Nevers agglomération se tourne vers l’IA pour gérer ses réseaux d’eau

Une première collaboration démarrée en 2012 entre Nevers Agglomération (58) et le groupe Lacroix pour la surveillance et la télégestion des 360 kilomètres du réseau d’eau avait déjà prouvé son efficacité. Le dispositif a permis d’atteindre un rendement de près de 90%contre à peine 75% dix ans plus tôt. Aujourd’hui, l’agglomération est capable de mieux visualiser ses données et souhaite en améliorer l’analyse pour mieux comprendre le comportement du réseau d’eau dans le temps. « Nous avons souhaité rendre nos outils plus collaboratifs pour les agents de terrain, qui s’en servent au quotidien, et optimiser aussi le temps de réaction de ces outils par le biais d’une Intelligence artificielle », explique Fabrice Paccamiccio, responsable de la régie eau. C’est dans cet objectif que Nevers Agglomération et Lacroix ont signé, le 15 avril 2022, à l’occasion du Festival de l’intelligence artificielle à Cannes un contrat d’innovation. Une nouvelle étape dans la stratégie Smart environnement de la collectivité, qui entend se positionner en tant que fer de lance de l’innovation.

LES AGENTS DE TERRAIN AU CŒUR DU SYSTÈME

Le système d’intelligence artificielle co-développé avec l’Innovation Lab de Lacroix analyse toutes les données en temps réel fournies par les infrastructures d’eau existantes, détecte les anomalies et les trie, des plus problématiques aux moins problématiques. Il est conçu pour que l’opérateur soit au centre de l’amélioration de son produit. Son utilisation quotidienne va permettre au système de mieux connaître le fonctionnement des le fonctionnement des réseaux d’eau du territoire. « Cette intel- ligence artificielle va leur fournir des informations pertinentes analysées de façon beaucoup plus rapide qui vont leur permettre de prendre des déci- sions plus efficientes, explique Stéphane Gervais-Ducouret, VP Executif Innovation Stratégique & Smart Data chez Lacroix. Nous l’avons entièrement co-construite avec les agents du terrain ; ce sont eux qui font apprendre le modèle, un facteur clé à mon sens pour s’assurer qu’ils adopteront ensuite la solution. » Pour Fabrice Paccamiccio, « il est important que cette intelligence ne vienne pas remplacer mais augmenter les opérateurs et les spécialistes métiers ». Ce qu’il en attend : un gain de temps considérable sur l’analyse de données afin d’anticiper tout dysfonctionnement grâce à une priorisation d’informations critiques. Les équipes pourront ainsi mettre en place une intervention préventive, qui pourra éviter une casse technique lourde de conséquences, aussi fonctionnelles que financières. La solution devrait permettre également une plus grande efficience sur le terrain en rendant les outils et les statistiques plus accessibles à tous grâce au partage des données au sein des services. Ce projet a remporté le prix Sustainable AI dans le cadre des Cannes Neurons Awards, un concours organisé dans le cadre du World AI Cannes Festival (WAICF) qui a réuni en avril dernier les professionnels du secteur.

Blandine Klaas

Les collégiens des Alpes-Maritimes s’approprient l’intelligence artificielle

75% des collégiens du département sensibilisés à l’intelligence artificielle (IA) sous trois ans dès cette rentrée 2020-2021 : c’est l’objectif du projet arc-en-ciel présenté cette semaine par le conseil départemental des Alpes-Maritimes. Dans ce dispositif éducatif et pédagogique, un collège d’acteurs institutionnels, académiques et industriels travaille avec les acteurs de l’éducation pour leur faire découvrir, comprendre et expérimenter les IA. Et peut-être susciter des vocations. « Il est essentiel de comprendre l’IA car c’est se donner les moyens de comprendre l’avenir et de saisir de nouvelles opportunités » estime Charles Ange Ginésy, Président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes et président du Syndicat Mixte de la Maison de l'Intelligence Artificielle (S2MIA).Concrètement, plusieurs formats d’apprentissage vont être proposés : des cours et des Moocs, des webinaires disponibles en ligne, dans la Maison de l’intelligence artificielle (MIA) ou dans des tiers lieux ou encore des activités et des parcours pédagogiques dans la MIA ou virtuels. L’objectif étant que les collégiens aient l’opportunité d’expérimenter et d’utiliser l’IA mais aussi de leur offrir des parcours d’études clairs pour continuer dans cette direction. Pour Richard Laganier, Recteur de l’Académie de Nice « Il est nécessaire aujourd’hui que nous portions un regard attentif au fait que si le numérique est un outil de formation nous devons impérativement former nos collégiens, mais plus largement l’ensemble des élèves, au numérique et à ses applications. Et la pointe du numérique quelque part est l’IA qui est de plus en plus présent dans nos vies, dans nos univers domestiques et professionnels ». D’autres outils viendront accompagner ces premières activités, tels qu’une mallette pédagogique mobile qui pourra être acheminée dans le moyen et haut pays afin d’amener les ateliers et la découverte de l’IA au plus près des vallées.