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"Le dispositif réglementaire français est très centré sur la concertation"

Non classé
31 mai 2012

Entretien avec …
Philippe Vignal,
Directeur Général de WPD

Comment percevez-vous l’évolution de l’éolien terrestre et offshore ?
Lorsque nous avons démarré l’éolien en France, il a fallu réaliser tout un travail d’explications sur cette nouvelle énergie en direction des populations locales, des élus et des services de l’état. En particulier, il a fallu combattre les idées reçues, très caricaturales, mais nous en sommes sortis en grande partie.

Et pourtant si l’éolien est bien mieux appréhendé aujourd’hui, il n’est pas pour autant plus facile d’implanter un parc. Bien au contraire. Nous devons faire face à un effet de sur-réglementation qui rend à la fois les autorisations difficiles à obtenir et favorise les possibilités de contestation et de recours. Il faut compter aujourd’hui entre 4 et 7 ans, voire 10 années, pour mener à bien un projet éolien. C’est extrêmement long et complexe. Sans compter qu’entre temps, la technologie évolue...

Du côté de l’éolien offshore, la société WPD a participé à l’appel d’offres lancé par la France il y a deux ans. Nous avons été retenus sur deux zones, en partenariat avec EDF Energies Nouvelles, Alstom et Dong, l’énergéticien Danois. Ces parcs devraient voir le jour en 2017. Le défi est d’autant plus important que la technologie n’est pas encore mature. Il faut par exemple faire face à la complexité de la maintenance en mer ; les contraintes sont plus élevées, les aérogénérateurs sont mis à rude épreuve en raison de conditions marines souvent plus difficiles. Là aussi, à nouveau, il faut combattre les idées reçues, répondre aux légitimes questionnements et aux inquiétudes des pêcheurs, des élus locaux et des habitants. Quant à l’installation et au raccordement au réseau électrique, ils coûtent plus chers, ce qui suppose des projets de plus grande ampleur pour amortir des investissements économiques très importants.

Quelles sont les clés de la concertation au plan local ?
Le dispositif réglementaire français est déjà très centré sur la concertation. Plus d’une vingtaine de services de l’état sont amenés, chacun dans leurs domaines, à se prononcer sur un projet éolien. De plus, chaque projet éolien est soumis à enquête publique ; les zones dans lesquelles peuvent être implantés les parcs sont décidées par les schémas régionaux qui eux-mêmes font intervenir énormément d’acteurs locaux, des associations ainsi que les populations concernées. Les schémas sont eux aussi soumis à enquête publique. Là encore les populations peuvent s’informer et faire part de leurs observations.

Chez WPD, tout au long de la vie d’un projet, nous organisons des réunions d’information et de concertation. Nous sommes attachés à associer le plus grand nombre d’acteurs locaux à nos projets éoliens pour assurer la réussite d’un véritable projet territorial partagé. Le paysage et l’acoustique restent les sujets les plus évoqués.

Quels dispositifs économiques, financiers et fiscaux pourraient contribuer à dynamiser la filière éolienne ?
Il faudrait avant tout simplifier les procédures administratives. Aujourd’hui, les zones de développement éolien (ZDE) sont superflues. Je pense que les schémas régionaux sont la bonne échelle pour planifier le développement de l’éolien et prévoient la concertation nécessaire.

Quant à cette règle qui interdit l’implantation de parcs éoliens de moins de cinq mâts, elle est incompréhensible. Des parcs de deux, trois ou quatre éoliennes s’intègrent parfaitement dans de nombreuses zones, notamment celles à habitat diffus comme il en existe beaucoup en Bretagne. Or, ce potentiel de développement est inexploité. L’éolien est une énergie renouvelable, décentralisée, de proximité qui représente un intérêt réel d’un point de vue énergétique et économique pour ce type de territoire. D’un point de vue fiscal, il est important que soit garanti un dispositif qui permette des retombées directes aux collectivités locales qui accueillent les parcs éoliens sur leur territoire.

Un tarif de rachat à la baisse et une fiscalité à la hausse ne sont aujourd’hui plus compatibles avec le développement de l’éolien et ne permettront pas d’atteindre les objectifs que s’est fixés l’Etat français.

Quelles perspectives pour ce secteur ?
L’énergie éolienne a vraiment vocation à devenir compétitive sur un marché libre à moyen, voire à court terme. Elle se développe très fortement sur les cinq continents où ses qualités sont partout reconnues pour répondre aux défis de notre siècle.

En France, il ne faudrait pas que les progrès de cette technologie soient effacés par une surrèglementation et une surimposition. Les pouvoirs publics doivent accorder à l’éolien sa juste place en évitant ce « millefeuilles » administratif et réglementaire qui est perçu comme un véritable frein par l’ensemble des acteurs concernés.

Ne l’oublions pas : l’éolien est une énergie de lutte contre le réchauffement climatique, elle ne produit aucun déchet, elle est recyclable et participe à l’indépendance énergétique de notre pays. Elle est inépuisable, compétitive et créatrice de nombreux emplois locaux. A ce titre, il est essentiel de favoriser son épanouissement.

 

Propos recueillis par Blandine Klaas

Paroles de maires

RCL
Question :
Bonjour, comment gérez-vous les véhicules ventouse ? Malgré le signalement à la gendarmerie, le propriétaire ne déplace pas son véhicule. Si nous appelons la fourrière les frais seront pour la commune. Merci pour vos conseils.
Réponses :
Avoir nos rues avec des voitures poubelles qui les encombrent et prennent des places de stationnement n’est terrible. Il n y a pas de solution miracle. Quand il y a une plaque d'immatriculation : appel à la gendarmerie, identification du propriétaire (souvent en région parisienne), recommandé, délai d’un mois pour répondre. Sans réponse et selon l’état de la voiture, prise de photos, constat rédigé par mes soins et épaviste... Je préfère ne pas faire payer les habitants de mon village.
Nous sommes élus et nous nous devons de rester dans la légalité. Je crois qu'il faut identifier le propriétaire du véhicule et lui envoyer un courrier recommandé en l'obligeant à enlever son véhicule sinon le véhicule sera mis en fourrière et les frais seront à sa charge. Si les élus ne respectent pas les lois, c'est donner une mauvaise image de nous et nous ne devons pas être étonnés si nous sommes de moins en moins respectés.

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