Etude : la crainte de manquer d’eau dans sa région n’a jamais été aussi marquée

L’étude réalisée avant puis après la canicule et la sécheresse de l’été dernier montre ce qui ressemble au début d’un bouleversement de notre rapport à l’eau. En effet, les Français sont sensiblement plus nombreux cette année (69% vs 64% en 2021) à être convaincus qu’ils manqueront d’eau. En un peu plus de 25 ans, le basculement de l’opinion sur la crainte de manquer d’eau est spectaculaire, puisqu’en 1996 seuls 32% craignaient de manquer d’eau dans l’avenir. En 2022 ce pourcentage a plus que doublé. Quant à l’attention portée à ses consommations d’eau suite à l’été 2022, elle s’est vigoureusement renforcée : si elle était restée stable entre 2021 et mi 2022 (87%), le chiffre a sensiblement progressé après l’été, pour atteindre 92% De même, après cet été, la conviction de l’impact du dérèglement climatique sur le manque d’eau a fait un bond de presque 10 points avec, désormais, 92% de Français partageant cette certitude.

Quelles solutions attendent-ils ?

Seuls 27% estiment qu’ils pourront ne rien changer à leurs habitudes. 66% se prononcent en faveur d’une réglementation qui limiterait les consommations. 79% admettent qu’il conviendra de modifier les habitudes de d’utilisation. Enfin, 67% pensent qu’il faut investir dans des technologies qui permettraient de conserver le même confort d’usage de l’eau. Dans ce domaine, 76% souhaitent être aidés à réduire leur consommation grâce à un compteur d’eau “intelligent” qui, notamment, les alerterait en cas de dépassement d’un certain seuil. On constate également une adhésion très nette au principe de réutilisation des eaux usées traitées, 80% se déclarant par exemple prêts à consommer des fruits et légumes arrosés grâce à ce type de ressource alternative.

Les collectivités locales doivent entamer leur transition énergétique

Après avoir abordé les raisons de la hausse des prix de l’énergie, et plus globalement le fonctionnement complexe des marchés du gaz et de l’électricité, l’étude étudie les effets induits de l’augmentation des prix de l’énergie, en analysant la réalité, plus hétérogène qu’on ne pourrait le croire, des dépenses et des recettes locales dans ce domaine. Il ressort en effet que si les dépenses directes d’énergie (combustibles et carburants, chauffage, électricité) représentent pour l’ensemble des collectivités locales 4,4 milliards d’euros, soit 2,2 % de leurs dépenses de fonctionnement, des écarts importants existent selon les « profils de consommateurs ». Ainsi, pour les communes le poids est de 4 % en moyenne, contre 0,5 % pour les régions. La situation géographique, l’état d’isolation des bâtiments, les politiques d’économies et d’achats d’énergie sont également autant d’éléments qui exposent différemment les collectivités à la hausse des prix.

Car il est avéré que cette « inflation énergétique » a un impact non négligeable sur les budgets : sur les 12 dernières années, l’indice des prix de l’énergie et les dépenses directes d’énergie des collectivités suivent un profil d’évolution similaire, même si les dépenses locales sont moins dynamiques : l’indice des prix à l’énergie a augmenté, par rapport à 2015, de 20 % en 2021 là où les dépenses directes d’énergie affichent + 5,5 %, soit un « effet volume » nettement positif qui semble bien traduire le succès des démarches engagées au cours de la décennie en matière de transition énergétique. Cette publication souhaite en effet, au-delà d’analyser le risque que fait peser l’inflation sur les budgets, mettre en exergue également la chance que ce contexte représente en permettant, plus rapidement que prévu, de déboucher sur une véritable transformation des politiques et des pratiques du monde local en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

La revanche des villes moyennes ?

Assisterons-nous à la revanche des villes moyennes ? France Stratégie livre une grande étude  sur les trajectoires des villes moyennes et leur rôle dans l'aménagement des territoires avant et pendant la pandémie, restituant leur rôle dans une vision renouvelée du développement et de la cohésion des territoires.

Certes, la crise sanitaire a renouvelé l'intérêt public pour les villes moyennes et contribué à ce qu'elles connaissent un regain d'attractivité, alimenté par les départs des grandes villes, les possibilités accrues de travail à distance et l'image d'une meilleure qualité de vie. Mais l’exode massif vers ces villes qui concentrent 35% de la population française et près de 30% des emplois au niveau national, et qui longtemps ont été tenues à l’écart des politiques publiques d’aménagement, est loin d’être une réalité. Si elles affichent de belles dynamiques dans leur ensemble, leur développement est loin d’être homogène sur l’ensemble du territoire. « Dans cette étude, nous nous sommes intéressés aux trajectoires de moyen terme des villes moyennes sur la décennie avant la pandémie puis nous avons cherché à savoir si la crise sanitaire avait confirmé ou bien infléchi ces trajectoires » explique Claire Rais Assa de France Stratégie. Le travail mené sur 202 villes moyennes montre que nombre d’entre elles étaient déjà dans des trajectoires dynamiques avant la pandémie : 85 des 202 villes étudiées, parmi lesquelles Bayonne, Chambéry, Vannes et Sète, ont ainsi connu des trajectoires plus favorables que la trajectoire nationale pendant la décennie précédent la pandémie. Seules 16 % des villes moyennes ont connu des trajectoires « en retrait » sur la dernière décennie.

Des couronnes plus dynamiques

Selon l'étude, les couronnes des villes moyennes sont le plus souvent nettement plus dynamiques que leurs pôles urbains, ce qui les distingue de beaucoup de métropoles. « La croissance démographique en France s'est vraiment concentré dans les couronnes ces dernières années. Entre 2008 et 2018, 45% des villes moyennes comme Aurillac, Évreux ou Rochefort ont subi une baisse de population alors même que leur couronne était en croissance ce qui souligne un déficit structurel de des pôles des villes moyennes rend particulièrement pertinentes les politiques publiques qui ont pu être mises en place de revitalisation de ces pôles des villes moyennes » analyse Claire Rais Assa. D'une région à l'autre les situations varient avec une attractivité générale de l'ouest de la France et des difficultés liées à l'emploi dans le quart nord-est. Ce qui ne résume pas toute leur hétérogénéité, souligne l’étude.

 La pandémie source d’accélération

En croisant les trajectoires de ces villes en matière de démographie, d'emplois salariés privés et de prix de l'immobilier, 42% d’entre elles affichent une trajectoire plus dynamique que la trajectoire nationale avant la pandémie, 30% ont une trajectoire similaire à la trajectoire nationale. Seule une minorité de villes moyennes (16%) ont connu une trajectoire en retrait.  Enfin, une dernière catégorie de villes moyennes ont connu une trajectoire atypique sur la dernière décennie avec une baisse de population, des destructions d'emplois mais où pour autant les prix de l'immobilier ont évolué plus fortement que la tendance nationale. Sur la question de l’immobilier, les données disponibles attestent d'une hausse des prix pendant la pandémie concentrée dans les pôles des villes moyennes, suggérant un possible rattrapage par rapport aux couronnes. « L'effet de la pandémie a pu être diffus et d'ampleur variée selon les territoires, et il est difficile à ce stade de conclure à un effet positif général », relève France Stratégie. « Ce diagnostic est porteur d'enseignements en matière de définition des politiques publiques notamment de l’aménagement des territoires dans les villes moyennes qui accueillent de très nombreux équipements et services ainsi qu’une large gamme de commerce, d'offres de santé, culturelle, d'éducation et de transport, ce qui en fait des relais absolument majeurs pour l'ensemble des territoires environnants et en particulier les territoires moins denses qu'il y a autour de de ces villes moyennes » poursuit Claire Rais Assa. Une centralité qui leur confère un rôle absolument majeur en termes de coopération et de coopération entre les territoires entre eux.

75% des administrateurs territoriaux pensent que le télétravail favorise le bien-être au travail

Quel a été l'impact du Covid et du télétravail sur les pratiques managériales au sein de la fonction publique territoriale ? L'Association des administrateurs territoriaux présente les résultats d’une étude menée auprès de ses membres et réalisée dans la continuité de son RETEX sur l’adaptation des collectivités face à la crise sanitaire.

La crise sanitaire a provoqué chez 75% des administrateurs territoriaux un changement radical de la perception du télétravail selon cette étude menée par l’Association des administrateurs territoriaux (AATF) deux ans après le début de la crise sanitaire. « Jusqu’alors mis en place de façon marginale, le télétravail a connu une généralisation contrainte qui s’est heurtée à une forme d’impréparation, se traduisant par un manque d’équipements adaptés, un cadre légal insuffisamment formalisé, ainsi qu’un déficit global de formation aux risques potentiels induits par le travail à distance » note le document. Néanmoins, après deux ans de restrictions sanitaires, ce nouveau mode de travail s’est durablement installé dans le fonctionnement des collectivités. Ainsi, plus de 92% des collectivités des personnes interrogées ont engagé des négociations avec les organisations syndicales sur le sujet, et 75% des répondants considèrent que la facilitation du télétravail doit faire partie des orientations stratégiques de leur collectivité.

Des enjeux managériaux

L’étude indique que les hauts fonctionnaires territoriaux semblent percevoir le télétravail comme un processus globalement positif. En effet, 62,5% d’entre-eux le considèrent comme une opportunité intéressante financièrement parlant, 75% pensent que le télétravail favorise le bien-être au travail, et 95,8% estiment qu’il est bénéfique pour l’environnement. Cependant ils estiment que l’avènement de ces nouvelles modalités soulève également d’importants enjeux managériaux. Les membres de l'AATF expriment à travers cette enquête leur attachement au vivre-ensemble, et témoignent de leur volonté de ne pas créer d'iniquité entre agents, alors que seules 43% des missions sont considérées comme télétravaillables.

4 acteurs publics sur 10 pointent un manque de compétences en matière de données

Portée et impulsée par les administrations centralisées, la transformation numérique souhaitée par le gouvernement paraît avoir du mal à se concrétiser aux échelons locaux. C’est l’un des grands enseignements de l’étude « Data et Acteurs publics : perception et usages » publiée par le cabinet de conseil en data Invenis.

S'EMPARER DES DONNÉES POUR AMÉLIORER LES POLITIQUES PUBLIQUES

58% des sondés disent analyser leurs données en vue d’améliorer les politiques publiques. Une tendance encore plus affirmée dans les administrations locales que dans les administrations centrales (64% contre 56%). Arrivent bien plus loin la volonté d’innovation dans les administrations (24%) et de transparence avec les citoyens (18%).

RÉORGANISER LES ADMINISTRATIONS POUR VALORISER LA DATA

Pour 67% des répondants, l’amélioration de l’organisation interne des administrations est le grand enjeu des 12 prochains mois en matière de valorisation des données. Au sein des administrations locales, ce chiffre passe à 74% pour les administrations locales, contre 68% pour les administrations centrales. Plus loin, on retrouve l’investissement (18%) et l’adoption de nouvelles technologies telles que l’IA et le Big Data (15%). Ici encore, une décomposition plus fine selon le type d’administration est intéressante : les nouvelles technologies préoccupent davantage les administrations centrales que locales (17% contre 9%), ces dernières accordant plus d’importance à l’investissement (17% contre 15%).

PLUS DE 9 ADMINISTRATIONS SUR 10 SE SENTENT INSUFFISAMMENT MATURES

Très majoritairement, les administrations ne se considèrent pas comme suffisamment mûres dans le domaine de l’analyse des données. Si 7% d’entre elles se perçoivent matures, 93% se jugent peu/pas matures (58%) ou seulement en phase de maturité (35%). L’étude fait cependant apparaître d’importantes disparités selon le type d’administration. 63% des infrastructures centrales se pensent matures contre seulement 26% des administrations locales. Autrement dit, les 3/4 des services locaux s’estiment en retard pour ce qui à trait à l’usage de la donnée.

LE MANQUE DE COMPÉTENCES ET OUTILS, PROBLÉMATIQUE N°1 DES ADMINISTRATIONS

Pour 54% des personnes interrogées, le manque de compétences et d’outils est le principal frein dans le traitement des données publiques. Sont également pointés le volume grandissant des données à traiter (16% également), la difficulté à définir un usage précis de l’exploitation des données (15%) ou encore l’inadaptation des organisations/infrastructures IT (15% encore).

LA CRISE DE LA COVID-19 : ENTRE ACCÉLÉRATEUR ET FREIN

Fait notable, plus de la moitié (52%) des sondés estiment que la crise sanitaire a accéléré les projets de traitement de la donnée au sein des administrations, tandis qu’à l’inverse, un peu moins d’une autre moitié (48%) juge qu’elle les a retardés ou stoppés. Là encore, des différences se font jour entre administrations centrales et locales. 56% des membres des infrastructures centrales jugent que la crise a boosté le traitement de la donnée contre 46% des membres des administrations locales, ce qui laisse à penser que les premières ont davantage été dopées par la crise en ce domaine.

LA CIRCULAIRE CASTEX : DES RÉSULTATS MITIGÉS

La circulaire de Jean Castex invitant à la circulation des données entre les différents services étatiques semble n’avoir eu qu’un impact mesuré au sein des administrations. Ainsi, 66% des sondés affirment que la circulaire n’a pas eu de répercussions immédiates, contre 34% qui pensent au contraire qu’elle a accentuée les efforts déjà entrepris (26%) ou permis d’entamer un plan d’action (8%). Toutefois, l’impact de la circulaire semble être grandement fonction de la catégorie de l’administration : si 49% des administrations centrales estiment qu’elle n’a pas eu d’effet immédiat, ce chiffre atteint les 75% du côté des administrations locales. Pour satisfaire à la feuille de route fixée par la circulaire Castex, et plus globalement aux problématiques de la donnée qui touchent l’ensemble du secteur public, seuls 37% des sondés ont déclaré pouvoir compter sur un pôle d’expertise data au sein de leur équipe et 6 autres % faire appel à un pôle d’expertise externe. Les 57% restants disent ne disposer d’aucun pôle, qu’il soit interne ou externe. Une fois encore, les disparités entre administrations centrales et locales sont flagrantes : 53% des services centraux indiquent ne pas bénéficier d’un pôle d’expert contre 69% dans les services locaux.

 

 

Les chiffres de l’action sociale en France

L’Observatoire des Finances et de la Gestion publique Locales (OFGL) publie le 13e numéro de sa collection « cap sur ». Une étude qui se penche sur les missions de service public effectuées par l’action sociale du bloc communal, et notamment celle menée par les CCAS et CIAS (centres communaux/centres intercommunaux d’action sociale).

14 469 structures ont été analysées sur 2019, soit près de deux fois moins qu’en 2015 en raison de la suppression des plus petits CCAS, de la création des communes nouvelles ou de la mutualisation intercommunale dans certains territoires. 126 000 agents travaillaient dans ces structures fin 2018, dont près de 5 000 dans les centres intercommunaux (CIAS). Les dépenses des CCAS en 2019 se montent à 6,3 Md€ hors remboursement de la dette. 20% des CCAS affichent des dépenses de fonctionnement supérieures à 18€/habitant mais, à l’inverse, la même proportion de CCAS a un budget inférieur à 2,5€/hab. Plusieurs facteurs explicatifs à ces très fortes disparités entre CCAS : les moyens financiers, les choix politiques locaux en matière d’action sociale et les périmètres d’intervention des CCAS, les besoins des populations, le rôle joué par les tiers (associations, autres niveaux de collectivités…).

L’étude s’accompagne d’une base de données financières mise à disposition sur : https://data.ofgl.fr

Réinventer les métropoles

« Après la crise, quels leviers pour transformer les métropoles françaises en » future cities ? C’est l’objet d’une étude réalisée par l’association France urbaine et EY, en partenariat avec La tribune, qui liste les atouts qu'il leur faut déployer pour gagner en attractivité et en compétitivité. 240 métropoles européennes dont 24 françaises ont été examinées à la loupe.

http://franceurbaine.org/sites/franceurbaine.org/files/documents/franceurbaine_org/future_cities_france.pdf

"Il faut repenser la gestion des déchets dans les territoires"

Dans son rapport « Environnement et emploi : comment repenser la gestion des déchets au plus près des territoires » publié le 23 juin 2020, l'Observatoire de la transition énergétique et sociale de la Fondation Jean-Jaurès fait le constat suivant : la hausse des déchets en France n’est pas conjoncturelle, c’est une tendance lourde. Selon le document, un ménage produirait aujourd’hui 460 kg de déchets par an contre 300 kg il y a quinze ans, dont environ un tiers de déchets d’origine alimentaire. Et en ajoutant les ordures ménagères et les déchets dits « du bâtiment », issus des chantiers de travaux publics, les déchets générés en France seraient proches de 1,5 tonne par an et par habitant . Face à cet accroissement néfaste, les prochaines mandatures municipales « constituent une opportunité pour mettre en place des actions ambitieuses en matière de tri, de recyclage, de valorisation des déchets comme en matière de prévention et de réduction de leur volume ».

Six pistes pour agir

La solution ? Les élus doivent imaginer de nouvelles façons de penser la gestion des déchets, selon l’Observatoire qui considère que « l'évolution actuelle des modes de consommation des Français et le progrès technique permettent d'envisager de passer d'une politique de gestion des déchets à une politique d'économie circulaire, capable d'agir sur le pouvoir d'achat et d'avoir des retombées positives sur la santé publique». Et de leur proposer six types d’actions à mettre en œuvre visant à favoriser le développement de modèles d'économie circulaire à la fois résilients et créateurs de valeur ajoutée pour les territoires. Ces actions s’articulent autour de la réduction des quantités de déchets, la collecte et la valorisation des déchets verts, le développement de des lieux de « recycleries », le développement d'entreprises à impacts sociaux, la création de des circuits alimentaires de proximité et enfin la valorisation énergétique et la gestion territoriale des déchets.

 

Les Français ont une bonne opinion des départements

Alors qu’une étude ifop publiée en 2015 révélait que 52% des Français souhaitaient la suppression de l’institution départementale, il semblerait que leur regard ait évolué. 80% des Français déclarent aujourd’hui avoir une bonne opinion des départements comme le révèle une enquête menée par le Département de l’Essonne sur l’institution départementale.« Cette étude montre l’utilité des départements aux yeux des Français qui aiment leur département, se félicite François Durovray, président du Département de l’Essonne. Ils ont confiance dans l’avenir des départements et les trouvent utiles ». Selon l’étude, 87% des Français se disent satisfaits de vivre dans leur département, non pas d’un point de vue institutionnel mais d’un point de vue de plaisir de vie. Concernant l’action du département, 9 personnes sur 10 la jugent positive et 75% déclarent être attachés à cette institution. En revanche, lorsqu’ils sont interrogés sur l’action des départements, l’institution est associée à juste titre à des compétences qui touchent directement le quotidien des citoyens mais un certain nombre de leurs missions ne sont pas clairement identifiées analyse de Jean-Daniel Lévy Directeur du Département Politique & Opinion chez Harris Interactive. « En effet, si les collèges, les transports scolaires, l’action en faveur des personnes âgées et de l’enfance sont identifiés comme des actions prioritaires des départements, d’autres actions qui pourtant s’inscrivent dans une action de politique départementale ne le sont pas, notamment celles qui renvoient à la mobilisation de moyens financiers importants. Parmi celles-ci, deux sont clairement à mettre en avant : le RSA et l’aide économique en faveur des entreprises en difficulté ». Concernant la gestion de la crise du coronavirus par les départements, 59% des Français estiment que leur département a eu un rôle utile dans le cadre de l’épidémie (contre 69% pour les communes et 51% pour l’Etat). Pendant cette période, l’institution départementale a su prouver son utilité à travers les commandes de masques groupées, la mise à disposition d’outils numériques auprès des collégiens, des enseignants et des Ehpad ou encore l’installation de services de télémédecine. Plus modestes dans leur communication et dans la présentation qu’ils font de leurs actions, les départements sont moins bien identifiés que d’autres acteurs. Pourtant une chose est sûre, nos concitoyens comptent sur les élus départementaux.

 

Le confinement, révélateur des inégalités en matière de qualité du logement

Les deux mois de confinement ont révélé l’importance de la qualité du logement dans la vie des Français. Ce que révèle une enquête menée par l’Association Qualitel et l’Institut Ipsos. Perçu et vécu comme un « cocon », celui-ci a pu aider à vivre cette période inédite et complexe. À l’inverse, moins bien supporté, il a aussi pu contribuer à générer des tensions supplémentaires. Selon l’étude, un grand nombre de Français ont plutôt, voire beaucoup, apprécié leur logement pendant ces deux mois. Ces confinés heureux sont des personnes plutôt âgées de 60 ans et plus, vivant en couple et propriétaires d’une maison en commune rurale. Ce sont ceux qui donnent la meilleure note à la qualité de leur logement, 7,2/101 contre 6,7/10 pour ceux qui avouaient « commencer à en avoir marre ». A contrario, 20% de Français, soit près de 8 millions de foyers, ont déclaré avoir « mal supporté » leur logement pendant le confinement. Ce sont pour la plupart des jeunes (28% des – 35 ans), des personnes seules (26%), en appartement (29%) avec des revenus modestes (32% des personnes gagnant moins de 1 250€).

En appartement, les Français ont moins bien vécu le confinement

Sans surprise, la France des campagnes a globalement mieux vécu le confinement. 65% des personnes vivant en zone rurale ont estimé que leur logement était tout à fait adapté pour vivre confiné, 47% pour les personnes vivant dans une grande métropole (35% pour l’Île-de-France). L’autre critère discriminant pour avoir bien vécu le confinement : le type de logement. Ainsi, Les habitants d’appartement qui évaluent la qualité de leur logement à 6,2/10, n’ont été que 28% à juger que leur logement était tout à fait adapté à une vie confinée, contre 65% de ceux vivant en maison avec une note de 7,1/10. Les propriétaires ont également noté plus généreusement leur logement en cette période de confinement (7,3/10), par rapport aux locataires.

Sécurité : les Français majoritairement satisfaits de l’action municipale

61% d’entre eux expriment leur satisfaction à l’égard de l’action de la municipalité en matière de sécurité. Ils sont particulièrement convaincus par les actions menées en matière de sécurité des écoles (74 %), de sécurité routière (63 %) et en matière d’agressions (57 %). Les démarches pour réduire les trafics (51 %), la délinquance (50 %) et les cambriolages (49 %) peinent davantage à convaincre. Cependant, en comparaison à juillet 2019, la satisfaction des Français à l’égard de leur municipalité en matière de sécurité a baissé sur l’ensemble des items. Tels sont les enseignements de la quinzième édition du « Baromètre Fiducial de la Sécurité des Français » réalisé par Odoxa qui analyse la satisfaction et les attentes des Français vis-à-vis des actions mises en place par les maires. Malgré la satisfaction globale exprimée, les Français estiment que le rôle du maire doit être élargi sur les questions de sécurité. Ils jugent en effet que leur élu ne dispose pas de suffisamment de pouvoirs en termes de lutte contre l’insécurité et de répression (61 %). Pour lutter contre l’insécurité, les Français se prononcent pour un maintien (55 %) ou une augmentation (36 %) du budget consacré à la sécurité par leur municipalité.

 

Municipales 2020 : des maires plus combatifs

Les résultats de la troisième enquête de l’observatoire de la démocratie de proximité AMF-CEVIPOF/Sciences-Po dévoilés le 13 novembre montrent qu’à quelques mois des prochaines échéances électorales, 60 % des maires (contre 45 % en 2018) considèrent que la situation de leur commune s’est améliorée au cours des cinq dernières années. Et toujours à propos de bilan, une forte majorité d’entre eux (90 %) jugent que leur commune est en bonne santé financière (contre 80% l’an passé). Un bilan qui toutefois tranche avec la représentation des Français de la situation financière de leur commune. Ils sont en moyenne 2,5 fois plus pessimistes que leur maire.

La traduction de cet esprit combatif est à lire dans l’évolution sensible du pourcentage de maires prêts à se représenter en mars 2020. En 2018, bien qu’il ne leur était pas proposé de répondre « je n’ai pas encore pris ma décision », ils étaient 50 % à vouloir jeter l’éponge. En 2019, avec ce changement dans l’enquête, ils sont 48 % certains d’être candidats à leur propre succession, 23 % encore indécis et 28 % à déclarer vouloir abandonner. Si les choses devaient en rester ainsi, le scrutin 2020 ressemblerait à celui de 2014 en termes de renouvellement.

En tête des motifs de non-candidature en 2020, la difficile conciliation entre vie personnelle et professionnelle et la fonction de maire.

84% des créations d’emplois sont concentrées dans les grandes aires urbaines

Alors que les maires s’apprêtent à remettre en jeu leur mandat, la 3ème édition du Baromètre Arthur Loyd de l’attractivité et du dynamisme des métropoles françaises aide à comprendre le fossé qui se creuse entre les grandes métropoles et le reste du territoire. En 2018, face à la baisse généralisée des créations nettes d’emplois, seules les plus grandes agglomérations françaises résistent. Selon l’étude, en comparaison au reste du territoire national, les grandes et très grandes métropoles régionales ainsi que le Très Grand Paris bénéficient d’une importante dynamique dans la création d’emplois. Ces dernières font ainsi preuve d’une certaine résilience en réussissant à créer plus d’emplois qu’ailleurs en France avec 84 % des créations nettes dans le secteur privé en 2018 (contre 63% en 2017) alors que la croissance économique est pourtant plus faible : 1,7% de croissance du PIB en 2018, en baisse de 0,6 point par rapport à 2017. A contrario, les aires urbaines de moins de 500 000 habitants sont les plus touchées par le ralentissement des créations d’emplois. Dans ces territoires, ces dernières ont été divisées par 4 en 2018. « La plupart des petites et moyennes villes se heurtent à un plafond de verre. Moins résistantes à la tourmente, elles sont les premières touchées par le ralentissement de la croissance économique. A l’aube des élections municipales et d’une nouvelle étape de décentralisation, on comprend à quel point le rôle des élus locaux est central en matière de développement territorial. Ces chiffres nous démontrent comment les grandes métropoles sont responsables de leur bassin économique et peuvent tirer vers le haut leurs écosystèmes dont les couronnes périurbaines et rurales font partie» analyse Cevan Torossian, Directeur du pôle Etudes & Recherche d'Arthur Loyd.

Les Français attachés à leurs centres-villes

Si les Français prouvent une fois de plus qu’ils sont attachés à leur centre-ville, (71.5% des français aiment leur centre-ville) ils estiment toutefois que les commerces ne sont pas assez nombreux. C’est le constat de la première étude « Opinions et attentes des Français des villes  moyennes à l’égard de leur centre-ville et de leur offre commerciale » réalisée par Les Echos Etudes pour La Banque Postale.  Dans les villes entre 20 000 et 50 000 habitants, les Français se déclarent même inquiets pour leur centre-ville et attendent  une offre de commerces diversifiée et plus conséquente. L’autre enseignement est lié aux nouveaux usages et aux changements des modes de consommation. Il révèle une appétence pour les magasins spécialisés dans les produits locaux, les boutiques de produits d’occasion et les commerces hybrides (ex. le café- librairie) qui créent du lien social. Cette tendance de diversification de l’activité marque un décloisonnement du commerce et offre des opportunités de développement pour les commerçants. Enfin, ces derniers peuvent se réjouir  car le service le plus plébiscité par 82% des Français est le conseil.

« Les communes rurales ont su maîtriser l’évolution de leurs dépenses de gestion »

La deuxième édition de l’étude « Regard financier sur les communes de métropole jusqu’à 3 500 habitants », publiée conjointement par l’association des Maires Ruraux de France et La Banque Postale Collectivités Locales, met en évidence des spécificités quant à la gestion des finances locales, comparées aux comportements des communes des autres strates. Ainsi, il s’avère qu’en 2018, le montant total des interventions dans les 32 148 communes rurales (jusqu’à 3 500 habitants) s’élève à près de 21 milliards d’euros, soit 23 % du montant total des dépenses des communes métropolitaines, alors qu’elles représentent 33 % de la population. « Sur 100 euros dépensés, les communes rurales investissent 31 euros (+ 1 euro par rapport à 2017), alors que pour les autres communes, c’est moins de 20 euros » relève également l’étude. Et bien que ces communes ne soient pas directement concernées par la contractualisation État-collectivités qui limite l’augmentation des dépenses à 1,2 %, elles ont su maîtriser l’évolution de leurs dépenses de gestion, par habitant, à + 0,2 %. On y apprend également que les communes rurales disposent d’une épargne brute de 3,6 milliards d’euros (+ 2,3 %),tandis que leur capacité de désendettement est de 3,8 ans contre 5,9 ans pour les autres communes. Enfin, l’encours de dette se maintient à un niveau de 13,6 milliards d’euros (+0,5 %), ce qui représente un montant de 637 euros par habitant, soit environ deux fois moins que pour les autres communes (1 157 euros par habitant).

Les Français et les trottinettes électriques

Seulement un an après leur arrivée, les trottinettes redessinent nos villes et font beaucoup parler d’elles. Mais que pensent au juste les Français de ce nouveau moyen de transport ? C’est ce que dévoile une étude menée par Cosmo Connected, startup spécialisée dans les produits de sécurité connectée, et l’institut de sondage YouGov. Ainsi, 29% des Français en ont déjà fait l’expérience. Parmi eux, près d’un quart (24%) déclare avoir eu un accident durant son utilisation et près d’un tiers (31%) ne portait pas de protections au moment de la chute. Outre les accidents, 35% des Français, en tant qu’utilisateur ou en tant que piéton, se sont déjà sentis en danger à cause des trottinettes électriques. Un chiffre qui grimpe à 51% en région parisienne. Près de 8 Français sur 10 (77%) pensent qu’il est nécessaire de mettre en place une réglementation plus stricte pour encadrer l’utilisation des trottinettes électriques. Ils sont d’ailleurs 63% à estimer que les villes ne sont pas adaptées à leur usage.

Étude menée par YouGov, auprès de 2001 personnes représentatives de la population nationale française âgée entre 18 et 34 ans, du 06 au 10 juin 2019.

Les Français préoccupés par les enjeux environnementaux

C’est le constat de l’ademe qui publie dans sa lettre Stratégie, les principaux résultats de ses enquêtes d’opinion menées auprès des Français sur les questions environnementales et leurs pratiques dans ce domaine. Ainsi, entre 8 et 9 Français sur 10 se déclarent sensibles ou très sensibles à l’environnement, et ce de façon très stable depuis 1995.Ils se sentent préoccupés en premier lieu par la changement climatique (22%), la dégradation de la faune et de la flore (22% également), et la pollution de l’air (18%). 82% d’entre eux estiment qu’il sera nécessaire de prendre des mesures importantes dans l’avenir pour s’adapter aux nouvelles conditions climatiques sur leur propre territoire. Faute de mesures, 63% des français pensent que les conditions de vie deviendront extrêmement pénibles. D’une façon générale, les mesures visant à faciliter les choix vertueux (réduire le gaspillage alimentaire, développer les énergies renouvelables, favoriser l’usage de véhicules moins polluants) sont toujours mieux acceptées que les mesures coûteuses ou contraignantes (limiter l’habitat pavillonaire ou réduire la vitesse sur autoroute), surtout lorsqu’elles concernent le citoyen lui-même et non les acteurs publics ou économiques.
Les décideurs économiques se revèlent eux aussi particulièrement impliqués et favorables aux mesures de politiques publiques pour l’environnement. Ils se distinguent de l’ensemble de la population par de très forts taux d’acceptation de toutes les mesures proposées par les pouvoirs publics même si celles-ci sont plus coûteuses ou plus contraignantes pour eux.

Lyon Paris et Rouen championnes françaises de la mobilité

Inscrites dans le trio de tête du panel réalisé par le think tank Les Clés de la Mobilité, ces trois villes ont été désignées comme les plus attractives sur le plan de la mobilité. Elles se distinguent grâce à une offre très diversifiée en matière de transports et se montrent créatives pour faciliter la mobilité au sein de l’agglomération et de ses alentours, tout en proposant une offre attractive sur le plan tarifaire. Enfin, elles plébiscitent une réduction drastique des rejets dans l’atmosphère en n’hésitant pas à innover. Riche en enseignements, l’étude menée auprès des 75 plus grandes villes françaises révèle également que les villes de toute taille peuvent arriver à des résultats équivalents en termes de diversité et d’accessibilité des offres de transport et mobilité, que 62% des villes du classement font circuler encore plus de 80% de leurs bus en diesel ou essence ou encore qu’une ville classée sur trois ne propose aucune solution de conseil ni d’accompagnement aux entreprises basées sur leur territoire. Quant aux données disponibles, « de très nombreuses villes françaises ne rendent pas publiques les informations nécessaires à la bonne compréhension de leurs politiques des transports » déplorent les auteurs de l’étude.

Les dépenses culturelles des collectivités à la loupe

L’Observatoire des politiques culturelles réalise, pour la troisième année consécutive, en étroite collaboration avec le Département des études, de la prospective et des statistiques (DEPS), un outil de connaissance permettant d’apprécier en temps réel l’évolution de l’effort culturel des autorités locales de plus de 20 000 habitants. Sur les 140 collectivités et EPCI interrogés, ils sont 56 % à déclarer augmenter leur engagement en fonctionnement. Un tiers des répondants indiquent réduire leurs moyens en faveur de la culture entre 2017 et 2018, et 11 % affichent une stabilité. Ainsi, il ressort que les régions ont consacré 811,3 millions d’euros à la culture en 2018. Six régions sur les 9 de l’échantillon s’inscrivent dans une dynamique de hausse, dans la lignée du constat effectué dans la précédente note de conjoncture. L’examen des différents domaines artistiques et culturels fait apparaître, une attention plus favorable de leur part au patrimoine culturel, aux musées, aux festivals et événements et au spectacle vivant. Selon l’étude, la disparité des politiques culturelles départementales reste d’actualité en 2018, avec une légère amélioration de leur effort par rapport à 2017 et surtout par rapport à 2016 : dans l’échantillon interrogé, 51 % des départements augmentent leur budget culturel en fonctionnement, tandis que 40 % le réduisent. Et tandis que les métropoles s’inscrivent dans une tendance globalement à la hausse, tant du côté du fonctionnement que de l’investissement, 71 % des villes de plus de 100 000 habitants de l’échantillon augmentent leurs budgets culturels de fonctionnement entre 2017 et 2018, et 21 % les réduisent. « Pour l’année 2019, la moitié des répondants prévoient une stabilité de leur budget culturel », indique le document .

Lancement du Baromètre national des pratiques sportives

Afin de disposer d’informations précises pour suivre l’évolution des pratiques sportives de nos concitoyens et appréhender leurs motivations comme les freins à cette pratique, le ministère des Sports  s’est associé à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) afin de mettre en place un Baromètre national des pratiques sportives qui fera référence en la matière. Réalisé pour la première fois en 2018 en collaboration avec le CRÉDOC, ce nouvel outil de monitoring sera reconduit tous les deux ans. Il permettra d’apporter des éléments pour guider et évaluer les politiques publiques menées dans ce domaine.

Les résultats d'une enquête inédite menée entre le 19 juin et le 5 juillet 2018 et révélés mi-janvier par la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, démontrent notamment que les Français font preuve d’un goût assez prononcé pour les activités physiques et sportives. 66 % des Français de plus de 15 ans (soit un peu plus de 36 millions) ont ainsi eu une pratique sportive au cours des 12 derniers mois. Une majorité est engagée dans une pratique sportive amateur régulière et autonome. Les données confortent également le sentiment que la pratique est inégale selon les populations. Les plus âgés, les peu diplômés, les bas revenus, les personnes résidant hors des grandes agglomérations et dans une moindre mesure les femmes ont moins souvent une pratique sportive.