Changement climatique : quels leviers d’actions pour la résilience ?

Territoires
12 janvier 2020

TENDANCE. Pour faire face à la crise environnementale et son lot de catastrophes, le Cerema, a tiré profit de ses expertise et expérience pour identifier six leviers d’actions, afin que les territoires anticipent et bâtissent une stratégie gagnante.

Canicules, sécheresses, inondations, ouragans, tempêtes : l’urgence de prendre en compte le dérèglement climatique actuel dans les choix d’aménagement des villes s’impose depuis plusieurs décennies. Les canicules de cet été ont atteint des pics de températures en France alors que les inondations catastrophiques de début décembre ont assailli les territoires méridionaux. Métropole, ville moyenne, petite commune, activités agricoles, industrielles, tertiaires, les conséquences des dérèglements climatiques n’épargnent aucune collectivité et aucun secteur.

Si certains s’entêtent dans un discours catastrophiste où les conséquences des changements actuels seraient sans issue, d’autres spécialistes appellent à une nécessaire vision résiliente et durable des actions. « Quoi qu’il en soit, les rapports des scientifiques sont clairs : nous sommes dans une phase de changement qui touche toutes les sphères de l’environnement, la terre, l’air, les océans, et il est impératif de se préparer, de s’adapter », avertit Bruno Barroca, maître de conférences à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée.

La sévérité des événements impose en urgence de travailler non seulement sur la prise de conscience, la mobilisation de tous, mais aussi sur la mise en place d’actions réfléchies visant à renforcer l’adaptation et la résilience.

En première ligne, les élus, soulignent les experts du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) dans un rapport Territoires résilients – six leviers d’actions pour bâtir votre stratégie, paru dans la collection Le P’tit Essentiel. Et d’ajouter : « Un des principes de base est qu’il faut intégrer bien en amont tous les risques dans un projet de territoire : les risques naturels et anthropiques, les difficultés économiques, les problématiques de ressource en eau, le changement climatique, etc., qui concernent tout le monde et qui sont de plus en plus interdépendants. » Pourtant, on constate que les acteurs des territoires n’ont pas suffisamment changé d’approche : ils continuent dans une logique d’ajustement des différentes politiques souvent dans des logiques très sectorielles. « Or, une approche globale et un changement de paradigme sont aussi nécessaires pour anticiper et s’adapter », recommandent les experts du Cerema.

APPRENDRE À FAIRE FACE

Rendre les territoires plus résilients est un défi de longue haleine. « Pourtant pour les maires, c’est l’opportunité d’améliorer l’attractivité et la qualité de vie de leur territoire », explique Bruno Barroca. Car les conséquences vertueuses sont immédiates : selon Le Cerema, en effet, améliorer et sécuriser le fonctionnement du territoire permet de donner de la visibilité à tous les acteurs, (citoyens, investisseurs, monde associatif…), de réduire les dégâts humains, environnementaux et économiques, et, enfin, de trouver de nouvelles synergies en favorisant la transversabilité des projets.

LES LEVIERS PRIORITAIRES À MOBILISER

Sur la base de cinq années de travaux à partir d’études de cas, le Cerema, à travers son guide, tente de montrer les principaux leviers qui favorisent les dynamiques de résilience. « L’objectif de cette stratégie est de mettre en oeuvre des réponses multiples, fondées sur une approche globale, sur l’anticipation, la coopération entre l’ensemble des acteurs, et qui soient adaptées aux spécificités de chaque territoire », expliquent les auteurs. Une sorte de méthodologie qui permet à chaque territoire de trouver ses propres réponses et qui axe ses actions sur six leviers principaux.

Penser le territoire dans sa globalité

Face aux risques, cette approche permet de trouver des réponses optimales en croisant des thématiques (infrastructures, bâtiments, environnement, énergie, mobilité…), des échelles de temps (prise en compte du changement climatique, par exemple) et de territoires (comme la solidarité en amont et en aval lors d’inondations).

Favoriser la diversité et la coopération des acteurs

Une démarche résiliente permet aux parties prenantes d’apprendre les unes des autres, de créer de la confiance et d’élaborer des réponses collectives adaptées à la réalité du terrain, en temps de crise ou non pour anticiper et s’adapter aux événements.

Encourager l’apprentissage et l’innovation

Tirer les leçons du passé pour mieux progresser collectivement et chercher des solutions innovantes, et pourquoi pas en décalage ou en rupture avec les réponses conventionnelles

Réduire les vulnérabilités

La réduction de vulnérabilité de réseaux (mobilité, énergie, communication, eau…) est un levier majeur de résilience. En cas de catastrophes, ils sont indispensables à une reprise rapide du fonctionnement du territoire. « Il est donc nécessaire de mettre en place des diagnostics de vulnérabilité pour mieux favoriser les investissements. »

Affirmer les spécificités territoriales

Pour favoriser la résilience, la connaissance du territoire et la compréhension de son fonctionnement sont des points essentiels à aborder, notamment à travers la mémoire des traumatismes ou perturbations qu’il a connus. L’ensemble de ces éléments contribue à fonder son identité et à trouver des solutions « sur mesure ».

Promouvoir la veille et l’anticipation

Ce levier incite à imaginer et anticiper les perturbations et à prendre des dispositions pour les prévenir. Il permet de mieux s’organiser pour mieux franchir les périodes de turbulences.

En résumé, une stratégie de résilience est largement construite sur l’expérience des habitants, des entreprises, des élus, des forces d’intervention, etc., qui connaissent l’historique du territoire et son évolution en parallèle des différentes crises.

« La mise en mouvement collective de ces “experts de terrain” est déjà une expérience plus que positive », concluent les auteurs du rapport du Cerema.

Danièle Licata

Paroles de maires

RCL
Question :
Un maire, donc OPJ, peut-il l’être en dehors de sa commune ?
Réponses :
Non, il est élu OPJ sur sa commune.
Tous les pouvoirs du Maire en tant que représentant de l'Etat ne lui sont octroyés que sur son territoire.
Non uniquement dans la commune où il est élu maire.

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