Véhicules de fonctionnement : faut-il acheter ou louer ?

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25 novembre 2014

La gestion du parc automobile reste un enjeu important pour les collectivités locales. Lors de la mise en place ou du renouvellement de leur flotte, beaucoup d’acteurs publics sont confrontés au choix de louer ou d’acheter leurs véhicules. Les constructeurs et les centrales d’achat proposent des offres de plus en plus sophistiquées, comprenant des contrats d’entretien, ou encore des extensions de garantie. Des solutions nombreuses, à l’image des multiples besoins des collectivités qui varient selon leur taille et l’utilisation qu’elles font des véhicules.

Achat, location longue durée, leasing avec contrat d’entretien, véhicules écologiques… Autant de choix auxquels sont régulièrement confrontées les directions générales des services techniques qui ont en charge la gestion de la flotte automobile. Quels sont les critères qui incitent une collectivité à louer ses véhicules plutôt qu’à les acheter ? À première vue, le choix semble fonction de l’importance de la taille de la flotte automobile. Une collectivité locale, disposant en interne de services techniques à même d’effectuer l’ensemble des réparations, aura tout intérêt à faire l’acquisition de ses véhicules. L’audit mené en 2010 par la mairie de Nantes est sans appel (cf. article) : la rentabilité comparée entre achat et location donne l’acquisition largement gagnante. À titre d’exemple, pour un loyer mensuel de 170 euros, un véhicule de catégorie A (type Renault Clio) loué pour une durée de 5 ans, reviendra, in fine à 10 200 euros. L’acquisition de ce même véhicule, (hors remise éventuelle liée à l’eff et de volume) sera facturée par le fabricant environ 10 500 euros. Si la durée de détention dépasse les 5 années, l’acheteur semble largement gagnant. Au sein de la région Alsace, le choix s’est porté sur l’achat pour l’ensemble des véhicules qui composent la flotte (49 véhicules légers, 46 véhicules utilitaires et 13 véhicules techniques). Même si la collectivité renouvelle ses véhicules tous les cinq ans, soit l’équivalent d’une location longue durée, la stratégie d’acquisition a été justifiée par l’utilisation des véhicules : « En moyenne, chaque véhicule effectue près de 30 000 km par an. Étant donné ce volume, il est beaucoup plus intéressant pour nous de louer que d’acheter, d’autant que nous disposons en interne d’une équipe dédiée à l’entretien de la flotte », détaille François Mengin-Lecreulx, adjoint au directeur général des services de la région Alsace.

Etre en phase avec les évolutions technologiques et législatives

Pour autant, les critères de coût et de rentabilité ne sont pas les seuls à être pris en considération. D’autres éléments sont analysés. Tout d’abord, l’utilisation qui est faite des véhicules et notamment des véhicules légers.
Ainsi, par exemple, à la mairie de Bordeaux, le choix à été porté sur une stratégie mixte : les véhicules légers sont loués, alors que les utilitaires appartiennent à la collectivité, « de sorte à ce que nos agents circulent toujours dans des véhicules en très bon état, ce qui participe à l’image de la ville », détaille Laurent Monesma, chef de service parc automobile.
Autre élément avancé, la conformité aux normes qui sont sans cesse en évolution.
Récemment, la loi de transition énergétique s’est donnée pour objectif le remplacement d’un véhicule sur deux par un véhicule propre. Difficile, dans le cas d’un achat, d’être conforme aux évolutions de la législation : « la location longue durée, en revanche, offre la possibilité d’un changement tous les 5 ans. Une façon d’être plus au fait des évolutions technologiques », analyse un élu.

Contrats d’entretien : une addition qui peut vite devenir considérable

Un bémol, néanmoins : le coût d’entretien des véhicules loués. Du coté des constructeurs automobiles, les offres à destination des collectivités et des professionnels fleurissent. Au cours des dernières années, de nombreux services ont vu le jour : extension du délai de garantie, contrats d’entretien étendus… « À mon sens, cette stratégie peut s’avérer gagnante si et seulement si la collectivité ne dispose pas en interne d’un service dédié. Dans le cas contraire, ce type de prestation peut faire doublon », analyse Laurent Monesma à la mairie de Bordeaux. Car, in fine, les contrats d’entretien ont un coût réel : il faut compter entre 30 et 50 euros par mois et par véhicule. Ce tarif ne comprenant ni les grosses réparations, ni les changements de pneus.

 

Certaines collectivités disposent d'un atelier pour l'entretien de leurs véhicules

 

Des considérations budgétaires et fiscales à prendre en compte

Enfin, parmi les éléments à prendre en compte : la fiscalité et la comptabilité. En acquisition, une collectivité locale bénéficiera d’une restitution d’une partie de la TVA. Cela étant, d’un point de vue comptable, la location permet de passer les dépenses en frais de fonctionnement et non en dépense d’investissement. C’est une des raisons qui motive également parfois les collectivités à faire le choix de la location : « une façon d’accroître leur flotte sans pour autant ponctionner dans leur budget d’investissement », analyse un professionnel. Dans les faits, chaque collectivité semble ajuster en fonction de ses impératifs. Ainsi, au sein de la région Alsace ou le choix s’est porté sur l’acquisition de véhicules, François Mengin-Lecreulx précise : « les rares disponibilités budgétaires que nous avons sont en investissement et non en fonctionnement. C’est aussi une des raisons qui explique pourquoi notre choix s’est porté sur l’achat et non sur la location. »

Chloé Consigny

Paroles de maires

RCL
Question :
Un maire, donc OPJ, peut-il l’être en dehors de sa commune ?
Réponses :
Non, il est élu OPJ sur sa commune.
Tous les pouvoirs du Maire en tant que représentant de l'Etat ne lui sont octroyés que sur son territoire.
Non uniquement dans la commune où il est élu maire.

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