Un quart des salariés envisagerait de quitter la France

Territoires
11 mars 2020

TENDANCE. D’après l’étude The Workforce View in Europe 2019, un quart des Français pourraient envisager de s’expatrier dans les deux ans qui viennent. Qu’est ce qui nourrit un tel exil ? Explications.

L’herbe serait-elle plus verte ailleurs ? À en croire les Français et notamment les jeunes, la réponse est oui. Pour preuve, selon l’étude The Workforce View in Europe 2019 menée auprès de 10 500 salariés européens par Automatic Data Processing (ADP), le pionnier en matière de gestion du capital humain, un quart des 1 410 Français interrogés envisagerait de partir à l’étranger dans les deux ans qui viennent. Cela concerne 30 % des hommes contre 20 % des femmes. L’âge est également un facteur déterminant : 41 % des personnes de moins de 35 ans envisagent un déménagement à l’étranger contre seulement 15 % des plus de 45 ans.

Des salariés de certains secteurs sont naturellement plus marqués par ces envies d’ailleurs comme les professionnels de l’IT, et ceux du monde de l’art et de la culture. En effet, 46 % d’entre eux envisagent de travailler hors de France dans les deux années à venir (et 14 % dans l’informatique y pensent même « activement »). À l’opposé, seuls 16 % des professionnels de la santé penseraient à partir à l’étranger.

Au niveau régional, c’est en Île-de-France que les salariés sont les plus enclins à s’expatrier (34 %), tandis que ceux de Bretagne (18 %) se montrent plus pantouflards. « Pourtant partir pour l’étranger n’est pas une décision facile à prendre. Les barrières sont multiples, qu’elles soient personnelles ou professionnelles : famille, amis, langue, formalités administratives », analyse Carlos Fontelas de Carvalho, président d’ADP en France et en Suisse.

DES EXPATRIÉS PLUS DIPLÔMÉS

« En fait, on constate que les candidats au départ appartiennent aux catégories sociales les mieux formées et les plus jeunes. Rien d’étonnant, car les plus diplômés ont plus de chances de trouver un job hors de France et mieux rémunéré. Et puis les jeunes n’ont pas encore fondé de famille. Ils sont donc libres et avides d’expériences », décrypte Gontran Lejeune, président du cabinet de chasseurs de têtes Bienfait & Associés. Pour le docteur Philippe Rodet, spécialiste du stress au travail, qui intervient depuis plusieurs années dans les entreprises et dans les administrations, les raisons de cette motivation à aller poser ses valises ailleurs sont profondes, car, aujourd’hui, le cadre de travail ne correspond plus aux attentes des Millennials.

Trois facteurs de rejet sont mis en avant dans le rapport. D’abord, la question des rémunérations et notamment l’écart entre hommes et femmes : 75 % des jeunes penseraient à quitter leur travail si leur employeur n’accordait pas un salaire égal aux hommes et aux femmes. Suit, la question de l’indépendance qui n’a plus le vent en poupe. Selon le rapport, le nombre de collaborateurs envisageant sérieusement de devenir indépendants a chuté de 11 points depuis 2016. « L’autoentreprenariat est moins plébiscité aujourd’hui et ne correspond pas aux aspirations des jeunes diplômés (bac+5 et plus) qui sont à la recherche d’une communauté et d’un groupe de travail où s’exercent aussi bien l’émulation que la solidarité et l’entraide, commente Gontran Lejeune. L’ambiance au travail et la considération donnent au travail du sens et sont devenues plus importantes que le montant de la rémunération. »

La question de la confiance en leurs compétences est, enfin, une des causes qui pousse aussi les salariés français à l’expatriation. Car les quadras, mais également les jeunes, doutent de leurs aptitudes à répondre aux attentes des entreprises. Avec cette question sans réponse : est-ce que la formation de base permet de s’adapter aux changements ? Rien n’est moins sûr.

À RETENIR

41% des moins de 35 ans songent à s’expatrier au cours des deux prochaines années. Les hommes sont plus nombreux à vouloir franchir le pas que les femmes. Source : The Workforce View in Europe 2019

Danièle Licata

Paroles de maires

RCL
Question :
Un maire, donc OPJ, peut-il l’être en dehors de sa commune ?
Réponses :
Non, il est élu OPJ sur sa commune.
Tous les pouvoirs du Maire en tant que représentant de l'Etat ne lui sont octroyés que sur son territoire.
Non uniquement dans la commune où il est élu maire.

Inscrivez-vous dès maintenant sur le groupe Facebook Paroles de Maires pour obtenir des informations quotidiennes sur l'actualité de vos missions.

Copyright © 2022 Link Media Group. Tous droits réservés.
arrow-right