« Il n'y aura pas de consigne sur les emballages en plastique » selon l’AMF

A l’occasion du102ème Congrès des maires et des présidents d’intercommunalité de France, le Président de la République et le Premier ministre se sont tous deux exprimé sur le sujet controversé de la consigne pour recyclage des bouteilles en plastique, qui fait l’objet d’une opposition unanime des associations d’élus depuis plusieurs mois. « Rien ne sera fait sans l’accord des maires » a annoncé mardi 19 novembre Emmanuel Macron, assurant vouloir conforter « ceux qui se sont organisés », « ceux qui ont pris de l’avance et ont investi ». Edouard Philippe, également présent sur le congrès des maires le jeudi 21 novembre, a reconnu pour sa part que le système de consigne utilisé dans d’autres pays européens « n’est pas le nôtre » et a répété « nous ne la mettrons pas en œuvre cette consigne, sans l’accord des associations d’élus. Parce que nous avons tout intérêt à avancer de concert plutôt qu’en opposition, en foisonnement et donc en désordre ». Le message est clair, selon l’AMF.

Collecte des déchets : pour l’APVF, le retour de la consigne pénalise les communes

Lors de la présentation le 10 juillet, en conseil des ministres, du projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire, Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solaidaire a confirmé le déploiement d'un système de consigne. Une mesure que déplore l’association des petites villes de France (APVF), présidée par Christophe Bouillon, député de Seine-Maritime et maire honoraire de Canteleu, considérant que le retour de la consigne « va à l’encontre du système actuel de collecte et rend obsolète les investissements des collectivités pour le mettre en place ». L’association rappelle qu’elles ont déjà investi plus de 700 millions d’euros sur les 1,5 milliard prévus pour moderniser leurs centres de tri à l’horizon 2022 et des résultats, en termes de recyclage, seraient déjà visibles. L’APVF considère que la mise en place de la consigne constitue un retour en arrière au détriment des collectivités locales qui perdront une grande partie de leurs ressources, mais aussi des citoyens qui, à terme, verront la fiscalité augmenter. Et demande au gouvernement de renoncer à cette mesure.

Brune Poirson veut lancer la consigne des bouteilles plastiques

La secrétaire d’Etat à la Transition écologique, Brune Poirson, a réuni aujourd’hui à Strasbourg des élus, des ONG, des représentants des fabricants de produit afin de lancer un comité de pilotage qui aura vocation à explorer les conditions et les modalités de mise en œuvre de la consigne en France. Une première réunion très « constructive », selon la sécrétaire d’Etat, qui aura permis à chacun de partager son enthousiasme et parfois ses craintes. « J’ai réaffirmé l’ambition et la ligne rouge fixés par le Premier ministre pour cette concertation. La ligne rouge d’abord, aucune collectivité ne sera lésée. L’ambition ensuite, nous devrons atteindre 90% de collecte en 2029 quand nous ne collectons aujourd’hui même pas 6 bouteilles en plastique sur dix. Au travail ! » a-t-elle déclaré. Les premières conclusions sont attendues mi-septembre afin d’enrichir le débat parlementaire à venir sur le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire qui comprendra une disposition pour autoriser le principe de la consigne sur le territoire.