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Des mobilités pas si douces que cela

Territoires
10 mars 2022

La micromobilité considérée comme l’avenir des déplacements de courte et moyenne distance apporte de nouveaux risques dans les centres urbains causant de nombreux accidents, parfois mortels. Rétablir plus de sécurité : un nouveau défi pour les élus.

Les trottinettes électriques, gyropodes, hoverboards et autres monoroues toujours plus nombreux dans les centres urbains sont à l’origine de conflits d’usage de l’espace public pou- vant aboutir à des situations dangereuses. En 2020, 870 accidents corporels impliquant un engin de déplacement personnel motorisé (EDPM) ont été en- registrés par les forces de l’ordre selon la Sécurité routière. Des accidents qui ont provoqué sept morts et 774 blessés d’usagers d’EDPM et 157 blessés parmi les autres modes (piéton, cycliste, 2RM et automobilistes). « La cohabitation avec les autres usagers, qu’il s’agisse des piétons, des vélos, des automobilistes ou des deux-roues motorisés est le principal problème de sécurité posé par le développement de ces micromobilités dans les villes avec des problématiques que le non-port du casque est un facteur aggravant en cas d’accident. Or, de prise en compte des uns et des autres ainsi qu’un manquement au respect des règles de circulation constaté chez certains usagers. La circulation pourtant interdite de ces engins sur les trottoirs cause des collisions importantes avec les piétons », décrypte Karine Bonnet, présidente du réseau et directrice générale de DEKRA Automotive SAS. Dans son rapport intitulé « Les nouvelles mobilités enjeu de sécurité » publié en 2020, le leader du contrôle technique dresse un constat sans appel : les facteurs de risques et l’accidentologie ont explosé ces dernières années. À cela plusieurs raisons. Tout d’abord la forte croissance de l’utilisation des nouvelles mobilités entraîne forcément un risque accru d’accidents, d’autant que les infrastructures peinent à s’adapter au développement rapide de ces dernières. Mais c’est aussi et surtout le comportement des usagers qui est mis en cause.

LA SENSIBILISATION AVANT TOUT

Le code de la route en France a bien été modifié en 2019 pour prendre en compte ces nouveaux modes de déplace- ment, mais les nouvelles règles semblent être encore méconnues. « Il n’est pas suffisant de mettre en place des règles et de légiférer, il faut aussi les faire com- prendre pour les faire accepter et les faire respecter, insiste Karine Bonnet. Il faut former les utilisateurs de tous ces engins de déplacement personnel aux règles de circulation et aux risques associés à ces modes de déplacement. Les conclusions de notre rapport montrent des utilisateurs d’EDP en 2020 ne portaient pas de casque. » Les infrastructures routières doivent elles aussi s’adapter. Leurs déficiences favorisent les accidents et aggravent leurs conséquences. « Les pistes cyclables partagées à la fois par les vélos et les utilisateurs des EDPM doivent être un axe de travail prioritaire pour les décideurs publics, poursuit Karine Bonnet. Elles doivent être suffisamment larges avec des sens de circulation, avec des séparations nettes par rap- port aux autres usagers de la route que ce soit les piétons, les véhicules à quatre roues ou les motos, et sans interruption brusque au niveau des carrefours, avec un revêtement maintenu en bon état. Ces infrastructures doivent être pensées de manière globale et non plus selon les catégories d’usagers. »

LA TECHNOLOGIE MISE À CONTRIBUTION

La limitation de la vitesse des engins reste l’une des mesures privilégiées à mettre en place pour réduire les accidents. Si le code de la route limite la vitesse de ces engins à 25 km/h, ils peuvent atteindre des vitesses excessives lorsqu’ils sont débridés. Les villes qui proposent des trottinettes en libre-service peuvent en décider autrement. C’est le cas de la ville de Roubaix (Nord) qui expérimente les trottinettes en libre-service depuis le 2 septembre dernier. « Nous souhaitions offrir aux Roubaisiens une nouvelle alternative à la voiture. Nous avons choisi de proposer des vélos et trottinettes électriques parce que nos infrastructures cyclables quadrillent suffisamment la ville pour accueillir ce type de mobilité. Nous avions déjà constaté l’émergence des trottinettes de particuliers sur l’espace public. En apportant sur la ville une masse d’engins bridés et plus sécurisés, nous voulons pousser vers un meilleur usage de la trottinette », explique Alexandre Garcin, adjoint au maire à la mobilité. Côté sécurité, la municipalité a exigé un certain nombre de garanties : en imposant par exemple dans son cahier des charges une vitesse limitée à 20 km/h, une me- sure de précaution selon l’élu. « Dans certaines zones piétonnes du centre- ville nous avons demandé à l’opérateur de brider les trottinettes à 8 km heure pour que la rencontre avec les piétons se fasse dans les meilleures conditions et sans danger. Elles sont en revanche interdites dans le parc Barbieux, haut lieu de promenade des Roubaisiens. Grâce à un système de géolocalisation embarqué, elles ne peuvent fonctionner à l’extérieur du périmètre défini par la ville. » C’est aussi parce qu’il proposait des engins plus sûrs que l’opérateur allemand Tier a remporté l’appel d’offres de la ville. « Les critères de sécurité de nos véhicules sont très importants. Nos trottinettes sont plus robustes et plus lourdes. Elles disposent de casques pliables intégrés, de clignotants et de freins à double tambour. Elles proposent un mode débutant avec une vitesse bridée à 15 km heures au lieu de 20 km/h pour les premières courses », explique François-Xavier Giraud, gestionnaire du réseau de trottinettes et vélos électriques pour l’opérateur à Roubaix. Avec une moyenne de 800 trajets quotidiens, les trottinettes constituent désormais une mobilité à part entière. En attendant la mise en place effective d’actions de sensibilisation et de répression qui interviendront dans les prochains mois, la ville communique sur ces nouvelles mobilités via les réseaux sociaux, une occasion de rappeler les règles élémentaires de sécurité. L’opérateur qui déjà propose un service promouvant le respect du code de la route via des « push de notifications » vers les utilisateurs envisage, lui, de proposer dès le printemps des événements de sensibilisation mensuels qu’il souhaite organiser en partenariat avec la police municipale et l’association pour la sécurité routière « pour délivrer un message plus fort au- tour de la sécurité ».

Blandine Klaas

 

Paroles de maires

RCL
Question :
Bonjour, comment gérez-vous les véhicules ventouse ? Malgré le signalement à la gendarmerie, le propriétaire ne déplace pas son véhicule. Si nous appelons la fourrière les frais seront pour la commune. Merci pour vos conseils.
Réponses :
Avoir nos rues avec des voitures poubelles qui les encombrent et prennent des places de stationnement n’est terrible. Il n y a pas de solution miracle. Quand il y a une plaque d'immatriculation : appel à la gendarmerie, identification du propriétaire (souvent en région parisienne), recommandé, délai d’un mois pour répondre. Sans réponse et selon l’état de la voiture, prise de photos, constat rédigé par mes soins et épaviste... Je préfère ne pas faire payer les habitants de mon village.
Nous sommes élus et nous nous devons de rester dans la légalité. Je crois qu'il faut identifier le propriétaire du véhicule et lui envoyer un courrier recommandé en l'obligeant à enlever son véhicule sinon le véhicule sera mis en fourrière et les frais seront à sa charge. Si les élus ne respectent pas les lois, c'est donner une mauvaise image de nous et nous ne devons pas être étonnés si nous sommes de moins en moins respectés.

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