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L’éclairage urbain intelligent, un vrai facteur d’économies

Territoires
21 octobre 2021

Pour Emmanuel Autier, associé « utilities » au cabinet de conseil BearingPoint, une évolution de l’éclairage public vers les nouvelles technologies constitue un excellent moyen pour les villes d’assainir leurs finances tout en réalisant des économies d’énergie. L’occasion également de mener une réflexion générale sur l’éclairage des espaces publics.

 

RCL : Grâce aux avancées technologiques dans le domaine des objets et réseaux connectés, l’éclairage public intelligent fait son apparition dans les villes françaises. De quoi parle-t-on exactement ?

Emmanuel Autier : Loin d’être un gadget, l’éclairage intelligent est un vrai facteur d’économies, au sens pécuniaire du terme, qui demande certes un investissement de départ mais dont le retour sur investissement (ROI) est très rapide. Il s’agit d’une opportunité pour les villes qui nous le savons, sont de plus en plus contraintes sur leurs budgets, de dégager des marges de manoeuvre financières qu’elles pourront réinvestir sur d’autres projets. Lorsque l’infrastructure est correctement réalisée, l’éclairage devient un vecteur au service de la sécurité dans la ville. Enfin, cet outil qui permet de réduire la consommation énergétique va dans le bon sens dans une société ou la sobriété doit être de le maître mot de tout un chacun. En France, la plupart des systèmes et infrastructures d’éclairage ont entre vingt et trente ans avec des technologies tout aussi anciennes qui fonctionnent la plupart du temps sur un mode binaire : on allume ou on éteint. Demain, grâce aux nouvelles technologies, les villes pourront fonctionner sur un mode beaucoup plus efficace permettant de jouer à la fois sur l’intensité, la graduation, la couleur, avec la possibilité d’introduire une dimension supplémentaire de pilotage et d’adaptation de l’éclairage en fonction du besoin. Une nouvelle façon d’éclairer l’espace public.

Souvent dans le cadre de la smartcity, l’éclairage public est aussi le point de départ du déploiement de nouvelles infrastructures…

E.A. : L’investissement réalisé pour une infrastructure d’éclairage public intelligent permet de dégager des marges de manoeuvre intéressantes grâce aux gains financiers directs sur l’énergie non consommée et donc non facturée. C’est la brique de la smart city qui présente le retour sur investissement (ROI) le plus évident et le plus rapide d’où l’importance de le mettre en oeuvre rapidement parce qu’il est autofinancé et surtout, dans la durée, il permet de financer le reste des projets smart city. Les infrastructures d’éclairage public intelligent peuvent servir pour l’installation de bornes wifi dans l’espace public ou de caméras de vidéosurveillance dans certains quartiers, de capteurs de qualité de l’air extérieur ou de bruit. On peut aussi imaginer, au pied des candélabres, la connexion de bornes de recharge de trottinettes et vélos électriques.

Où en sont les villes françaises ?

E.A. : La métropole dijonnaise qui mène un projet à 360° autour de la smart city est la plus avancée dans sa démarche qui a démarré par la rénovation de l’éclairage public : 100 % des points lumineux ont été remplacés par des LED soit 65 % d’économie d’énergie attendus au terme du contrat. À Angers, la démarche de rénovation de l’éclairage public avait commencé bien avant le démarrage de la smart city. Le projet prévoit non seulement d’équiper les lampadaires de LED mais aussi de connecter les mâts et les armoires électriques pour accueillir d’autres applications. Un autre exemple, Toulouse Métropole teste des éclairages qui s’adaptent aux usages. Aujourd’hui, ce sont les villes moyennes qui ont montré le plus de facilité à déployer à grande échelle des infrastructures protéiformes de cette nature. Ce sont elles qui vont y trouver le plus grand bénéfice dans l’ensemble des services induits. Je pense que le développement vers des infrastructures d’éclairage plus modernes est indispensable car on ne peut plus se permettre de conserver cette source de consommation électrique importante pour la ville si on veut atteindre la neutralité carbone en 2050 .

S’agit-il de systèmes coûteux pour les villes ?

E.A. : Rappelons que ces systèmes permettent de réaliser des économies de l’ordre de 50 à 60 %, ce n’est pas négligeable. Pour utiliser leurs infrastructures d’éclairage public dans une logique smart, les villes vont bien entendu devoir déployer des technologies de communication ; il existe cependant des technologies de communication sans fil qui permettent d’intégrer dans le lampadaire cette capacité de pilotage. Les investissements nécessaires sont tout à fait accessibles pour la majorité des communes qui pourront compter sur des ROI inférieurs à trois ans . Nous avons en France de nombreux acteurs capables d’accompagner les collectivités dans la réalisation d’études en amont, afin de déterminer leurs besoins ainsi que le mode de financement le plus approprié. Ce sont eux qui gèrent l’opération dans la durée car ce n’est pas le métier des communes de savoir opérer de telles infrastructures.

Quelles sont les réflexions préalables à mener en amont de l’installation de tels systèmes ?

E.A. : Initialement, l’éclairage des villes avait été pensé pour la sécurité des piétons ; puis il a évolué vers la gestion de la relation entre les véhicules motorisés et les piétons. Les élus doivent se projeter sur l’usage de l’espace public qu’ils ont aujourd’hui dans leur ville et l’usage qu’ils en auront dans les années à venir compte tenu de l’évolution des modes de vie. Comment leur ville va-t-elle évoluer ? Besoin de flexibilité ? La nécessité de mieux éclairer à certains moments de la journée ? Éclairer pour les piétons ou plutôt pour les véhicules ? Dans un monde demain, où les véhicules motorisés seront moins nombreux et la priorité accordée de plus en plus aux mobilités plus douces, il devient primordial d’intégrer cette nouvelle donne dans la manière dont sera envisagé l’éclairage de l’espace public. Réaliser cette prospective de l’évolution de la ville, éventuellement quartier par quartier, permettra d’envisager des éclairages d’ambiance différents grâce aux nouvelles technologies. Et n’oublions pas que l’éclairage public intelligent ne concerne pas uniquement les villes, il concerne également l’extérieur des villes.

Propos recueillis par Blandine Klaas

 

Paroles de maires

RCL
Question :
Bonjour, comment gérez-vous les véhicules ventouse ? Malgré le signalement à la gendarmerie, le propriétaire ne déplace pas son véhicule. Si nous appelons la fourrière les frais seront pour la commune. Merci pour vos conseils.
Réponses :
Avoir nos rues avec des voitures poubelles qui les encombrent et prennent des places de stationnement n’est terrible. Il n y a pas de solution miracle. Quand il y a une plaque d'immatriculation : appel à la gendarmerie, identification du propriétaire (souvent en région parisienne), recommandé, délai d’un mois pour répondre. Sans réponse et selon l’état de la voiture, prise de photos, constat rédigé par mes soins et épaviste... Je préfère ne pas faire payer les habitants de mon village.
Nous sommes élus et nous nous devons de rester dans la légalité. Je crois qu'il faut identifier le propriétaire du véhicule et lui envoyer un courrier recommandé en l'obligeant à enlever son véhicule sinon le véhicule sera mis en fourrière et les frais seront à sa charge. Si les élus ne respectent pas les lois, c'est donner une mauvaise image de nous et nous ne devons pas être étonnés si nous sommes de moins en moins respectés.

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