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« La qualité de service sur le réseau cuivre, un enjeu majeur »

Territoires
07 juillet 2022
La connectivité des territoires progresse en 2021 selon l’édition 2022 du tome 2 « Territoires Connectés » du rapport annuel de l’Arcep (l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse). Garante de la mise en œuvre des infrastructures de téléphonie mobile et d’accès à Internet, l’Arcep s’est également vue confier la mission, au côté de l’Ademe, d’étudier l’impact environnemental du numérique. RCL fait le point avec Olivier Corolleur, directeur fibre, infrastructures et territoires à l’Arcep.

RCL : L’Arcep a récemment publié l’édition 2022 du tome 2 de son rapport annuel dédié aux territoires connectés. Quelles en sont les grandes lignes ?

Olivier Corolleur : Les conclusions du rapport confirment une nette progres- sion de la connectivité fixe et mobile en France, dans tous les territoires, avec néanmoins deux sujets majeurs sur les- quels l’Arcep est entièrement mobilisée : veiller à maintenir une qualité de service du fait des travaux de déploiement de la fibre, qui a terme remplacera le réseau cuivre vieillissant, et limiter l’impact environnemental du numérique. Ce dernier point fait l’objet de travaux que nous menons en lien avec l’Ademe.

Que retenir de l’aménagement numérique des territoires, un sujet qui fait l’objet du tome 2 consacré aux territoires connectés ?

O.C. : Nous constatons que le « New deal mobile », cet accord signé en 2018 entre le gouvernement, l’Arcep, et les opéra- teurs mobiles visant à généraliser une couverture mobile de qualité, commence à porter ses fruits. En effet, la connectivité mobile s’améliore, notamment dans les territoires ruraux, et de véritables progrès ont été réalisés sur le territoire en termes de qualité de service. Donc un confort pour les utilisateurs des réseaux notamment pour l’Internet mobile qui est en en net progrès. Concernant le fixe, la couverture en fibre optique devrait dépasser 80 % du territoire d’ici à la fin de l’année. Néanmoins, dans certaines zones, ces travaux de déploiement très rapide suscitent des inquiétudes en termes de qualité service. Pour aider les opérateurs d’infrastructures à mieux maîtriser la qualité de leur réseau et résoudre les difficultés observées, l’Arcep a mis en place dès 2019 un groupe de travail « Exploitation FttH », dans lequel elle réunit toutes les six semaines les opérateurs d’infrastructures et les opérateurs commerciaux. Dans ce cadre, ils sont convenus de mettre en place des outils, à l’instar du compte rendu d’intervention (CRI), grâce auquel le technicien envoie systématiquement un compte rendu photo permettant le contrôle par l’opérateur de l’état des différents points du réseau avant et après chaque intervention. Nous travaillons en ce moment avec les opérateurs sur les outils d’exploitation de ces données, par exemple en utilisant l’intelligence artificielle, afin de détecter de manière exhaustive malfaçons et dégradations. Par ailleurs, la décennie 2020 représente une étape historique dans la vie des infrastructures fixes, avec la bascule du réseau cuivre vers la fibre annoncée en début d’année par l’opérateur historique Orange. La qualité de service sur le réseau cuivre reste un enjeu majeur, a fortiori dans les zones dépourvues de réseaux fibre. L’Arcep devra s’assurer que les utilisateurs de ce réseau bénéficieront jusqu’à sa fermeture définitive d’une connexion fiable et de qualité. Enfin, 2021 est aussi l’année de la montée en puissance des déploiements 5G avec des ouvertures commer- ciales de sites dans de nombreuses villes de France.

Quel a été l’impact du « New deal mobile » conclu avec les opérateurs sur le déve- loppement des réseaux en France ?

O.C. : Cet engagement signé entre l’État et les opérateurs a permis la généralisation de la 4G entre 2018 et 2020 sur tous les réseaux mobiles et en particulier dans les zones rurales où elle était insuffisamment déployée. À plus long terme, le « New deal » favorisera la densification des réseaux grâce à l’implantation de nouvelles antennes d’émission qui apporteront une meilleure couverture et surtout une meilleure qualité de réception. Grâce à un dispositif de couverture ciblée, le gouvernement en lien avec les collectivités territoriales a désigné des zones dans lesquelles les opérateurs doivent construire ces nouveaux pylônes. 3000 zones environ ont été arrêtées et 1200 pylônes y ont été érigés.

Depuis 2020, l’Arcep travaille avec l’Ademe sur les défis environnementaux du numérique. Que ressort-il de cette collaboration ?O.C. : L’Ademe et l’Arcep ont publié une étude commune à la demande du gouvernement visant à mesurer l’impact environnemental du numérique, identifier des leviers d’action ainsi que des bonnes pratiques. Il ressort que les premiers responsables des impacts du numérique sont les terminaux « utilisateur », c’est-à-dire les appareils électroniques (entre 64 % et 92 % des impacts, en premier lieu les écrans de télévision), suivi par les centres de données (entre 4 % et 22 % des impacts) et les réseaux (entre 2 % et 14 %). Les résultats montrent également que la phase de fabrication est la principale source d’impact pour les terminaux, réseaux et centre de données, suivie de la phase d’utilisation. Cependant, il reste encore un important travail à mener pour répondre à l’enjeu de la mesure de cet impact environnemental. Une deuxième partie de l’étude menée avec l’Ademe, à paraître prochainement, doit permettre d’envisager des scenarii prospectifs de l’impact environnemental du numérique à l’horizon 2030 et 2050.

De quelle manière l’Arcep accompagne-t-elle le développement de la connectivité dans les territoires ?

O.C. : Notre mission en tant que régulateur consiste à fournir aux opérateurs les ressources dont ils ont besoin pour développer leurs réseaux. C’est ce que nous faisons en attribuant des fréquences radio électrique pour les accompagner dans leurs nouveaux projets de développement et d’amélioration des infrastructures dans les territoires. L’Arcep s’assure aussi du respect des obligations auxquelles sont soumis les opérateurs d’ouvrir et d’interconnecter les infrastructures ainsi que les obligations d’accès aux réseaux. Enfin, pour éclairer à la fois les utilisateurs des réseaux et les élus locaux, nous rendons public le suivi de l’évolution des marchés ainsi que les données liées aux réseaux via des observatoires et des outils cartographiques. Maconnexioninternet.arcep.fr informe les utilisateurs des opérateurs, technologies et débits disponibles à une adresse donnée et les invite à suivre le déploiement de la fibre optique jusqu’à leur domicile. Monreseaumobile.arcep.fr permet de comparer la couverture et la qualité de service des réseaux mobiles. La plateforme jalerte.arcep.fr s’adresse aux élus, opérateurs et utilisateurs qui souhaitent alerter le régulateur sur les difficultés rencontrées avec les opérateurs télécoms, postaux ou relatifs à la distribution de la presse. D’une manière générale, en participant à des comités de conseil et de concertation réunissant les opérateurs et les élus, nous contribuons à un meilleur dialogue entre toutes les parties prenantes.

Propos recueillis par Blandine Klaas

 

Paroles de maires

RCL
Question :
Bonjour, comment gérez-vous les véhicules ventouse ? Malgré le signalement à la gendarmerie, le propriétaire ne déplace pas son véhicule. Si nous appelons la fourrière les frais seront pour la commune. Merci pour vos conseils.
Réponses :
Avoir nos rues avec des voitures poubelles qui les encombrent et prennent des places de stationnement n’est terrible. Il n y a pas de solution miracle. Quand il y a une plaque d'immatriculation : appel à la gendarmerie, identification du propriétaire (souvent en région parisienne), recommandé, délai d’un mois pour répondre. Sans réponse et selon l’état de la voiture, prise de photos, constat rédigé par mes soins et épaviste... Je préfère ne pas faire payer les habitants de mon village.
Nous sommes élus et nous nous devons de rester dans la légalité. Je crois qu'il faut identifier le propriétaire du véhicule et lui envoyer un courrier recommandé en l'obligeant à enlever son véhicule sinon le véhicule sera mis en fourrière et les frais seront à sa charge. Si les élus ne respectent pas les lois, c'est donner une mauvaise image de nous et nous ne devons pas être étonnés si nous sommes de moins en moins respectés.

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