La viabilité hivernale : toute une organisation

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11 septembre 2014
                                           Les conditions météorologiques particulières de l’hiver entraînent la mise en place d’un dispositif spécifique pour assurer le maintien de la circulation. C’est la viabilité hivernale, avec son lot de mesures particulières pour assurer la sécurité et l’entretien des routes.
 
La viabilité hivernale demande une logistique élaborée et la mise en oeuvre d’importants moyens humains et matériels pour assurer la sécurité des usagers de la route. Les services de Limoges Métropole et de la ville ont activé le dispositif de viabilité hivernale le 25 novembre dernier. Jusqu’au 10 mars 2014, en fonction des alertes météorologiques annonçant des chutes de neige ou du verglas, une astreinte permanente sera activée pour déclencher les opérations de salage et de déneigement. En semaine, une équipe de 111 agents est susceptible d’intervenir pour le service hivernal – agents de la direction des infrastructures routières, du parc automobile, des espaces verts, d’autres services techniques municipaux… En soirée, le week-end ou les jours fériés, une équipe de 15 agents sera en astreinte viabilité hivernale. En cas d’alerte et après signalement, les équipes de la direction des infrastructures routières et du parc automobile principalement seront ainsi en mesure d’intervenir rapidement grâce aux sept saleuses et aux six tracteurs dont elles disposent. L’intégralité du réseau ne pouvant être traitée simultanément, l’intérêt collectif est privilégié. Aussi, les grands axes structurants de la ville, les voies d’accès aux services de secours et les axes empruntés par les transports en commun seront pris en compte en priorité.

 

Par ailleurs, la ville de Limoges met également à la disposition des riverains des bacs à sel pour leur permettre, en cas de neige, de saler leurs rues et leurs trottoirs. 169 bacs à sel sont prévus cette année (contre 163 en 2012), installés sur l’ensemble du territoire communal. Ils sont régulièrement réapprovisionnés par les services de la voirie.

Avec la présence de neige ou de verglas, l’état des routes et autoroutes se dégrade et, sans l’intervention des équipes déployées par les gestionnaires de voirie, les possibilités d’emprunter le réseau seraient fortement réduites, voire inexistantes. Ces interventions visent à garantir aux usagers de la route des conditions optimales de sécurité et de mobilité. Le département de la Haute-Vienne, la direction interdépartementale des routes du Centre-Ouest (Dirco) et la ville de Limoges se sont entendus pour que leurs équipes amenées à emprunter une portion de route d’un autre gestionnaire en assurent le déneigement. Le département a passé des conventions avec les communes d’Isle, Eyjeaux, Saint-Junien, Saint-Yrieix-la- Perche, Compreignac, Jabreilles-les- Bordes, Rempnat, Bonnac-la-Côte, Beaumont-du-Lac, Eymoutiers, Peyrilhac, Verneuil-sur-Vienne, Couzeix et Limoges pour que les services de voirie départementaux et communaux puissent intervenir rapidement avec leurs matériels en fonction des moyens de chacun.

Les axes importants traités en priorité

Le plus difficile, pour une collectivité, reste de trouver le point d’équilibre entre l’importance des moyens matériels et humains et les inconvénients qu’entraînerait une dégradation des conditions de circulation. Tous les axes routiers ne peuvent être surveillés et entretenus ni de la même manière, ni dans les mêmes délais. En hiver, les routes sont traitées par ordre de priorité, en fonction de leur importance pour le bon fonctionnement économique des territoires. Dans un premier temps, ce sont les axes stratégiques qui sont dégagés. Dans un deuxième temps, les routes secondaires. Les centres techniques assurent ainsi un maillage progressif du réseau routier, facilitant les déplacements, tout en cherchant à offrir dès que possible au moins une route d’accès à chaque village.

Le conseil général de la Haute- Vienne, afin de rationaliser son intervention, a choisi de classer ces voies en 2 catégories : un réseau principal et un réseau secondaire, impliquant 3 niveaux d’intervention. Classées en catégorie 1, la quasi-totalité des 1 058 km de routes principales est traitée prioritairement. Il s’agit des grands axes économiques en direction de Limoges et du réseau primaire de désenclavement, qui irrigue le territoire et relie les chefs-lieux de canton. Cette catégorie fait elle-même l’objet d’un découpage en priorité 1 et 2, correspondant à l’ordre de traitement par les antennes techniques des maisons du département. Aucun point du département ne se trouve à plus de 10 kilomètres d’une route de ce réseau principal ou d’une route nationale.

Classé en catégorie 2, le reste du réseau est dégagé à son tour, dès que des moyens peuvent y être affectés. L’expérience montre que, hors situation exceptionnelle, l’ensemble du réseau principal peut être praticable le jour même, et le reste du réseau secondaire 48 heures après l’arrêt d’une chute de neige. C’est dans ce cadre que les équipes suivent différents niveaux de service, selon la fonction de l’axe routier (importance du trafic, importance économique des itinéraires…), l’heure de la journée et les contraintes météorologiques.

Une excellente coordination entre tous les gestionnaires de réseaux routiers et autoroutiers et les forces de l’ordre et de secours est un élément essentiel au bon fonctionnement du dispositif dans les situations météorologiques difficiles. Des plans spécifiques de gestion du trafic sont établis à l’avance et, si nécessaire, mis en oeuvre : ce sont les plans intempéries. Ils sont soit départementaux, soit interdépartementaux et sont déclenchés soit par le préfet de département soit par le préfet de zone de défense. Ces plans ont pour principal objectif d’assurer l’écoulement du trafic et la sécurité des personnes, en évitant le blocage des axes routiers et autoroutiers.

François Boutard est responsable de l’exploitation et de la gestion du domaine public à la direction des routes du département de l’Ain. Il est en charge de la rédaction du dossier d’organisation de la viabilité hivernale et coordonne les actions des services concernés. « Nous préparons très en amont le dossier d’organisation de la viabilité hivernale. Ce document installe le cadre général des interventions en déterminant en premier lieu les niveaux de service des routes, les supports et le rôle des agents. Dans le département de l’Ain, nous avons cinq niveaux de services. Le choix des axes a été fait principalement en fonction des niveaux de trafic, de la présence de lieux de transports en commun et de dessertes économiques. Il faut que les habitants puissent continuer à se déplacer. Nous essayons de traiter l’ensemble du réseau routier, avec des priorisations et des temps de recours différents selon la nature du réseau. Le réseau prioritaire représente environ 300 kilomètres de voies sur lesquelles nous intervenons en permanence pour y avoir un niveau normal de circulation ».

C’est dans les six agences routières techniques que des plans d’intervention de la viabilité hivernale seront élaborés avec expertise et moyens nécessaires mis en oeuvre pour chacun des circuits afin de répondre aux objectifs du dossier d’organisation de la viabilité hivernale. Environ 120 véhicules sont affectés au déneigement des routes sur l’ensemble du département, la plupart des véhicules étant équipés d’une lame à l’avant ou d’une étrave pour pousser la neige et d’une saleuse à l’arrière.

« Notre matériel est dimensionné en fonction des spécificités géographiques explique François Boutard. Nous avons une route à plus de 1 500 m d’altitude avec de gros problèmes de neige chaque hiver, ce qui n’est pas le cas en plaine sur la vallée de la Saône. Ce n’est pas un problème, juste une spécificité de notre département à laquelle nous nous adaptons ».

Grâce à un marché de fourniture des données météo auprès de Météo France, les prévisions météo par secteur géographique sont délivrées aux responsables d’astreinte. « En fonction des informations que nous recevons, des patrouilleurs sont déployés sur le terrain pour mesurer les températures de surface et faire un état des lieux de la situation. Selon les résultats, des agents d’astreinte déclencheront ou non des interventions ». Depuis l’an dernier, le site internet etatdesroutes.ain. fr complète le dispositif avec la météo dans les différentes zones du département et l’état du réseau routier.

Les prévisions météorologiques au coeur du dispositif

Pour être efficace, l’organisation des interventions de viabilité hivernale nécessite de bonnes prévisions des phénomènes météorologiques. La formation de neige dans l’atmosphère dépend de nombreux paramètres (température de l’air, teneur en vapeur d’eau dans l’air…) dont la fluctuation, même infime, peut modifier l’état de la précipitation et provoquer de la pluie au lieu de la neige.

Ainsi, malgré les progrès technologiques, les moyens mis en oeuvre et les compétences des prévisionnistes, la neige reste, et restera longtemps encore, un phénomène très difficile à prévoir selon Dominique Lapeyre de Chavardès, directeur commercial adjoint de Météo-France : « La prévision météorologique, comme toutes les prévisions, est une discipline scientifique probabiliste, on n’est jamais certain d’une prévision à 100 %. Il est très important que nos experts communiquent à leurs utilisateurs le niveau d’incertitude que nous avons. Ceci afin qu’eux-mêmes disposent d’une marge d’appréciation. Une prévision à 24 heures permet aux équipes d’intervention de se préparer et mettre en place les équipements. Au fur et à mesure, les informations se précisent et permettent de cadencer les interventions. La durée prévue de l’événement et bien sûr son intensité sont des données très importantes. De ces deux éléments dépendra l’efficacité de l’intervention ».

À Météo-France, le pôle « Routes » de Toulouse assure les activités de recherche et la production de prévisions spécifiques, et les sept directions interrégionales sont spécialisées dans la prévision- conseil aux utilisateurs.

« Nos prévisionnistes connaissent parfaitement les enjeux propres de la viabilité hivernale. Avec chaque utilisateur, ils reviennent sur les événements météo survenus au cours de l’année écoulée et la gestion de ces derniers. Cette démarche vise à améliorer nos services en permanence. Nous organisons également, chaque année des sessions de formation complémentaires pour les prévisionnistes- conseils, durant lesquelles interviennent les utilisateurs de nos services à savoir des chefs de district, des responsables de la viabilité hivernale dans les conseils généraux, communes, communautés d’agglomération et directions interdépartementales des routes et même les sociétés d’autoroutes ». C’est une relation de confiance que Météo- France entretient avec ses clients. « Nous ne sommes pas le seul acteur de la prévision météo en France ; mais si l’entreprise exerce une position dominante, c’est parce que depuis longtemps, elle a fait de la viabilité hivernale un véritable enjeu. »

 

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Question :
Un maire, donc OPJ, peut-il l’être en dehors de sa commune ?
Réponses :
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Tous les pouvoirs du Maire en tant que représentant de l'Etat ne lui sont octroyés que sur son territoire.
Non uniquement dans la commune où il est élu maire.

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