Congrès des maires et SMCL 2026 : l’AMF veut redonner aux collectivités leur liberté d’action
À quelques semaines du 108e Congrès des maires et du Salon des maires et des collectivités locales (SMCL), l’Association des maires de France place la défense des libertés locales au cœur de son rendez-vous annuel. Avec pour mot d’ordre « Regagnons nos libertés », l’association entend interpeller l’État sur les moyens financiers des collectivités, leur autonomie et leur capacité à répondre aux attentes des habitants.
Le rendez-vous s’annonce particulièrement important pour les élus locaux. Du 24 au 26 novembre 2026, le Parc des expositions de la Porte de Versailles accueillera le 108e Congrès des maires et des présidents d’intercommunalité de France, organisé concomitamment au Salon des maires et des collectivités locales. Cette édition intervient après le renouvellement des équipes municipales et intercommunales de mars dernier. Elle doit permettre aux nouveaux élus de prendre leurs marques, tout en ouvrant une réflexion sur les conditions d’exercice du mandat 2026-2032.
Retrouver une véritable autonomie locale
Derrière le thème « Regagnons nos libertés », l’AMF porte un message politique clair : les collectivités doivent retrouver des marges de manœuvre pour conduire leurs politiques publiques. L’association dénonce depuis plusieurs mois une recentralisation progressive des décisions et une accumulation de contraintes réglementaires et financières qui limitent la capacité d’action des communes et des intercommunalités.
Pour David Lisnard, président de l’AMF, et André Laignel, premier vice-président délégué, la question des libertés locales est indissociable de celle des moyens. Les élus ne peuvent être tenus responsables de politiques publiques dont ils ne maîtrisent ni les règles ni les financements.
Les finances locales devraient ainsi occuper une place importante dans les échanges. L’AMF alerte notamment sur les efforts budgétaires demandés aux collectivités, la progression de leurs dépenses contraintes et les incertitudes pesant sur leurs recettes. En septembre, ses dirigeants avaient déjà exprimé leurs inquiétudes face aux orientations budgétaires de l’État et à leurs conséquences sur l’investissement local.
Les finances, condition de l’investissement territorial
La capacité des collectivités à maintenir leurs investissements constitue un autre enjeu majeur. Rénovation des bâtiments publics, infrastructures, équipements scolaires, transition énergétique, logement ou encore adaptation au changement climatique : les besoins restent importants alors que les marges financières se réduisent.
L’AMF entend notamment défendre une meilleure visibilité sur les ressources des collectivités et une relation financière plus équilibrée avec l’État. La question de la fiscalité locale, de l’autonomie financière et des dispositifs de soutien à l’investissement devrait également alimenter les discussions.
Un congrès tourné vers les nouveaux élus
Cette édition accordera une attention particulière aux équipes nouvellement installées. Plus de 80 débats, forums et ateliers sont annoncés autour des grandes préoccupations du mandat.
Les sujets abordés couvriront notamment les finances locales, le statut et la protection des élus, la sécurité, les ressources humaines, l’urbanisme, le logement, la ruralité, la transition écologique et le numérique.
L’intelligence artificielle fera également partie des thématiques examinées, avec une réflexion sur ses possibilités d’utilisation dans les services publics locaux, mais aussi sur les risques liés à la sécurité des données, à la transparence et à la fiabilité des outils.
L’intercommunalité sera elle aussi au centre des échanges, notamment autour de la gouvernance entre communes et établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), de la mutualisation des moyens et des contraintes financières du bloc communal.
Le SMCL, vitrine des solutions pour les territoires
En parallèle du Congrès, le Salon des maires et des collectivités locales constituera un lieu de rencontre entre les élus, les entreprises, les institutions et les acteurs qui accompagnent les territoires. Il permettra de découvrir des solutions concrètes dans des domaines aussi variés que l’aménagement, les équipements publics, les mobilités, l’énergie, la gestion des ressources ou les services numériques.
Dans un contexte de contraintes budgétaires et de transformation des politiques publiques, le salon représente également un espace de dialogue entre les collectivités et leurs partenaires économiques.
Un rendez-vous à portée politique
Au-delà des échanges professionnels, le 108e Congrès devrait donner une dimension politique particulière à la défense des libertés locales. L’AMF souhaite inscrire cette question dans le débat national à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
Pour l’association, l’enjeu est de rappeler que les communes et les intercommunalités ne sont pas de simples relais d’exécution des décisions nationales. Elles constituent un échelon essentiel de l’action publique et de la démocratie de proximité.
Le message porté par cette édition tient finalement en une revendication : donner aux élus locaux les moyens financiers, réglementaires et institutionnels d’exercer pleinement leurs responsabilités.