La loi d'orientation sur les mobilités : la balle dans le camp des collectivités locales

Territoires
08 février 2019

DÉCRYPTAGE. Le projet de loi de la ministre des Transports Élisabeth Borne, résultat d'une concertation avec la société civile, donne la priorité aux mobilités du quotidien tout en prenant en compte la question des zones blanches.

En 2018, interrogés par l'Institut Elabe pour le Laboratoire de la mobilité inclusive (LMI), un Français sur trois estime être contraint dans ses déplacements ou modes de transport pour accomplir des démarches administratives (44 %), accéder à des loisirs (41 %), se rendre à un rendez-vous médical (37 %), faire ses courses alimentaires (35 %)… Pas de doute, les chiffres sont éloquents. « La fracture entre métropoles, centres-villes, périphéries urbaines et rurales ne cesse de croître. Des territoires entiers sont devenus, à bien des égards, de véritables déserts où les populations se heurtent à une assignation à résidence. Un piège dangereux, car, l'ancrage géographique restreint drastiquement le champ des études et des orientations professionnelles et l'accès aux services de la vie quotidienne », s'insurge Valérie Dreyfuss, directrice du LMI. Or, en polarisant les moyens sur les métropoles et les grandes villes, on a créé, certes, des centres d'attractivité, mais on a fabriqué en parallèle des déserts territoriaux. C'est pourquoi, « La boîte à outils », comme définit Élisabeth Borne, le volet des mesures prévues dans son projet de Loi d'orientation des mobilités (voir encadré) donnera la part belle aux transports du quotidien. Au-delà de réduire les fractures sociales et territoriales, la loi vise également trois autres objectifs: l'urgence climatique (30 % des émissions de CO2 viennent des transports), une révision de la politique des infrastructures, et une mise en avant des nouvelles solutions de mobilité telles que l'autopartage ou le covoiturage. « Reste qu'au-delà de toutes ces mesures qui font preuve d'une réelle volonté de révolutionner la notion même de déplacement, aucune mesure ne paraît obligatoire », fait remarquer Florence Gilbert, présidente de l'Association Wimoov. Réponse d'ici à juin 2019.

LA LOI MOBILITÉS EN 15 MESURES CLÉS

  • Des solutions alternatives à la voiture individuelle sur 100 % du territoire.
  • Une augmentation de 40 % des investissements pour améliorer les transports du quotidien.
  • La priorité à la remise en état de nos réseaux routier et ferroviaire.
  • Un plan sans précédent pour développer les transports en commun et désenclaver les territoires.
  • La mobilité des personnes en situation de handicap facilitée.
  • Un accompagnement à la mobilité pour tout demandeur d'emploi.
  • 100 % des informations sur l'offre de mobilité accessibles et la possibilité de faire un trajet porte-à-porte avec un seul titre de transport.
  • Des navettes autonomes en circulation dès l'année 2020.
  • Un forfait mobilité durable: jusqu'à 400 €/an pour aller au travail à vélo ou en covoiturage.
  • Un plan pour aider au covoiturage.
  • Un plan vélo pour tripler sa part dans les déplacements d'ici 2024.
  • Un nouveau cadre pour les solutions en libre-service.
  • Le déploiement du véhicule électrique grâce aux bornes de recharge.
  • Le déploiement de zones à faibles émissions pour un air plus respirable.
  • Le permis de conduire moins cher et plus rapide.

 

À RETENIR
13,4 MD€ prévus pour les investissements dans les infrastructures de transport pour la période 2018-2022.
Source: Ministère des Transports.

Danièle Licata

Paroles de maires

RCL
Question :
Un maire, donc OPJ, peut-il l’être en dehors de sa commune ?
Réponses :
Non, il est élu OPJ sur sa commune.
Tous les pouvoirs du Maire en tant que représentant de l'Etat ne lui sont octroyés que sur son territoire.
Non uniquement dans la commune où il est élu maire.

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