- La création d’un Registre national des naissances et la hausse des budgets des ARS.
Pour répondre à cette crise, la principale solution actuelle réside dans la proposition de loi du 15 mai 2025, qui prévoit un moratoire de trois ans gelant les fermetures de maternités afin d’évaluer les besoins territoire par territoire tout en renforçant les budgets des ARS et la formation aux urgences obstétriques