Et si les routes de demain étaient construites à partir de celles d’hier? C’est le pari que relève le Département du Tarn en lançant, sur la RD 988 à Lisle-sur-Tarn, le plus important chantier français de recyclage de couche de roulement. Avec près de 9 300 m² de chaussée rénovés, cette expérimentation constitue une première nationale par son ampleur. L’objectif est simple : redonner une seconde vie à la chaussée existante, directement sur place, sans évacuer les matériaux ni produire de nouveaux enrobés.
Une innovation qui conjugue performance technique, réduction de l’empreinte carbone et maîtrise des dépenses publiques.
Recycler la route… pour refaire la route
La technique RECYCOL, développée par l’entreprise COLAS, consiste à recycler la couche de roulement existante afin de fabriquer immédiatement une nouvelle chaussée. Contrairement aux méthodes traditionnelles, les matériaux restent sur place et sont réemployés directement.
Cette solution permet de réduire fortement les transports de matériaux, la consommation de granulats et de bitume neufs, les émissions de CO₂ liées aux travaux ainsi que les déchets issus des chantiers.
Un laboratoire à ciel ouvert pour les routes de demain
Cette expérimentation permettra d’évaluer le comportement de cette technique dans le temps afin d’en mesurer toutes les performances. Afin de disposer d’un comparatif fiable et de maîtriser le niveau de risque partagé entre COLAS et le Département, certaines sections de la RD 988 seront volontairement réalisées selon une technique traditionnelle en enrobés à chaud. Le coût de cette expérimentation s’élève à environ 430 000 €.
D’ores et déjà, les estimations montrent que la solution RECYCOL représente près de 100 000 € d’économies par rapport à une réfection classique. À terme, si les résultats sont confirmés, cette technologie pourrait permettre d’optimiser jusqu’à près de 50 % les futurs programmes d’entretien des chaussées, tout en limitant fortement leur impact environnemental. Pour Christophe Ramond, Président du Conseil départemental du Tarn « cette expérimentation illustre notre volonté de préparer les infrastructures de demain. Cette première d’envergure pourrait ouvrir la voie à une nouvelle génération de routes plus durables, plus sobres et plus économiques pour les collectivités françaises. Innover, c’est répondre aux défis environnementaux tout en garantissant un entretien durable et responsable de notre patrimoine routier. »