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La qualité de vie urbaine passe par le lien social

Paroles d'expert
08 septembre 2022

Pour Barbara Attia, psychologue urbaine, les confinements que nous avons vécus ont mis en exergue un paradoxe : dans de nombreux cas, l’isolement forcé a eu plus d’impacts négatifs sur la santé psychique et physique des individus que la promiscuité subie. En effet, bien que la surdensité au sein des logements ait été pénible voire traumatisante dans de nombreuses situations, se sentir soudés, regroupés dans la difficulté et dans la peur, a été majoritairement vécu comme sécurisant. L’appartenance à une famille, à un collectif social, à une communauté spatiale a eu des répercussions positives directes sur la santé et sur la longévité des individus. Face à ce constat, les psychologues urbains ont relevé de nombreuses pistes de réflexion pour améliorer le bien-être en ville.

Le contact humain, un facteur de bien-être indiscutable

Une interaction en face à face libère toute une cascade de neurotransmetteurs qui favorisent la confiance, réduisent le stress, tempèrent la charge mentale, tuent la douleur et provoquent le plaisir. Ces effets physiologiques scientifiquement observés se révèlent être la raison pour laquelle les taux de démence sont les plus bas parmi les personnes socialement engagées.

Lorsque Susan Pinker, psychologue clinicienne, s’est interrogée sur le nombre important de personnes centenaires en Sardaigne et sur l’espérance de vie qui y est largement supérieure avec le reste de l’Italie ou l’Amérique du Nord, elle a pu remarquer que les liens de sociabilité étaient particulièrement nombreux sur l’île italienne. L’une des principales raisons : la conception des villes, développées sur des bases de « défense et de cohésion sociale » : maisons faiblement espacées, rues et allées fortement imbriquées...

Vivre dans le même espace résidentiel crée des habitudes, des rythmes, des usages et des référentiels communs chez les individus. Ces manières d’habiter se tissent et se développent au sein d’un même environnement jusqu’à former une « culture urbaine » commune aux résident∙es et usager∙ères d’un quartier. Ces opportunités de se croiser régulièrement donc de se protéger mentalement et physiquement doivent être relevées, préservées et comprises afin d’aider les habitants à faire face aux « irritants » du quotidien : bruit, incivilités, etc… C’est pour cela que la psychologie urbaine a été créée.

 

La psychologie urbaine doit aider l’urbanisme à favoriser le lien social

Protéger la « liberté urbaine », qui passe par le bien-être social et spatial, contribuer à sa mise en œuvre, et la mesurer objectivement est la vocation première de la psychologie urbaine.

Outre l’agencement des espaces, il y a une multitude d’éléments de l’ordre du sensible et du spontané qui peuvent interagir avec le bien-être et le lien social en ville.

 

Le meilleur exemple : les rites urbains, ces petites habitudes qui façonnent notre utilisation quotidienne de l’environnement immédiat, les parcours, les petites occupations qui prennent place jour après jour pour devenir réguliers, rassurants et jouer un rôle dans notre attachement au lieu : les cheminements que l’on a l’habitude de suivre, le banc où l’on a l’habitude de s’arrêter, le petit commerce que l’on préfère à un autre, le square par lequel on fait régulièrement un détour, le café où l’on se sent reconnu, voire attendu, etc.

 

C’est pourquoi il est essentiel d’imaginer des ensembles urbains qui favorisent le développement de ces habitudes vertueuses, afin de contribuer à l’amélioration de la qualité de vie urbaine. Pour cela, il est nécessaire que les responsables des collectivités locales fassent appel à des psychologues urbains pour analyser, mesurer, comprendre puis diminuer les facteurs de risques et préserver les facteurs de protection. En fonction de leurs recommandations, les villes pourront favoriser l’épanouissement de leurs habitants et multiplier les conditions qui leur permettent de cohabiter harmonieusement dans un même lieu.

Paroles de maires

RCL
Question :
Un maire, donc OPJ, peut-il l’être en dehors de sa commune ?
Réponses :
Non, il est élu OPJ sur sa commune.
Tous les pouvoirs du Maire en tant que représentant de l'Etat ne lui sont octroyés que sur son territoire.
Non uniquement dans la commune où il est élu maire.

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