Les labels touristiques, des gages de qualité ?

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10 juin 2016

Les labels touristiques sont, pour les voyageurs, des éléments souvent indissociables d’un périple réussi. Mais quid des enjeux ou encore des obligations auxquels les communes doivent faire face afin d’acquérir ou conserver leurs labels ?

 

Il y a les incontournables. Qualité Tourisme, Pavillon Bleu, Tourisme & Handicaps font partie du paysage pour ne citer qu’eux. De petits nouveaux font leur apparition tels que Destination Rando ou encore Écojardin. Et il y a enfin les plus inattendus, comme les Villes sanctuaires en France ou les Petites Cités de caractère. L’ensemble des labels touristiques cohabitent et permett ent à des sites, des villes, des territoires, d’affi rmer leurs spécificités. Ils constituent, le plus souvent, un véritable gage de qualité pour les touristes tout en répondant au levier économique incontestable qu’ils représentent pour les communes qui décrochent le sésame.

Des labels prometteurs

S’ils font rêver bon nombre de communes, les labels ne se décrochent pas si aisément. Chaque label a, naturellement, ses processus de sélection, ses délais et ses coûts propres, qui sont d’ailleurs rarement élevés. Ce qui peut coûter cher, en revanche, ce sont les aménagements consentis pour obtenir ou conserver un label. Pour les Villes et Villages fleuris, par exemple, l’un des plus célèbres labels, « la démarche est gratuite », nous explique-t-on au sein de l’association. « Mais il est certain que, pour obtenir le label, il va falloir investir afin de créer des espaces verts, les entretenir etc. » Et emprunter, également, ce qui s’apparente à un parcours du combattant : « Les communes soumettent leur candidature à l’échelon départemental, où s’effectue un premier tri. Celles qui sont choisies sont ensuite présentées à un comité régional, stade auquel sont att ribués les labels 1re, 2e et 3fleurs. Ensuite, c’est un comité national qui va décider des labels 4 fl eurs. Plus de 10 000 communes françaises ont souhaité obtenir le label en 2014. Cela représente tout de même 27 % des communes fr ançaises ! Mais les critères sont très stricts : il faut par exemple mener des actions d’animation et de promotion de cette démarche auprès de la population, mettre en place des modes de gestion pour entretenir ce patrimoine en respectant les ressources naturelles et la biodiversité, ainsi que des actions complémentaires pour favoriser la qualité des espaces publics… Bref, au bout du compte, en 2014, seules 4 509 communes ont été labellisées ». Parmi elles, 227 ont obtenu la récompense suprême : quatre fleurs. « Mais chaque année, tout est remis en jeu, il faut donc maintenir l’effort au risque d’être déclassé… 34 communes l’ont été l’an passé, contre 90 en 2013 » conclut un des responsables de l’association.

Labellisation, bonne ou mauvaise affaire ?
À l’image de ce qu’explique Charlotte Peltier, de l’office du tourisme de Châteaugiron, avoir un label, en l’occurrence celui des Petites cités de caractère, est « un véritable argument, et le fait qu’il soit peu donné le renforce. Les touristes nous le font remarquer, y compris ceux qui viennent de l’étranger. » Le label Plus beaux villages de France, par exemple, assurerait une
hausse de la fréquentation touristique allant jusqu’à 30 % ! Pourtant, tout le monde ne se bat pas pour l’obtenir. Certaines communes renoncent même à ce label. À Saint-Lizier, dans l’Ariège, on a ainsi abandonné fin 2013 le précieux panneau, qui attirait jusqu’à 30 % de touristes en plus. Officiellement, il s’agissait de favoriser le commerce face au tourisme, secteur jugé
plus porteur. Off cieusement ? « Bien plus que les 4 500 € d’adhésion au label, ce sont les millions qu’il aurait fallu verser pour rénover le village et conserver le label qui nous ont effrayés », explique-t-on à la mairie. « Nous avions d’autres priorités, nous n’étions pas prêts à conserver le label à n’importequel prix. »
 
Conclusion
Avoir un label est, bien souvent, la garantie d’une fréquentation touristique en hausse. Les communes sont donc nombreuses à les solliciter, mais ne peuvent compter uniquement sur eux pour leur développement. Ils peuvent attirer les touristes, pas les convaincre de rester si les lieux ne sont pas réellement à la hauteur. De surcroit, certains labels obligent à de
telles dépenses qu’ils peuvent s’avérer, infine, bien plus coûteux que rentables… 
 
Gaspard Darès & Liorah Benamou

Paroles de maires

RCL
Question :
Un maire, donc OPJ, peut-il l’être en dehors de sa commune ?
Réponses :
Non, il est élu OPJ sur sa commune.
Tous les pouvoirs du Maire en tant que représentant de l'Etat ne lui sont octroyés que sur son territoire.
Non uniquement dans la commune où il est élu maire.

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