Secteur public : le cloud poursuit son chemin

Dans son étude « Cloud et secteur public, quelles approches pour un essor durable ? », Markess by Exaegis montre l’intérêt croissant des organisations publiques pour ce modèle.

Près des trois quarts des décideurs publics interrogés par Markess estiment que l’intérêt de leur organisme public se renforcera en faveur de ce modèle d’ici deux ans. Et les administrations d’Etat l’ont particulièrement compris : 85% des décideurs interrogés estiment que le recours au cloud se renforce, la publication en juillet 2021 de la stratégie « Cloud au centre » faisant du cloud un prérequis pour tous les nouveaux projets numériques de l’Etat ou toute refonte de l’architecture applicative existante. Les décideurs de collectivités locales interrogés soutiennent également largement cette tendance, 65% d’entre eux affirmant que l’intérêt de leur organisation pour le cloud va se renforcer d’ici 2024.

Si les décideurs abordent le cloud avec prudence en regard de la bonne gestion des données, ils reconnaissent ses avantages : possibilité d’héberger avec un haut niveau de disponibilité et de sécurité, d’impulser de nouvelles pratiques de travail et de proposer une offre de services numériques performants au plus grand nombre. « Si les solutions labellisées SecNumCloud de l’ANSSI sont privilégiées afin de respecter les enjeux de souveraineté dans le cas de données sensibles, les décideurs publics prêtent attention à l’ensemble des possibilités, selon Aurélie Courtaudon Practice leader secteur public & digital chez Markess, plus d’un sur deux mettent en avant une approche mesurée en prenant en compte également la richesse de services proposés ».

 

 

Claire Hédon, défenseure des droits : « Oui à la dématérialisation à condition qu’elle se fasse au bénéfice de tous les usagers »

Selon Claire Hédon, la défenseure des droits, les saisines mettant en cause les processus de dématérialisation sont toujours plus nombreuses, la conséquence d’une numérisation inadaptée aux situations des usagers. Entretien.

RCL : Depuis la mise en place de la dé- matérialisation dans les services publics, comment ont évolué les relations entre les citoyens et l’administration ?

Claire Hédon : La dématérialisation est une chance dans la mesure où elle permet de simplifier les démarches administratives. Mais elle peut devenir un obstacle dès lors que l’usager ne peut poursuivre une démarche en ligne en raison d’un problème informatique ou parce qu’il n’a pas communiqué la bonne information. S’il ne peut être aidé via un accès facile comme l'accueil téléphonique ou physique, il y a un risque que cela change sa relation à l’administration. Le principe du service public, c’est d’être au service du public donc de s’adapter au public. Or de plus en plus, les rôles sont inversés. C’est à l’usager qu’il revient de s’équiper d’un ordinateur et de savoir s’en servir, de disposer d’une connexion Internet et de ne pas faire d’erreur lorsqu’il remplit un formulaire en ligne. Les tâches qui pesaient sur l’administration lui incombent désormais tout comme la charge et la responsabilité du bon fonctionnement de la procédure. Trop souvent, la dématérialisation des services publics s’est accompagnée de la fermeture de guichets de proximité, supprimant tout contact humain et la possibilité d’un accompagnement.

RCL : Qui sont les principales victimes du « tout dématérialisé » ?

C.H. : Certains publics sont pénalisés face au développement de l’administration numérique. Ils ne comprennent ni ce que l’administration leur demande ni comment le lui fournir. Ou tout simple- ment ils ne bénéficient pas d’une couverture Internet ou d’un débit suffisant. Cela concerne les personnes âgées souvent éloignées du numérique, les personnes en situation de handicap qui n’ont toujours pas affaire à des services publics accessibles, les personnes précaires qui vivent les démarches en ligne comme un obstacle, les personnes étrangères, mais aussi les jeunes qui sont moins à l’aise qu’on ne le croit avec les démarches en ligne. Un quart des 18-24 ans indique avoir rencontré des difficultés pour réaliser seuls des démarches en ligne, c’est 14 points de plus que la moyenne. Rappelons que tout le monde, peut, un jour, rencontrer un blocage incompréhensible. Les difficultés concernent aussi bien des personnes qui font valoir leurs droits à la retraite que les demandes de RSA, les renouvellements de carte de séjour, de carte d’identité ou de passeport.

RCL : Dans ces conditions, peut-on considérer la dématérialisation des services publics comme un progrès ?

C.H. : Je dis oui à la dématérialisation, à condition qu’elle se fasse au bénéfice de tous les usagers, et non au détriment de ceux qui rencontrent des difficultés avec le numérique, en les éloignant du droit. Il faut pour cela que soient maintenus les accueils physiques et téléphoniques. La création des Espaces France services, qui permettent en un seul lieu de faire les démarches administratives de plusieurs services publics, constitue un début de réponse à ce problème mais il n’est pas suffisant. Pourquoi ? Parce qu’il faudrait que ces espaces puissent accueillir des représentants de chaque organisme social, des impôts, de Pôle emploi, du ministère de la Justice, de la préfecture, etc. Or ce sont surtout des agents issus des collectivités locales qui reçoivent les usagers et n'ont pas la possibilité d'intervenir directe- ment sur leur dossier. Par conséquent ils ne peuvent résoudre tous les problèmes. C’est l’organisation qui est en cause et non pas les agents. Se pose également la question de la simplification des dé- marches ainsi que des sites Internet. Un exemple : 40 % des démarches seulement sont adaptées aux personnes en situation de handicap. Il faut bien sûr renforcer les politiques d’inclusion numérique.

RCL : Quelles sont les conséquences ?

C.H. : Les difficultés d’accès au droit favorisent les tensions. Elles fragilisent les personnes concernées et créent un sentiment d’éloignement des services publics. Nos délégués présents sur l’ensemble du territoire témoignent de la colère de ces personnes, toujours plus nombreuses, qui n’arrivent plus à joindre les services publics. C’est par le respect des droits que nous parviendrons à recréer de la cohésion sociale. Il faut garder à l’esprit la finalité première de la dématérialisation : améliorer les services rendus à l’usager. En 2021, nos services ont enregistré 115 000 réclamations, soit une augmentation de 18 % entre 2020 et 2021. 80 % des saisines concernaient les droits des usagers de service public, la plupart étant liée aux questions de dématérialisation.

RCL : Souhaitez-vous adresser un message aux élus ?

C.H. : Les élus des zones rurales et des quartiers prioritaires sont en première ligne face aux difficultés d’accès au service public de leurs administrés. Les collectivités territoriales peuvent s’appuyer sur nos 550 délégués territoriaux basés dans les maisons de la justice et du droit, dans les préfectures, dans les CCAS (centres commerciaux d'action sociale), les missions locales, des bénévoles. Ils accueillent les réclamants et traitent les dossiers gratuitement. Lorsque nous sommes saisis sur un problème impliquant une collectivité territoriale, nos délégués jouent un rôle de médiation essentiel. Leur rôle : recréer du lien et permettre aux deux parties de se comprendre afin de trouver une solution. 80 % des litiges que nous traitons trouvent une solution.

Propos recueillis par Blandine Klaas

 

Quelques chiffres

 

 

Quand les collectivités se mettent en marche pour un numérique plus responsable ?

Incontournable aujourd’hui, le numérique est une source de pollution importante. Une prise de conscience est amorcée chez la plupart des acteurs publics. Mais comment agir pour réduire l’impact du numérique ? Aujourd’hui la plupart des collectivités reste démunie estime François Milde, manager et associé chez mc2i, cabinet de conseil en transformation numérique.

Bien que faiblement visibles, les usages du numérique ont un impact important sur l’environnement.

En 2020 l’étude « iNum2020 », Impacts environnementaux du numérique en France montrait que rapporté à chaque français, le numérique produisait 420 kg de gaz à effet de serre par an, ce qui représente 1 quart du forfait annuel soutenable par personne.

En termes de consommation d’eau et de manière encore plus surprenante, le numérique représente 2,2 % de la consommation totale française.

Le matériel numérique, rapidement obsolète, représente une part importante (jusqu’à 87%) de ces impacts environnementaux. Il est fortement demandeur de ressources rares et difficilement recyclables.

Chose plus grave, la part du numérique prenant de plus en plus d’importance dans notre vie quotidienne, son impact va en augmentant très fortement.

Un enjeu majeur pris en compte par le législateur et par les collectivités qui lancent de plus en plus d’initiatives.

Le 15 novembre 2021, une première mondiale a eu lieu en France. Le vote de la loi REEN marque une volonté forte de réguler les usages du numérique afin d’en réduire les impacts environnementaux. Plusieurs volets sont explorés : Sensibiliser les utilisateurs aux impacts environnementaux du numérique; Limiter la consommation de matériel numérique; Développer des usages vertueux; Promouvoir des data centers et des réseaux plus sobres; Encourager les collectivités à élaborer une stratégie autour du numérique responsable.

La loi donne ainsi aux collectivités un rôle majeur : “ Les communes de plus de 50 000 habitants définissent, au plus tard le 1er janvier 2025, une stratégie numérique responsable qui indique notamment les objectifs de réduction de l'empreinte environnementale du numérique et les mesures mises en place pour les atteindre.”

Quelques collectivités et OPSN ont déjà lancé des initiatives. Rennes a adopté le 14 mars 2022 la charte " Pour un numérique responsable ". Les premières actions sont la sensibilisation des agents et un effort particulier sur le recyclage du matériel numérique. L’OPSN Déclic va lancer très prochainement un outil permettant d’accompagner les collectivités qui le souhaitent dans des audits de numérique responsable et simplifier les démarches. Les initiatives se multiplient sur le territoire. Le maître mot devient la sobriété numérique.

Une démarche soumise à la bonne volonté et à la compétence des acteurs de terrain.

Les sujets de numérique responsable sont complexes à appréhender. Les dimensions sont multiples ; à la fois environnementale mais également sociétale, éthique et économique.

Les collectivités, conscientes des enjeux, contraintes par la loi REEN mais également soumises de plus en plus à la sensibilité des citoyens se trouvent souvent démunies face à l’ampleur des chantiers à mener.

De plus, la loi REEN est peu contraignante pour les acteurs du numérique (pas d’allongement obligatoire de la durée de garantie du matériel informatique, très peu d’avantage pour le reconditionné) ce qui en limite ses effets notamment pour les collectivités.

Heureusement, des méthodes éprouvées existent pour conduire des chantiers d’amélioration avec de réels impacts positifs mesurables. Sur la sensibilisation, la réalisation d’une fresque du numérique responsable produit un réel impact sur les participants par exemple. Sur l’aspect éco-conception des services numériques, la société de conseil mc2i a élaboré une expertise reconnue dans l’accompagnement des collectivités.

Aujourd’hui, face aux enjeux, les offres d'accompagnement se structurent afin d’aider les collectivités à relever les enjeux environnementaux de la transformation numérique.

Face à l’urgence climatique, il y a fort à espérer que le législateur muscle encore un peu plus son arsenal réglementaire notamment pour pousser les fabricants de matériel vers plus de frugalité (plus de longévité, meilleur recyclage, etc.).

Le mouvement vertueux vers un numérique responsable doit être un mouvement d’ensemble et ne pas se reposer uniquement sur les acteurs publics qui peuvent se retrouver vite démunis face à la complexité et l’ampleur du sujet.

 

 

Le plan France Relance en faveur du numérique, une aide précieuse pour les collectivités

Les principales mesures du plan de relance en faveur de l’inclusion numérique devraient porter un coup d’accélérateur inédit. Coconstruit avec les collectivités territoriales et les acteurs de l’inclusion numérique, il repose sur deux principes : confiance dans les projets des territoires et rapidité de déploiement. De quoi augmenter les marges de manœuvre financières des élus. Explications.

 

Pour Jacques Moulin, directeur Général de l’IDATE, le Think Tank de l’économie numérique, « les élus sont en première ligne en matière de transformation numérique. Et tous les territoires sont concernés. Car ils sont les intégrateurs et les agrégateurs de l’écosystème qui embarque à la fois l’économique et le sociétal. Et de poursuivre : « Il faut véritablement que les élus locaux se prennent en main pour assurer la bonne synergie entre tous les acteurs économiques, qu’ils soient privés et publics. Le plan France relance est donc une occasion inédite pour les territoires déjà engagés dans la transformation numérique, d’accélérer la cadence. » Pour les accompagner dans la définition et la réalisation de leurs projets de transformation, ce ne sont pas moins de 88 millions d’euros du plan France Relance qui vont être mobilisés. « Un fonds qui permet de soutenir le développement d’outils numériques utiles pour l’action quotidienne des collectivités territoriales, tout en favorisant la formation au numérique des agents des collectivités qui seront chargés d’utiliser ces outils. L’enveloppe sera mobilisée en incitant les territoires à se regrouper afin de mutualiser les investissements », explique le gouvernement dans un guide spécial plan de relance à destination des maires. Ainsi, trois grands types de projets pourront être financés.

À partir des besoins formulés par les collectivités, l’État financera la conception, le déploiement ou le passage à l’échelle d’outils numériques utiles au plus grand nombre. Par exemple : un outil de signalement de routes endommagées, un outil de contrôle technique du logement, un outil pour organiser un conseil municipal en ligne, etc. L’État financera également l’amélioration de la qualité de la dématérialisation de certains services numériques et leur modernisation. Par exemple : la mise en accessibilité d’un site pour des personnes souffrant de handicap, l’utilisation de France Connect, le développement de portails d’open data. Enfin, par l’intermédiaire des préfectures, les collectivités pourront soumettre un projet numérique et recevoir des aides à l’ingénierie ou encore à la formation des agents pour la bonne mise en oeuvre de ce projet.

En parallèle, le plan France Très Haut Débit (PFTHD) sera poursuivi et amplifié pour accélérer le déploiement de nouveaux réseaux de fibre optique sur l’ensemble du territoire, au plus tard fin 2025. Grâce à de nouvelles subventions de l’État au profit des collectivités territoriales qui installent ces réseaux dans les zones rurales, France Relance permettra de garantir l’accès à Inter- net fixe (par la box) de très grande qualité pour tous. Car pour l’heure, la fracture numérique persiste entre les zones urbaines et périurbaines où plus de 80 % des locaux (logements et locaux professionnels) peuvent bénéficier d’une connexion en fibre optique et les zones rurales et de montagnes qui bénéficient d’une couverture de seulement 30 %, selon le Baromètre des résultats  de l’action publique : « La France de la fibre optique », publié par le Think Tank Terra Nova, même si une accélération du déploiement dans les zones les moins densément peuplées est à l’oeuvre en 2020 avec 5,8 millions denouvelles lignes installées.

FORMER ET ACCOMPAGNER TOUS LES FRANÇAIS

Mais ce n’est pas tout, le plan France Relance consacre un investissement exceptionnel pour accélérer l’appropriation par tous les Français des nouveaux usages et services numériques. « Il est aujourd’hui essentiel de savoir utiliser les outils numériques pour accéder à ses droits, télétravailler, suivre la scolarité de ses enfants, échanger avec des proches, se cultiver et se divertir... Or, 13 millions de Français sont mal à l’aise avec les nouveaux usages et les nouveaux outils numériques. » constate Jacques Moulin. C’est pourquoi, le gouvernement investit massivement pour former et accompagner tous les Français. 250 M€ sont mobilisés pour agir aux côtés des collectivités territoriales en faveur de l’appropriation du numérique par tous. L’objectif est simple : pour mieux former, il faut plus de professionnels, des structures équipées et plus nombreuses partout sur le territoire et des outils pour les aidants. C’est pourquoi, 4 000 conseillers numériques France Services vont être recrutés, formés et déployés sur le terrain. Ils proposeront des ateliers d’initiation au numérique : échanger avec ses proches, protéger ses données, faire son CV, acheter ou vendre un objet sur Internet, faire des démarches en ligne, etc. L’État finance la formation et l’activité pendant deux ans.

DES KITS D’INCLUSION NUMÉRIQUE

Par ailleurs, la conception et le déploiement de kits d’inclusion numérique, attractifs et accessibles, seront mis à disposition dans les bibliothèques, centres sociaux, mairies, tiers-lieux, associations caritatives, etc. Enfin, le service public numérique « Aidants connect » qui facilite et sécurise l’intervention d’un aidant (secrétaires de mairie, travailleurs sociaux, etc.) pour réaliser une démarche administrative en ligne pour le compte d’un usager non familiarisé avec les outils numériques sera généralisé. Des modules de formation au numérique pour les aidants seront aussi prochainement proposés. « Si ces nouveaux crédits permettront de financer des outils numériques pour faciliter et accélérer les procédures des citoyens et le travail quotidien des agents, mais aussi de renforcer la cybersécurité, ils aideront surtout les territoires à entrer dans la compétitivité internationale. Car le numérique est le gage essentiel de notre attractivité et de notre compétitivité », insiste Jacques Moulin. Et d’ajouter : « Si nous voulons une France forte, il nous faut des territoires forts et il nous faut développer des projets économiques sur le long terme. » Alors que les dépenses représentent actuellement 3 % du budget de fonctionnement des blocs communaux, elles devraient atteindre 7 % d’ici 2025, selon les calculs du Think Thank IDATE.

Danièle Licata

Un plan de relance contre la fracture numérique des territoires

Lutter contre les fractures territoriales passe obligatoirement par un aménagement numérique optimal du territoire, estime Olivier Sichel, le directeur de la Banque des Territoires. Il annonce la mise en place d’un plan d’intervention pour améliorer les infrastructures numériques dans les territoires, pour les aider à concevoir, expérimenter et déployer de nouveaux services numériques.

Après l’habitat et le logement puis la transition écologique, la Banque des Territoires s’attaque au numérique. Le bras armé du groupe Caisse des dépôts et consignations affiche sa volonté de lutter, aux côtés des territoires contre la fracture digitale, la première des fractures territoriales selon Olivier Sichel, son directeur : « la crise sanitaire démontre l'importance du numérique. Les infrastructures numériques doivent être disponibles pour chacun, avec un bon niveau de capacité et de résilience. Les Français, citoyens, commerçants et chefs d'entreprise doivent également bénéficier de services numériques performants. Nous sommes mobilisés pour permettre l'essor de nouvelles capacités ».

Trois volets d’intervention

Si les efforts engagés dans le cadre du plan Très haut débit, dans lequel la Banque des territoires est motrice depuis de nombreuses années, devraient permettre d’atteindre l’objectif national de 100% de connexion des territoires en 2025, il reste cependant près de 500.000 lignes - des raccordements complexe, des lignes longues, des lignes dans des environnements de montagne - pour lesquelles de nouveaux financements seront nécessaires « afin de couvrir ces territoires ruraux qui sont aussi les plus reculés et les plus difficiles à raccorder au réseau » explique Olivier Sichel. Sont également apparues des carences de couverture mobiles notamment en outre-mer et les aléas climatiques, de plus en plus fréquents, endommagent fortement les réseaux. Trois sujets majeurs qui feront l’objet d’investissements en fonds propres, pour un montant de 120 M€ environ et pour lesquels 150 M€ de prêt seront également débloqués. Ces moyens seront accessibles dans le cadre d’appels à projets. Un premier appel à projet a été lancé le 26 janvier 2021 auprès des acteurs privés et publics pour la résilience des infrastructures numériques territoriales dans un contexte où les réseaux sont parfois trop exposés.

Développer les services numériques

Certes, les infrastructures sont primordiales mais la Banque des Territoires souhaite également participer au développement des services numériques pour les collectivités locales. « Il s’agit d'optimiser le numérique et les politiques publiques avec des projets de Smart City,  transformer les usages du numérique et les services, faciliter l'usage du quotidien, digitaliser les acteurs mais aussi offrir un internet de confiance » précise Olivier Sichel. D’ores-et déjà, des accompagnements en ingénierie sont proposés pour aider les villes, celles du programme « Action cœur de ville » notamment, avec une subvention de 20.000€ pour favoriser la mise en place de solutions contribuant à la digitalisation des commerces de proximité. La Banque des Territoires prévoit également de mobiliser 70 millions d’euros d’investissements sur ses fonds propres d’ici 2024 pour développer des services numériques de support à une organisation territoriale de la santé.

 

250 M€ pour former et accompagner les Français au numérique

4 000 conseillers numériques France Services vont être recrutés, formés et déployés, pour développer des ateliers et des formations numériques sur le terrain. L’Etat finance leur formation et leurs activités, avec une enveloppe de 200 millions d’euros. C’est l’une des principales mesures du plan de relance en faveur de l’inclusion numérique doté de 250 millions d’euros pour rapprocher le numérique du quotidien de tous les Français. Les 50 millions d’euros restants seront dédiés à la conception et au déploiement de kits d’inclusion qui seront diffusés dans les structures de proximité ainsi qu’à la généralisation du service public numérique « Aidants Connect » et la montée en compétences numériques des aidants professionnels, en première ligne de l’inclusion numérique. Pour Jacqueline Gourault : « Le numérique est à la fois un levier au service de la cohésion des territoires, de l’émancipation de chacun et aussi de relance économique. Mais nous sommes face à un défi immense d’appropriation numérique quand on sait que près de 13 millions de Français ont peu voire pas du tout de compétence en la matière. Face à cette urgence, le Gouvernement s’est mobilisé pour faire de l’accès de tous aux usages du numérique une véritable politique publique déployée sur l’ensemble du territoire. »

Pour le CESE, le numérique doit être une priorité nationale

Si la crise sanitaire et le confinement ont permis de souligner le caractère indispensable des services publics et leur interdépendance croissante avec le numérique, la période aura aussi permis de prendre conscience des atouts et des insuffisances ou des faiblesses de la numérisation des services publics, estime le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans son avis « Services publics, services au public et aménagement des territoires à l’heure du numérique ». Quant à la digitalisation, désormais au coeur de la « relation usagers », elle offre des opportunités d’améliorations considérables pour les services publics et au public mais fait naître de nouvelles inégalités, selon le document qui constate également que la couverture numérique Très Haut Débit encore trop inégale dans les territoires, la capacité des ménages à supporter les coûts d’équipement et d’abonnement, l’importance de l’illectronisme sont autant d’obstacles aux promesses importantes et avérées du numérique.

C’est pourquoi le CESE recommande de faire du numérique un service public à part entière et d’en faire une priorité nationale afin de répondre aux principes de continuité, de mutabilité, d’égalité et de neutralité. Parmi ses préconisations, la création d'un grand ministère du Numérique, la création d'une Agence du Numérique et de l'Intelligence artificielle, l’inclusion numérique pour toutes et tous ou encore l'accélération du déploiement du THD. Conscient cependant des coûts cachés de la digitalisation, le CESE alerte sur l’importance d’établir un véritable dialogue social ainsi que sur celle de réaliser des études d’impacts pour la réussite de la transition numérique.

25 propositions pour une transition numérique écologique

Les chiffres présentés par la mission sénatoriale d’information relative à l’empreinte environnementale du numérique montrent que les terminaux sont à l’origine d’une très grande part des impacts environnementaux du numérique (81 %) et que la fabrication et la distribution (la « phase amont ») de ces terminaux utilisés en France sont responsables de 70 % de l’empreinte carbone totale du numérique en France. Or « ce secteur économique majeur est pourtant largement ignoré en tant que tel des politiques publiques visant à atteindre les objectifs climatiques fixés par l’Accord de Paris » constatent les sénateurs membres de la mission d’information pour qui « la réduction de l’empreinte carbone du numérique en France devra tout particulièrement passer par une limitation du renouvellement des terminaux, alors que la durée de vie d’un smartphone est aujourd’hui de 23 mois ».

La mission formule 25 propositions parmi lesquelles l’introduction d’une taxe carbone aux frontières européennes, un taux de TVA réduit sur la réparation de terminaux et l’acquisition d’objets électroniques reconditionnés ou encore une incitation à l’installation de data centers en France. Elle souligne également la nécessité de développer des usages du numérique écologiquement vertueux.

Pour le président de la mission Patrick Chaize, « le numérique permet des gains environnementaux mais nous devons faire en sorte qu’ils ne soient pas annulés par ses impacts en matière d’émissions de gaz à effet de serre, d’utilisation des ressources abiotiques, de consommation d’énergie ou encore d’utilisation d’eau douce ». C’est l’objectif de ces propositions, qui correspondent selon lui « à une attente citoyenne forte, comme le montrent les propositions de la Convention citoyenne pour le climat ». La feuille de route sera transmise au Gouvernement.

L’Avicca dévoile son plan de résilience numérique pour les territoires

« La crise sanitaire l’a montré : la résilience de nos territoires s’appuie sur les réseaux fixes THD, une couverture mobile de qualité et l’inclusion numérique », constate Patrick Chaize, sénateur de l’Ain. L’ Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l'audiovisuel (Avicca) qu’il préside depuis 2015, a posé lors de son assemblée générale du 23 juin 2020 les bases nécessaires au renforcement de cette résilience numérique pour l’ensemble des Français. Ce sont ainsi plus d’une trentaine d’actions et de recommandations concernant à la fois les réseaux, l’éducation numérique et les outils des territoires intelligents (informatique en nuage, gouvernance de la donnée et cybersécurité) qui ont été identifiées par l’Avicca et ses adhérents, et discutées avec leurs partenaires. Concrètement, il s’agit de lever une série d’obstacles administratifs, organisationnels, réglementaires, législatifs et techniques pour réussir la transformation numérique durable de la France. Si la résilience numérique passe avant tout par l’achèvement de la couverture fixe et l’accélération de la bonne couverture mobile 4G, elle nécessite aussi des mesures d’accompagnement de la filière et d’inclusion numérique.

A Saint-Quentin-en-Yvelines, un camp d’été numérique gratuit pour les 16-25 ans

Dix jours de formation gratuite pour les 16-25 ans du 20 au 30 juillet, c’est ce que propose l'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines en partenariat avec la pépinière d’entreprises Promopole implantée sur son territoire. « Summercamp est un parcours de formation inédit et ludique de dix jours, entièrement gratuit pour les participants, financé par Saint-Quentin-en-Yvelines et Promopole » explique le vice-président en charge de développement économique Othman Nasrou. C’est l’occasion également pour la collectivité de faire naître des vocations et de présenter l’offre du campus numérique de l’agglomération qui propose de nombreuses formations dans les domaines de la cybersécurité, objets connectés, du développement du web, du management ou encore de la communication digitale. Pop School et Oclock, deux organismes de formation spécialisés, labellisés campus numérique, proposeront la découverte de différents métiers, des ateliers pratiques et des projets de groupe très concrets. Au total 100 jeunes pourront bénéficier de cette formation inédite.

La 4ème édition du Fonds d’accélération des Startups d’État et de Territoire (FAST) est lancée !

L’objectif: investir dans des projets d’innovation dans le secteur public. L’appel à candidatures de cette 4ème édition lancée fin avril vise à soutenir des solutions numériques existantes, développées par des administrations publiques (État ou collectivités territoriales), pour en accélérer le déploiement ou le développement et en favoriser le passage à échelle. Les produits retenus bénéficieront d’un cofinancement de 50% selon les besoins exprimés par les équipes de 35 000 à 300 000 euros pour six mois dès cet été. Les projets étant un lien avec la crise actuelle liée au covid-19 sont également les bienvenus pour candidater à ce fond. Les administrations candidates ont jusqu’au 15 juin 23h59 pour envoyer leur dossier.

Les élus craignent un ralentissement dans le déploiement des infrastructures numériques

Dans un courrier envoyé à Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, huit associations d’élus* expriment leurs craintes quant aux retards enregistrés dans le déploiement du réseau de fibre optique du fait de la crise sanitaire qui met en péril les calendriers initialement prévus : bon haut débit pour 2020 ; THD pour 2022 et fibre généralisée en 2025. « Sans la crise sanitaire, 2020 devait être l’année où, malgré les besoins supplémentaires qu’il révélait, le New deal dans le mobile devait faire sentir ses premiers effet tangibles » ont également fait valoir les associations qui demandent à l’Etat d’accompagner le secteur des télécoms et les collectivités territoriales dans une « accélération inédite » des constructions d’infrastructures permettant rapidement une couverture numérique assurant un bon débit pour tous et préparant le très haut débit pour tous. « Les failles de la numérisation de notre pays et l’inégalité territoriale qu’elles accentuent se sont révélées plus criantes encore en période de confinement généralisé »ont ajouté les associations avant de conclure sur l’urgence à accélérer l’effort conjoint pour garantir la résilience numérique de la France.

* Assemblée des communautés de France (AdCF) ; Assemblée des départements de France (ADF) ; Association des Maires de France et des présidents d'Intercommunalités (AMF) ; Association des Maires Ruraux de France (AMRF) ; Association nationale des élus de montagne (ANEM), Association des collectivités engagées dans le numérique (AVICCA) ; Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) ; France urbaine.

Télétravail des agents de l’Etat : lancement de la première plateforme intégrée et sécurisée

Tchat, visio, partage de documents, drive, tâches, agendas. C’est tout un ensemble de fonctionnalités qui sont offertes par la plateforme Plano lancée par l’éditeur de logiciel Wimi pour le compte de la direction interministérielle du numérique (DINUM). L’objectif ? Répondre à l’urgence absolue d’offrir aux agents publics une solution numérique sécurisée, souveraine et adaptée au travail en équipe en mode projet. En pratique, les services de l’Etat pourront ouvrir sur Plano des espaces de travail pour chacun de leur projet nécessitant une collaboration d’équipe : de véritables « bureaux virtuels » sécurisés auxquels les membres de l’équipe accèderont simplement avec un identifiant et un mot de passe, sans installation préalable de logiciels. Dès que les agents seront connectés à leur espace Plano, ils pourront accéder à l’intégralité de leurs bibliothèques de documents partagés avec les équipes projet, communiquer avec elles (visio, audio, messagerie) et organiser leur travail (agenda, gestion des tâches). Les agents disposent ainsi d’un outil tout-en-un sécurisé afin d’éviter qu’ils n’utilisent une variété d’outils non-souverains et/ou non-référencés pour répondre à leurs besoins ponctuels.

 

La CNIL sensibilise les collectivités au RGPD

Compte tenu du nombre important de données gérées par les collectivités locales, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) publie un guide, prioritairement destiné aux communes de petite ou de moyenne taille, ainsi qu’à leurs groupements intercommunaux, ne disposant pas nécessairement en interne de ressources dédiées spécifiquement à la protection des données. Au sommaire, des clés de compréhension des grands principes, des réflexes à acquérir, un plan d’action pour se mettre en conformité ainsi que des fiches pratiques. Il évoque les conditions de désignation du délégué à la protection des données afin que chaque collectivité puisse identifier la modalité la plus adaptée à sa situation. www.cnil.fr

Un livre Blanc pour en finir avec l’illectronisme

« Aujourd’hui, c’est l’univers du numérique, dans ses innombrables applications, qui est apparu comme l’un des facteurs de réelles inégalités pour une partie importante de nos concitoyens » estime Philippe Marchal, le président du syndicat de la presse sociale qui vient de présenter un livre blanc sur l’illectronisme et rappelle qu’un Français sur trois ne pourra pas gérer la dématérialisation. Or l’État veut assurer 100% des démarches administratives accessibles en ligne, y compris par le mobile, d’ici 2022. L’objectif de ce livre blanc : faire avancer la réflexion collective sur la recherche de compréhension des origines de ce problème, sur les enjeux personnels et sociétaux, mais aussi sur les pistes possibles de prévention et d’accompagnement des personnes fragilisées. Rappeler les expériences qui avancent et qui réussissent, celles qui sont à faire connaître et à promouvoir, et mettent en lumière des préconisations qui pourraient contribuer à diminuer significativement les difficultés des utilisateurs du numérique.

A télécharger sur sps.fr

Numairic, la première solution digitale de crédit à destination des collectivités locales

Avec ce nouveau service de la Caisse d’Epargne, lancé en avant-première le 11 juin dans trois Caisses régionales ( Bretagne Pays de Loire, Loire-Centre et Languedoc-Roussillon) les collectivités pourront effectuer leurs demandes de financement 24h/24 et 7j/7, directement en ligne et obtenir immédiatement la proposition de crédit. Ainsi, moins de cinq minutes auront suffi à Marie-Cécile Gessant, maire de Sautron (8000 habitants, Loire-Atlantique), pour effectuer la première demande de financement. « Ce nouvel outil simple et efficace va révolutionner la vie des élus en allégeant leur charge de travail » a-t-elle déclaré. Une aubaine également pour les élus de communes rurales quelquefois éloignées de plusieurs dizaines de kilomètres d’une agence bancaire. « Avec Numairic, nous souhaitons simplifier la démarche, accélérer les prises de décision et faciliter le quotidien de tous les élus, en particulier ceux des petites communes » estime Fabrice Gourgeonnet, directeur du développement Caisse d’Epargne. En France, les communes de moins de 5000 habitants représentent près de 95% de l’ensemble des collectivités. En 2017, elles représentaient 39,5% du total des dépenses d’investissement des communes.

Opération européenne WiFi pour tous, le bilan un an après

La commission des affaires européennes du Sénat estime encourageants les premiers résultats, un an après son lancement, de l’initiative européenne Wifi pour tous (Wifi4EU), destinée à offrir à tous les Européens un accès public au Wifi en apportant aux villes une aide financière pour équiper leurs bâtiments publics de points d'accès. En un an, la Commission européenne a déjà attribué pour 93 millions d’euros d’aides à 6200 communes en Europe. « En France, on constate une nette amélioration de la satisfaction des demandes, passée de 10 % lors du premier appel à projets en novembre 2018 à 40 % pour le second, qui a eu lieu les 4 et 5 avril 2019 » soulignent les sénateurs dans un communiqué. Ils saluent également l’augmentation du budget de 120 à 150 millions d’euros d’ici à 2020 pour aider un total de 9000 communes en Europe. Mme Colette Mélot, vice- présidente de la commission des affaires européennes, a cependant rappelé que Wifi pour tous est « une aide complémentaire, mais elle n’est pas censée se substituer à l’aménagement numérique du territoire ».

A Strasbourg, un programme de formation pour les oubliés du numérique

« Le numérique doit être une chance pour tous. Parce qu’il est indispensable à une bonne insertion dans la vie sociale et professionnelle » a déclaré Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat chargé du numérique lors de l’inauguration, à Strasbourg, du nouvel espace de solidarité numérique d’Emmaüs Connect. Un espace numérique et collaboratif qui proposera à 500 Strasbourgeois en précarité de s’équiper, se connecter et se former au numérique. Un programme spécifique sera proposé pour 400 demandeurs d’emploi éloignés du numérique, avec le concours de Pôle Emploi Grand Est. « Le nouveau programme de formation aux bases du numérique avec Pôle emploi est un pas supplémentaire vers l’emploi pour ceux qui en sont éloignés » estime le secrétaire d’Etat.

Orléans Métropole et Enedis s’associent autour de la smartcity

La métropole orléanaise prend le chemin de la smartcity avec la signature, le 30 novembre 2018, de la première convention de partenariat avec l’énergéticien Enedis. Une démarche visant à favoriser à la fois la transition énergétique, le numérique et plus généralement l’innovation sur le territoire. Création de bâtiments intelligents, développement des énergies renouvelables (EnR), soutient à la mobilité électrique, déploiement de la fibre optique ou encore optimisation des solutions de production, de stockage et de consommation de l’énergie sont autant d’actions qui bénéficieront de l’expertise du gestionnaire du réseau de distribution d’électricité. Enedis accompagnera également Orléans Métropole sur l’open data, second pilier de la smartcity souhaitée par la collectivité.

La plate-forme consultative des élus locaux officiellement ouverte

La nouvelle plate-forme interactive de consultation des élus – participation.senat.fr – lancée par le Sénat est officiellement ouverte avec la publication d’une première consultation. Cette dernière doit permettre de recueillir l’avis des élus locaux sur les propositions élaborées par la délégation aux collectivités territoriales pour « faciliter l'exercice des mandats locaux ». 43 propositions ont été formulées par la délégation et sont désormais soumises à l'avis des élus locaux quiont jusqu’au 15 janvier 2019 pour répondre à un court questionnaire dont les résultats seront rendus publics sur le site du Sénat.

Pour consulter la plate-forme.