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Comment les villes réduisent leur vulnérabilité aux inondations

Territoires
31 mars 2022

Premier risque naturel majeur en France, les phénomènes d’inondations, les crues soudaines notamment, ne relèvent plus de l’exceptionnel. Toujours plus fréquents et plus violents, avec de lourdes incidences pour les territoires et leurs populations, ils font l’objet d’actions concrètes de terrain, planifiées avec méthode pour en limiter l’impact.

Trois inondations majeures entre 2015 et 2019, dont deux à six jours d’intervalle en 2019, c’est le triste record détenu par la ville de Mandelieu-La Napoule (Alpes-maritimes). « Aujourd’hui la vigilance est de tous les instants, analyse Sébastien Leroy, maire de la ville en évoquant les intempéries récemment survenues dans le sud-ouest de la France. On assiste à une amplification des phénomènes, à n’importe quelle période de l’année, qui non seulement sont plus fréquents mais surtout sont beaucoup plus puissants que ceux enregistrés au cours des 150 dernières années. » Accompagnée par un architecte spécialiste en hydrologie, la municipalité a lancé un vaste projet de réaménagement hydraulique et urbain consistant à sécuriser une vingtaine de copropriétés, « avec des fonds publics, pour un montant de 6,5 millions d’euros », précise le maire, les forces de police municipale et les services techniques ont été équipés de véhicules tout-terrains à chenilles amphibies capables d’évoluer dans l’eau, et de grands ouvrages ont été programmés pour réduire le risque inondation sur la commune. La dernière opération en date, l’achat de 14 hectares des vergers de Minelle au groupe Géant Casino, permettra à terme la création d’une zone d’expansion de crue qui protégera les personnes, les biens et les habitations. Un bassin de rétention de près de 1000 m3 dont la construction débutera en début d’année 2022 protégera le centre-ville. Le maire espère ainsi pouvoir faire face à ce type d’événement à l’avenir.

LE DIAGNOSTIC, UNE ÉTAPE INDISPENSABLE

« Malheureusement, nous vivons une situation où le changement climatique donne des pluies extrêmes dans un laps de temps très court avec des destructions très importantes. Nous l’avons constaté à l’automne 2021, en Allemagne et en Belgique, où les eaux de ruissellement ont envahi les rues, arrachant sur leur passage tout obstacle à leur écoulement. Pour apporter une réponse à la question du risque inondation, il est essentiel de réaliser un diagnostic du territoire, conseille Marie-France Beaufils, présidente du Centre européen de prévention du risque d’inondation (CEPRI), ancienne sénatrice d’Indre-et-Loire et maire de Saint-Pierre-des-Corps (37) de 1983 à 2020. Il s’agit de voir comment le rendre moins vulnérable face au prochain événement qui se produira et surtout, d’identifier les points de fragilité afin d’élaborer une stratégie locale de prévention contre les inondations. Une importante analyse hydrogéologique doit être intégrée à la réflexion. Sans doute faudra-t-il songer également à repenser certains aménagements, désartificialiser en redonnant plus de place à la végétalisation. Les plantations aident à la réintroduction de l’eau dans les sols. » Mais attention, prévient également Marie-France Beaufils, « la difficulté vient du fait que le territoire qui vit un moment difficile n’est pas obligatoirement le seul concerné par les mesures visant à réduire sa vulnérabilité. Le problème peut trouver sa cause en amont ». Lorsqu’il a fallu réhabiliter, en 2010, le quartier anciennement occupé par les usines Matra, six hectares en plein cœur de ville situés en zone inondable, la commune de Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher) a choisi d’adapter son architecture avec des immeubles surélevés, des parkings construits au niveau des rez-de-chaussée, des terrasses accessibles en bateau secours, etc. C’est ainsi qu’elle a pu limiter les dégâts causés par la crue millénaire de la Sauldre en 2016. « Les concepteurs ont su créer les conditions pour que la circulation de l’eau puisse se faire et sans qu’aucun embâcle ne vienne dé- grader les constructions. Cela suppose que les équipes d’aménageurs et de constructeurs réfléchissent différemment à leur façon de percevoir le territoire sur lequel ils vont intervenir », ajoute la présidente du Cepri. Repenser les aménagements dans le cadre d’un plan de lutte contre les inondations c’est aussi l’occasion de désimperméabiliser les sols et tendre vers l’objectif zéro artificialisation nette en 2050 fixé par la loi Climat et Résilience, publiée au JO le 24 août 2021. « Désartificialiser c’est accepter la réhabilitation, restructurer et réorganiser le bâti existant afin que le prochain événement climatique ait une moindre incidence sur le territoire. C’est l’occasion de réduire la surface occupée par la base de la construction. C’est aussi veiller aussi à ce que les es- paces de vie autour d’un immeuble ou d’une construction ne soient pas complètement imperméabilisés pour garder cette capacité des eaux à imprégner les sols », poursuit Marie-France Beaufils.

LES SUBMERSIONS MARINES, UN SUJET PRÉOCCUPANT

Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont dix kilomètres de digue qui viennent d’être achevés entre Arles et Tarascon, un ouvrage majeur de prévention contre les crues du Rhône qui assurera la protection de quelque 55000 per- sonnes. Cette opération s’inscrit dans le cadre du Plan Rhône, mis en œuvre par l’État et les régions, et plus particulièrement du programme de sécurisation des di- gues du Rhône depuis le barrage de Vallabrègues (Gard) jusqu’à la mer, porté par le syndicat mixte interrégional d’aménagement des digues du delta du Rhône et de la mer (Symadrem) depuis 2007. « Cet ouvrage est composé de deux sections, explique Pierre Raviol, président du syndicat. Une résistante à la surverse et une millénale. » Un second plan pour la période 2022 à 2027 devrait être approuvé pour la réalisation des digues du « Petit Rhône » qui assureront la protection de la Camargue. L’autre enjeu de ce territoire se situe sur le littoral. « Nous devons mener une réflexion sur le trait de côte du Grau-du-Roi à Port-Saint-Louis du-Rhône et la submersion marine pour aboutir à un projet concerté. Notre première action concernera la commune des Saintes-Maries-de-la-mer qui est en première ligne », affirme Pierre Raviol. Les submersions marines constituent une source d’inquiétude forte chez les élus. Selon les experts du GIEC, le réchauffement climatique devrait avoir des effets sur la remontée du niveau des eaux de la mer. Et constituer une menace pour les fronts de mer urbanisés. Réduire la vulnérabilité de sa commune peut s’apparenter à un véritable parcours du combattant regrette Sébastien Leroy, le maire de Mandelieu-La Napoule. Les obstacles administratifs et réglementaires, trop nombreux, constituent un frein à la réalisation des projets dans des délais raisonnables. « Il faut rendre aux acteurs locaux, à la fois aux élus et aux services de l’État locaux l’autonomie, l’indépendance et les moyens d’agir rapidement. » Le triptyque idéal, selon lui, pour incarner cette action comprend le maire, le préfet et la direction régionale de la prévention des risques (ministère de la Transition écologique).

ETRE AVERTI DU RISQUE DE CRUE A TOUT MOMENT

Afin que les populations soient informées des risques de crue partout et à tout instant, le ministère de la Transition écologique vient de lancer l’application mobile Vigicrues. Elle permet de consulter l’état des cours d’eau et d’être prévenu par des notifications du risque de crues partout sur le territoire national. En plus des fonctionnalités déjà disponibles sur le site, l’application permet de recevoir selon le paramétrage choisi par chacun une notification informant de la publication d’un bulletin d’informations, de l’évolution de la couleur de vigilance à l’échelle d’un territoire, d’un département ou d’un tronçon de cours d’eau, ou encore du franchissement de hauteurs d’eau présélectionnées à une station hydrométrique. Aujourd’hui, 17,1 millions d’habitants sont exposés au risque inondation en France.

Blandine Klaas

Paroles de maires

RCL
Question :
Bonjour, comment gérez-vous les véhicules ventouse ? Malgré le signalement à la gendarmerie, le propriétaire ne déplace pas son véhicule. Si nous appelons la fourrière les frais seront pour la commune. Merci pour vos conseils.
Réponses :
Avoir nos rues avec des voitures poubelles qui les encombrent et prennent des places de stationnement n’est terrible. Il n y a pas de solution miracle. Quand il y a une plaque d'immatriculation : appel à la gendarmerie, identification du propriétaire (souvent en région parisienne), recommandé, délai d’un mois pour répondre. Sans réponse et selon l’état de la voiture, prise de photos, constat rédigé par mes soins et épaviste... Je préfère ne pas faire payer les habitants de mon village.
Nous sommes élus et nous nous devons de rester dans la légalité. Je crois qu'il faut identifier le propriétaire du véhicule et lui envoyer un courrier recommandé en l'obligeant à enlever son véhicule sinon le véhicule sera mis en fourrière et les frais seront à sa charge. Si les élus ne respectent pas les lois, c'est donner une mauvaise image de nous et nous ne devons pas être étonnés si nous sommes de moins en moins respectés.

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