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Encore des efforts à faire pour revaloriser les déchets du BTP

Territoires
24 février 2021

La valorisation des déchets du BTP est une obligation légale dont la pratique doit être généralisée à tous les projets de construction, sur l’ensemble du territoire dans le cadre de la protection de la planète. Reste que les pratiques de réemploi dans le secteur sont de l’ordre de l’expérimentation, s’inquiète l’Agence de la transition écologique (Ademe). Explications.

Souvenez-vous, alors secrétaire d’État à la Transition écologique, Brune Poirson lançait, le mercredi 5 février 2020, un appel à projets sur la gestion des déchets du bâtiment, à l’occasion d’un déplacement dans l’Aube. « On ne peut plus se contenter d’avoir seulement 2 % de toutes nos moquettes et de nos fenêtres recyclés ! Seule la moitié des déchets du bâtiment est recyclée et réutilisée, alors qu’il s’agit du secteur qui en produit le plus en France ». Le ton est donné. Cet appel à projets, doté de 20 millions d’euros, anticipe la création, début 2022, de la filière de responsabilité élargie des producteurs (REP) prévue par la loi sur l’économie circulaire, définitivement adoptée par le Parlement le 30 janvier dernier. « Il vise à recueillir des solutions pouvant être répliquées partout en France, avec quatre objectifs : réduire la production de déchets, augmenter le taux de recyclage et la part de déchets recyclés dans la construction, enfin promouvoir des solutions de massification autour de la technologie, de la traçabilité, des données techniques ou encore de la logistique », expliquait Brune Poirson lors d’un entretien qu’elle a accordé à RCL.

Le plan de relance présenté le 3 septembre 2020 par le Premier ministre Jean Castex alors que se tenait quelques jours auparavant les Assises de l’économie circulaire, enfonce le clou et prévoit une enveloppe globale supplémentaire de 500 millions d’euros accordée au fonds Économie circulaire de l’Agence de la transition écologique (Ademe) dont 5 millions d’euros pour mettre en oeuvre la traçabilité dans le cadre de la création de la filière de responsabilité élargie des producteurs pour les déchets du bâtiment. L’économie circulaire, et par là la gestion des déchets, devient donc une réalité dans le bâtiment. Et pour cause : les enjeux sont de taille. Le BTP produit à lui seul presque 228 millions de tonnes de déchets par an dont 42 millions de tonnes pour le seul secteur du bâtiment, selon l’Ademe.

PEUT-ON AMÉLIORER LE TAUX DE RECYCLAGE ?

La réglementation l’impose. Découlant d’une directive- cadre européenne de 2008, la loi sur la transition énergétique du 18 août 2015 contient en effet une série d’articles destinés à « lutter contre les gaspillages et promouvoir l’économie circulaire, de la conception des produits à leur recyclage ». Cette loi fixe notamment comme objectif de « valoriser sous forme de matière 70 % des déchets du secteur du bâtiment et des travaux publics en 2020 », par recyclage, réemploi ou remblaiement. En amont de la production de déchets, la loi porte aussi en filigrane de nouvelles exigences réglementaires sur la construction de bâtiments publics. Chaque fois que possible, ils devront être à énergie positive ou « à haute performance environnementale », ce qui pourra intégrer certains aspects de l’économie circulaire comme l’utilisation de matériaux recyclés.

MAIS AU-DELÀ DU CADRE JURIDIQUE, QU’EN EST-IL DANS LA RÉALITÉ ?

La loi sur l’économie circulaire en appelle clairement à la responsabilité de tous les acteurs du secteur du BTP, publics et privés qui sont contraints désormais de mieux gérer les déchets de leurs chantiers. Cette loi passe également par un changement de regard et de pratiques pour passer de la démolition à la déconstruction, des déchets aux ressources, en priorisant le réemploi, la réutilisation puis le recyclage. Un processus qui a un impact économique positif. En effet, assurer un tri des déchets sur le site même de l’opération permet de réaliser des gains tout à fait substantiels. En moyenne, une gestion efficace des déchets de chantier permet une réduction des coûts de l’ordre de 30 à 40 % selon l’Ademe.

DÉVELOPPER LES FILIÈRES DE RECYCLAGE

Reste que l’entrepreneur ne peut pas faire grand-chose si, en aval, les filières de recyclage ne suivent pas. Certaines sont déjà opérationnelles. C’est le cas de celles du plâtre et du bois recyclés en panneaux de particules ou réutilisés en combustible. Mais si les matériaux inertes comme le béton et les gravats sont largement réutilisés en sous-couche routière dans les travaux publics, dans le bâtiment en revanche, le recyclage du béton est encore rare. D’ailleurs, l’Ademe dans un rapport récent constate que les pratiques de réemploi dans le secteur du bâtiment sont encore de l’ordre de l’expérimentation notamment parce que les filières du réemploi sont peu connues. Pourtant, un bon nombre existe, mais elles ne sont pas toujours référencées en tant que telles.

DES FREINS ENCORE À LEVER

La valorisation des déchets est encore pénalisée par un certain nombre de freins. L’un des principaux concerne le maillage territorial insuffisant en points de collecte, principalement en régions rurales, ce qui limite l’accès aux gisements de déchets recyclables et donc empêche un traitement à grande échelle qui permettrait de faire baisser les coûts. Autres freins constatés : la traçabilité des déchets qui reste insuffisante pour assurer en aval la qualité des matériaux recyclés, la gestion des déchets mal prise en compte dans les marchés de travaux ou encore une compétitivité des filières de valorisation trop faible par rapport aux solutions traditionnelles d’enfouissement.

Danièle Licata

Paroles de maires

RCL
Question :
Bonjour, comment gérez-vous les véhicules ventouse ? Malgré le signalement à la gendarmerie, le propriétaire ne déplace pas son véhicule. Si nous appelons la fourrière les frais seront pour la commune. Merci pour vos conseils.
Réponses :
Avoir nos rues avec des voitures poubelles qui les encombrent et prennent des places de stationnement n’est terrible. Il n y a pas de solution miracle. Quand il y a une plaque d'immatriculation : appel à la gendarmerie, identification du propriétaire (souvent en région parisienne), recommandé, délai d’un mois pour répondre. Sans réponse et selon l’état de la voiture, prise de photos, constat rédigé par mes soins et épaviste... Je préfère ne pas faire payer les habitants de mon village.
Nous sommes élus et nous nous devons de rester dans la légalité. Je crois qu'il faut identifier le propriétaire du véhicule et lui envoyer un courrier recommandé en l'obligeant à enlever son véhicule sinon le véhicule sera mis en fourrière et les frais seront à sa charge. Si les élus ne respectent pas les lois, c'est donner une mauvaise image de nous et nous ne devons pas être étonnés si nous sommes de moins en moins respectés.

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