Le financement de la politique de l'eau doit évoluer

Territoires
04 septembre 2019

TENDANCES. Pour Alain Grizaud, président des Canalisateurs, le prix de l’eau ne reflète pas son coût réel. Il faut, selon lui, revoir le financement de la politique de l’eau en France.

RCL : Vous remettez en cause le modèle économique de l’eau.

Alain Grizaud : Malgré une prise de conscience affichée par nos dirigeants, le compte n’y est pas sur les moyens accordés à la politique de l’eau au regard des ambitions affichées. Les volumes financiers sont identiques, voire en baisse. Les seuls compléments financiers dont les collectivités locales bénéficient sont les aquaprêts de la Caisse des dépôts. Or, il semblerait que les élus préfèrent le mode des subventions directes à l’amortissement d’un prêt.

Par peur, vraisemblablement, de laisser une dette à leurs successeurs. Et quelles conséquences sur les infrastructures ?

A. G. : Ce que les collectivités oublient, c’est qu’en ne réalisant pas les investissements nécessaires à l’entretien des infrastructures dont elles ont la charge, elles créent cette fameuse dette grise pour les générations futures, dont le montant sera bien supérieur. Nous tirons la sonnette d’alarme depuis des années sur les risques liés au vieillissement du patrimoine causés par le sous-investissement des collectivités dans le renouvellement des réseaux.

Vous pensez également qu’il faudrait réévaluer le prix de l’eau…

A. G. : Qu’on se le dise, l’eau n’est pas gratuite. C’est un service qui demande des infrastructures et qui engendre des coûts afin de maintenir les infrastructures. Aujourd’hui, le prix de l’eau ne reflète pas ses coûts. Mais, surtout, il n’intègre pas la capacité à s’autofinancer. On est toujours dans cet esprit de subvention. Il faut que ça change et que chacun puisse connaître la vérité du prix de revient. Arrêtons cette course effrénée à la baisse du prix de l’eau. Rendre un service aux usagers dans la durée est la vocation des services d’eau et d’assainissement. Cela signifie qu’il faut gérer le présent, mais aussi le futur.

Que préconisez-vous ?

A. G. : S’inscrire dans une démarche vertueuse, à savoir investir petit à petit, c’est ce que nous préconisons. Les fondations de nos services d’eau et d’assainissement sont nos infrastructures. Nous souhaitons que soit intégrée la gestion patrimoniale avec une gestion à long terme et des plans pluriannuels d’investissement. C’est une approche globale qui doit être mise en oeuvre. Vous avez également exprimé des réserves quant aux changements récemment intervenus dans la loi Notre… A. G. : Aujourd’hui, il faudrait que la taille des services d’eau et d’assainissement soit à la hauteur des enjeux. Or le projet de loi modifié donne la possibilité aux collectivités qui le souhaitent de revenir en arrière avec des services d’eau plus petits. Je pense que ce n’est pas une bonne chose, car il faut que les services aient cette capacité technique et financière pour relever les défis de l’eau. Enfin, la question se pose de savoir si, en France, il ne manque pas un organe de régulation sur l’eau qui permette justement d’avoir une vision globale sur le territoire.

Propos recueillis par Blandine Klaas

Paroles de maires

RCL
Question :
Un maire, donc OPJ, peut-il l’être en dehors de sa commune ?
Réponses :
Non, il est élu OPJ sur sa commune.
Tous les pouvoirs du Maire en tant que représentant de l'Etat ne lui sont octroyés que sur son territoire.
Non uniquement dans la commune où il est élu maire.

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