La communauté de communes de la Vallée de Bruche est élue « Capitale française de la Biodiversité 2022 »

La communauté de communes alsacienne devient la onzième « Capitale française de la Biodiversité ». Avec les 4 autres collectivités lauréates, elle illustre par ses actions le lien étroit entre restauration des paysages et protection de la nature.

 

C’est à partir d’un paysage profondément dégradé par la déprise agricole et l’enrésinement forestier que la communauté de communes de la Vallée de la Bruche a su impulser une politique de réouverture des paysages, en permettant l’émergence et la pérennisation d’acteurs économiques et associatifs (associations foncières pastorales, syndicat des arboriculteurs et récoltants familiaux de fruits) susceptibles de contribuer au maintien des paysages ouverts sur le long terme. La gestion paysagère menée dans cette vallée vosgienne est intimement liée, dans la conception comme dans la mise en œuvre, à la préservation et au développement de la biodiversité. Ainsi, la commune ne s’est pas contenté de rouvrir des parcelles enrésinées, mais elle a travaillé les lisières, favorisé de nombreux éléments fixes du paysage (bosquets, haies, arbres isolés, vergers...),  reconquis des fonds de vallées, des berges de cours d'eau... Un véritable travail de fond constituant et entretenant une « dentelle » d’espaces à haute valeur paysagère et environnementale. Un projet paysager fortement intégré aux autres composantes du territoire comme le tourisme, la valorisation agricole, les fermes-auberges, le lien social, le cadre de vie ou encore la mobilité... De ce fait, il est porté par toute une communauté d’acteurs, et ce depuis plus de trente ans. Un exemple riche et inspirant pour les territoires ruraux de montagne comme de plaine, mais aussi pour les bourgs, les villes voire les métropoles partout en France.

Quatre autres collectivités ont été récompensées dans le cadre de ce concours : Saint-Chamas (8 593 hab., Bouches-du-Rhône) dans la catégorie des villes - de 20 000 habitants ; Saintes (25 470 hab., Charente-Maritime) dans la catégorie des villes - de 100 000 habitants ; (154 508 hab., Maine-et-Loire) dans la catégorie des villes + de 100 000 habitants et Laroque-des-Albères (2 115 hab., Pyrénées-Orientales) qui a obtenu le Coup de cœur du Jury 2022.

 

La Roche-sur-Yon engagée pour la préservation de la biodiversité

Restaurer les continuités écologiques, le maillage bocager ainsi que la qualité de l’eau des cours d’eau, c’est le pari de la ville qui implique, dans son action, tout un écosystème de partenaires locaux. Ensemble, ils œuvrent au quotidien sur les questions de biodiversité. À ce titre, La Roche-sur-Yon devient la 10e capitale française de la biodiversité.

 

Dans cette ville caractérisée par un vaste patrimoine agricole et naturel qui occupe les 2/3 de sa superficie, œuvrer pour la préservation de la biodiversité s’est imposée comme une évidence. « De l’obligation de cartographier dans notre PLU les trames vertes et bleues, sont nées d’une interrogation sur l’état de la biodiversité sur notre territoire. Nous avons engagé en 2016 un travail d’état des lieux avec la création d’un observatoire », explique Anne Aubin-Sicard, adjointe au maire en charge de la transition écologique et de l’environnement. Naît alors une démarche stratégique conduisant à bâtir un écosystème autour de la biodiversité qui permet à la ville de remporter le titre de capitale française 2021 de la biodiversité, un concours organisé depuis dix ans par l’Office français de la biodiversité pour valoriser et diffuser les bonnes pratiques des communes et intercommunalités françaises en faveur de la biodiversité. C’est la qualité du travail mené autour de la restauration de la continuité écologique de l’Yon, principal cours d’eau de la ville, qui a valu à La-Roche-sur-Yon d’être distinguée. « Ce cours d’eau était concerné par l’application de la directive-cadre sur l’eau avec l’obligation d’en rétablir la continuité écologique. Avec les années, un certain nombre d’ouvrages y avaient été construits et entravaient la libre circulation pisicole et sédimentaire. Petit à petit, nous avons éliminé ces obstacles et constaté une amélioration de la qualité de l’eau ainsi qu’un retour très favorable de la biodiversité », poursuit l’adjointe au maire. Ces ouvrages présentaient un autre inconvénient : ils agissent indirectement sur la température de l’eau, favorisant l’eutrophisation des rivières ainsi que le développement d’espèces envahissantes. C’est en amont de la zone urbaine, sur un plan d’eau d’un hectare et demi que les premières actions sont menées. « Nous avions comptabilisé 111 obstacles à l’aval du plan d’eau qui en se détériorant ont abîmé les berges. En les effaçant, la rivière a repris progressivement sa place, la matière organique s’est minéralisée et rapidement la végétation s’est développée », se réjouit Raphaël Bedhomme, chef de projet paysage et biodiversité. Il y avait un réel intérêt à agir d’au- tant plus que le principe même de ces obstacles vient modifier la perception du fonctionnement naturel de la rivière. Toutes ces années, nous avions une lecture fausse des débits et des gabarits sur notre territoire d’intervention. » À l’échelle de la zone urbaine, ce sont quinze ouvrages qui ont été démantelés permettant à l’Yon de gagner 6 km de libre circulation. Des mares ainsi qu’une frayère à brochets ont également été créées en annexe du cours d’eau. Coût des travaux : environ 350000€ TTC,le tout financé à 73% par l’agence de l’eau Loire-Bretagne.

En l’espace de trois ans, l’effacement d’ouvrages a permis une redistribution des populations piscicoles et surtout le retour des espèces les plus adaptées au milieu. « Les perches-soleil et les poissons-chats ont presque disparu au profit d’autres espèces adaptées aux milieux à écoulement naturel comme les gou- geons. L’intérêt, in fine, c’est d’avoir une qualité des masses d’eau qui s’améliore avec des têtes de bassin-versant en bon état écologique et des milieux plus propices à l’expression de la biodiversité. Nos actions démontrent bien la complémentarité entre les trames vertes et bleues », détaille le chef de projet.

EXPLIQUER L’ACTION MUNICIPALE

«Devenir capitale française de la biodiversité est une belle récompense pour les élus et pour les services, mais c’est aussi une source de motivation pour aller encore plus loin et avancer parce que nous ne perdons pas de vue que l’urgence climatique est déjà là », prévient Anne Aubin-Sicard. Avec le plan d’action, s’est créé un véritable écosystème autour de la biodiversité. Des nombreux partenaires avec lesquels la ville a conventionné participent au succès du projet municipal. Ainsi, la fédération de pêche de Vendée réalise un état des lieux des espèces présentes avant et après l’effacement des ouvrages. Un suivi physico-chimiques et biologiques des eaux de l’Yon a été confié à l’IUT de la Roche-sur-Yon pour mesurer l’effet de l’effacement des ouvrages sur les masses d’eau. Le partenariat de la ville avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) porte, lui, sur des activités destinées à faire découvrir au public les différents oiseaux du territoire et leurs spécificités. L’occasion surtout de les sensibiliser à la préservation des espèces. Pour acculturer les Yonnais aux questions environnementales, la ville déploie depuis trois ans un programme d’éducation à l’environnement baptisé « Ma ville nature » basé sur les sciences participatives où tout un chacun peut se réapproprier les enjeux de biodiversité. La ville ne compte pas s’endormir sur ses lauriers. Conscients de l’impact du réchauffement climatique sur l’érosion de la biodiversité, les élus préparent déjà un nouveau plan d’action pour la période 2022-2026.

Blandine Klaas

 

1 534 petites communes éligibles à la dotation biodiversité en 2020

La Direction Générale des Collectivités Locales (DGCL) publie sur son site internet la liste des communes éligibles à la dotation de biodiversité cette année. Ce nouveau dispositif institué par la loi de Finances pour 2020, à l’initiative de Joël Giraud, alors rapporteur général du budget, poursuit l’effort de verdissement des concours financiers de l’Etat aux collectivités territoriales et les accompagne financièrement pour faire face à leurs charges spécifiques de fonctionnement. La dotation de biodiversité, d’un montant de 10 millions d’euros, bénéficie cette année à 1 534 petites communes, éligibles sous condition de population et de richesse fiscale, dont une partie importante du territoire est soit couverte par une zone « Natura 2000 », soit comprise dans le cœur d’un parc national (et ayant adhéré à la charte du parc), soit située en bordure d’un parc marin. Des crédits d’un montant identique seront inscrits au budget du ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales en 2021.

https://www.collectivites-locales.gouv.fr/dotation-biodiversite

La biodiversité : la grande oubliée des Français

Alors que la 20e Journée internationale pour la biodiversité est célébrée ce 22 mai, force est de constater qu’elle ne passionne guère les Français. Selon un sondage réalisé par Userneeds, 64 % d'entre eux sont inquiets vis-à-vis des changements climatiques mais ils sont seulement 7 % à considérer la préservation de la biodiversité comme l’enjeu numéro un en matière environnementale. La méconnaissance de la notion de biodiversité ou encore les multiples définitions de cette dernière, peuvent en être la cause selon les auteurs de cette étude. Car en effet, 69 % des sondés ignorent ce que recouvre la notion de « biodiversité ordinaire ». Dans le même temps, 62 % des sondés considèrent que la prise de conscience collective sur l’importance de protéger la biodiversité n’est pas suffisante. Parmi les acteurs sur lesquels comptent les Français pour agir : les agriculteurs. 45 % des Français pensent d’ailleurs que le secteur laitier contribue à la préservation de la biodiversité.

La métropole lyonnaise élue capitale française de la biodiversité 2019

Première intercommunalité à décrocher ce titre, la métropole lyonnaise succède à Besançon (2018), Muttersholtz (2017), Rennes (2016), Strasbourg (2014), Niort (2013), Lille (2012), Montpellier (2011) et Grande-Synthe (2010). Le jury composé par l’Agence français pour la biodiversité (AFB), le Cerema et Plante et Cité a notamment reconnu l’énorme travail  mené sur le climat et celui sur la place de l’arbre, de l’eau et de la nature sur le territoire lyonnais. En effet, dans son plan Climat et dans son document de planification urbaine majeur (le PLU-H), la métropole fixe des objectifs ambitieux d’augmentation des surfaces d’espaces publics et privés ombragées par les arbres. Elle travaille aussi à la désimperméabilisation des espaces urbains et au stockage de l’eau de pluie dans les espaces verts. Avec ses partenaires, la métropole de Lyon restaure et renature des cours d’eau et leurs berges, offrant ainsi des espaces accueillants pour la faune et la flore. Enfin, elle gère de manière écologique exemplaire de grands parcs, qui sont des poumons verts et des réservoirs de biodiversité. Ils forment autant d’îlots de fraicheur en cas de canicule. Des actions, en somme, qui contribuent au maintien ou à la restauration des continuités écologiques et permettent la bonne circulation des espèces animales et végétales, rendue encore plus indispensable du fait du changement climatique.

 

Un appel à projets pour protéger la biodiversité marine dans les outre-mer

Un constat : les déchets et notamment les plastiques qui représentent la quasi-totalié d’entre eux, les filets et engins de pêche abandonnés ou perdus en mer engendrent un impact considérable sur la biodiversité et la faune marine, créant notamment des phénomènes d’enchevêtrement. Réduire cet impact, c’est l’ambition de l’appel à projets lancé conjointement par François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, la secrétaire d’Etat Brune Poirson et Annick Girardin, ministre des outre-mer. Il vise à mener des opérations de localisation des zones où les déchets s’accumulent, leur récupération et des solutions de prévention et de valorisation. L’objectif est aussi de mener des opérations pilotes de récupération des déchets avec les professionnels de la pêche. L’enveloppe totale consacrée pour cet appel à projets est de 300.000 euros.

Les villes s’engagent pour la biodiversité

Pour sa 8e étude, l’Observatoire des villes vertes s’est associé à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) pour interroger les responsables d’espaces nature en ville sur la façon dont les communes les plus engagées sur le front du « vert en ville » intègrent la préservation de la biodiversité. Les résultats de cette étude sont sans appel : à moins d’un an des élections municipales, toutes les villes enquêtées déclarent déployer une politique en faveur de la biodiversité. Concrètement, la totalité des villes interrogées ont déjà inventorié la faune et la flore présentes sur leur territoire, et plus de la moitié ont mis sur pied un plan Biodiversité. A l’image de la ville de Limoges qui fait de la protection de la biodiversité sa priorité dans le cadre de « l’Agenda 2030 » qui comporte 17 autres objectifs de développement durable. Ou Nantes qui a mis en place un « Comité d’experts » dédié à la biodiversité de la ville, ainsi qu’une « Commission biodiversité » trimestrielle pour accélérer la mise en place de solutions concrètes.

www.observatoirevillesvertes.fr

Territoires engagés pour la nature : l’initiative est lancée

Le ministère de la Transition écologique et solidaire et Régions de France, avec la contribution de l’Agence française pour la biodiversité et les Agences de l’eau, lancent l’initiative « Territoires engagés pour la nature ». A travers cette action du Plan biodiversité, il s’agit de fédérer l’ensemble des acteurs d’un territoire autour de la protection de la biodiversité. Pour obtenir la reconnaissance « Territoire engagé pour la nature », les collectivités doivent présenter un plan d’action pour les trois prochaines années en faveur de la biodiversité. Le dispositif est pour l’instant ouvert dans six régions : Centre-Val de Loire, Guadeloupe, Île-de-France, Occitanie, Pays de la Loire et Provence-Alpes-Côte d’Azur.