La qualité de vie passe par la capacité à se déplacer

Territoires
07 mars 2019

DÉCRYPTAGE. Le sondage La Mobilité et l'accès des Français aux services de la vie quotidienne dresse un état des lieux, identifie les obstacles, mais aussi les pistes d'amélioration pour un déplacement en toute liberté et toute autonomie.

Se déplacer facilement, une condition indispensable pour la qualité de vie au quotidien, c'est ce qu'estiment 65 % des Français interrogés par l'Institut Elabe, quels que soient leur âge, leur lieu de résidence ou leur habitation. « L'enquête révèle que la mobilité est un sujet universel, puisque tous les Français, et pas seulement les plus fragiles, se sentent concernés », commente Valérie Dreyfuss, la déléguée générale du Laboratoire de la mobilité inclusive (LMI). Pourtant, les Français font souvent l'expérience d'une mobilité entravée. Un Français sur trois estime être contraint dans ses déplacements ou modes de transport pour faire des démarches administratives (44 %), accéder à des loisirs ou faire une sortie culturelle (41 %), se rendre à un rendez-vous médical (37 %), faire ses courses alimentaires (35 %) ou pratiquer une activité physique ou sportive (26 %).
« Il est impensable, à l'ère de la consommation et des progrès techniques, que remplir son réfrigérateur puisse encore poser un problème pour 35 % des personnes interrogées », s'alarme Valérie Dreyfuss. Et au-delà de la contrainte perçue, trois à quatre Français sur dix déclarent avoir déjà repoussé à plus tard ou renoncé (par défaut de mobilité) à accéder à des loisirs ou faire une sortie culturelle (41 %), effectuer des démarches administratives (36 %), se rendre à un rendez-vous médical (30 %), pratiquer une activité physique ou sportive (29 %) ou faire ses courses alimentaires (26 %). Ce sont les usagers réguliers des transports en commun, mais également les personnes non équipées d'une voiture, qui sont les plus contraints. D'après le sondage, les empêchés de la mobilité sont en priorité les jeunes (18-25 ans), les actifs (cadres et employés) plus que les retraités. Et fait surprenant: ce sont les habitants de l'agglomération parisienne qui déclarent, plus largement que la moyenne, avoir déjà renoncé à des loisirs ou à une sortie culturelle (54 %). « Pour cette population qui dispose d'un large choix de moyens de transport, c'est l'abondance de l'offre qui les désoriente », explique Valérie Dreyfuss.

LA MOBILITÉ, UN RÉVÉLATEUR DE FRAGILITÉS
Quelque 29 % des personnes interrogées ont déjà renoncé à des déplacements par crainte de se perdre ou de ne pas réussir à se rendre à leur point de destination et 22 % par incapacité à construire leur itinéraire. « La mobilité n'est pas uniquement une affaire d'offre de transports. C'est aussi la capacité à pouvoir comprendre le système de transports en place; ce qui renvoie aux compétences cognitives », commentent les experts du sondage. « Voilà pourquoi l'apprentissage et l'accompagnement des plus vulnérables sont des actions indispensables d'émancipation individuelle, et d'inclusion sociale et professionnelle. C'est la vision que porte le LMI auprès des pouvoirs publics depuis maintenant plusieurs années », ajoute Valérie Dreyfuss. Face à la multitude de l'offre (bus, tramway, métro, RER…), ce sont les habitants des zones les plus urbaines (agglomérations de plus de 100000 habitants) qui semblent être les plus en difficulté; 32 % des résidents de l'agglomération parisienne déclarent avoir renoncé à se rendre dans un lieu inconnu par incapacité à construire son itinéraire. « L'offre est tellement vaste et les transformations sont si rapides que les populations des zones urbaines ont besoin d'être accompagnées pour qu'à terme elles gagnent en autonomie. C'est aussi l'enjeu du multimodal et la capacité de tous à s'en saisir », insiste Valérie Dreyfuss.

FREINS À LA MOBILITÉ ET ISOLEMENT SOCIAL
Conséquence au renoncement à se déplacer: l'isolement. Ainsi 37 % des Français affirment qu'ils ont déjà renoncé à rendre visite à leur famille, car ils n'avaient pas accès à un moyen de transport pour s'y rendre. Un chiffre quasiment aussi important lorsqu'il s'agit de passer du temps avec ses amis (34 %). L'entrave au lien social pour cause de mobilité est plus largement vécue par les non-équipés de voiture (54-59 %), les usagers réguliers des transports en commun (48-60 %), les plus jeunes (58-59 %) et les actifs, notamment cadres (38-46 %) et employés (42-44 %). Le taux de renoncement atteint 46-47 % auprès des habitants de l'agglomération parisienne, soit 10-12 points de plus que la moyenne des Français. Pour pallier les difficultés de déplacement, bon nombre de Français interrogés songent à changer de mode de vie : 30 % des actifs en emploi envisagent le télétravail, le temps partiel, arrêter de travailler ou changer de poste. L'aspiration au changement est nettement plus forte chez les jeunes actifs (38-39 % auprès des 25-34 ans) et des habitants des zones urbaines (33 % dans les villes de plus de 100000 habitants et 35-41 % dans l'agglomération parisienne). Quelque 23 % des Français ont même déjà envisagé de déménager pour se rapprocher de leurs centres d'activité.

DES PISTES DE SOLUTIONS SUGGÉRÉES
Afin de lever les freins, les Français interrogés évoquent tout d'abord l'aspect financier. En effet, 53 % des Français, quels que soient l'âge, la profession ou le lieu de résidence, suggèrent pour amélio-rer leurs déplacements un coût de transport moins cher. Ensuite, ils suggèrent un réseau de transports en commun avec des horaires ou des fréquences mieux adaptés à leur quotidien (35 %), mais aussi l'acquisition d'un véhicule qui va de pair avec l'obtention du permis de conduire: 20 % des Français évoquent le besoin d'un véhicule pour améliorer leur mobilité au quotidien. Cette solution est nettement plus citée parmi les jeunes (28 % des 18-24 ans et 23 % des 25 34 ans). ¦ Danièle Licata ¦? ¦ Méthodologie de l'enquête L'étude La Mobilité et l'accès des Français aux services de la vie quotidienne, réalisée par l'Institut Elabe, a été conduite auprès d'un échantillon de 1000 individus, représentatif des résidents de la France métropolitaine, âgés de 18 ans et plus. Représentativité assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle du répondant, région et catégorie d'agglomération).

Danièle Licata 

Paroles de maires

RCL
Question :
Un maire, donc OPJ, peut-il l’être en dehors de sa commune ?
Réponses :
Non, il est élu OPJ sur sa commune.
Tous les pouvoirs du Maire en tant que représentant de l'Etat ne lui sont octroyés que sur son territoire.
Non uniquement dans la commune où il est élu maire.

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