Essonne - La commune des Molières se convertit au court-voiturage

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01 juin 2017

Des lignes de court-voiturage gérées grâce à une nouvelle application mobile devraient permettre aux habitants de rejoindre plus facilement la gare située à 4 kilomètres de la commune.

 

La mobilité pour les habitants des Molières est parfois problématique », reconnaît le maire de cette commune rurale de l’Essonne, Yvan Lubraneski. Les Molières se trouvent à 4 kilomètres de la gare la plus proche, située dans le département limitrophe des Yvelines. Le réseau de transports en commun pour s’y rendre est relativement modeste avec quelques bus seulement répartis sur une amplitude horaire relativement faible. C’est à l’occasion d’un conseil des Sages que l’idée de se tourner vers une solution de covoiturage prend forme. C’est alors que l’équipe municipale fait appel à Karos pour compenser l’absence de réseau structurant et faciliter la mobilité de ses habitants.

L’entreprise, qui jusqu’à présent avait développé une application pour les trajets domicile-travail, a accepté d’accompagner la commune dans sa quête de moyens de déplacement complémentaires. L’application proposée présente un avantage selon le maire : « il s’agit de la seule application capable de proposer des trajets combinant court-voiturage et transports en commun traditionnels (métro, train de banlieue, RER et tramway) ». L’été dernier en effet, l’application Karos devenait « multimodale » en intégrant le réseau du Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif) à ses calculs d’itinéraires et le court-voiturage au Pass Navigo, la carte de transport utilisée pour les déplacements en Île-de-France. Une attitude du Stif extrêmement bienveillante selon Yvan Lubraneski : « le réseau structurant ne suffit pas et le Stif ne peut développer des lignes à l’infini. Il n’en a pas les moyens. Les responsables du syndicat des transports ont compris que le covoiturage, dans de nombreux cas, permet de rabattre les usagers vers les réseaux de transport collectif ». Ainsi, avec leur carte de transport habituelle, les habitants de la commune pourront profiter des services de court-voiturage. Un réseau de covoiturage de proximité parfaitement intégré dans la chaîne de mobilité globale se crée grâce à la multimodalité.

Pas d’investissement majeur pour la commune

Déployer des lignes de court-voiturage se révèle plus rapide et beaucoup moins coûteux qu’une ligne de transport permettent de générer des réseaux de mobilité sans aucun investissement en infrastructures et à moindre coût, puisque les routes, les véhicules et les conducteurs sont déjà là », explique-t-on chez Karos. Le partenariat entre l’entreprise et la commune prend la forme d’une expérimentation qui se déroulera sur une année, pour laquelle la commune déboursera la somme de 2 000 euros. « Nous versons cette somme au titre des prestations de communication qui comprennent les pancartes, les flyers, les affiches, et des journées d’animation sur la commune à l’occasion du forum des associations et de la brocante annuelle du 1er mai », précise le maire. « Nous allons lancer une véritable incitation au covoiturage. L’application nous permet de sécuriser la démarche à travers la création d’une communauté propre aux Molières », ajoute-t-il. Mieux encore, il entend tirer profit des quelque 15 000 véhicules qui chaque jour traversent la commune et pourraient, eux aussi, participer à ce dispositif. « Nous sommes traversés par deux routes départementales. C’est une nuisance en termes de cadre de vie. Cela coûte très cher à la commune de faire en sorte que ces routes soient entretenues et d’en assurer la sécurité. Cependant, ces voyageurs qui nous aident déjà à faire vivre nos commerces pourraient aussi contribuer à améliorer la mobilité de nos habitants », explique Yvan Lubraneski. Une grande campagne de communication est déjà prévue à leur intention. Le service proposé par Karos est simple et flexible, mais en partie destiné aux 600 habitants de la commune qui se rendent quotidiennement sur leur lieu de travail. Reste encore à répondre à une autre demande de mobilité : celles des travailleurs en horaire décalé, des jeunes et des personnes âgées. Dans quelques mois, la commune disposera d’un minibus, financé par la communauté de communes. Comme le précise le maire, « ce véhicule n’aura pas vocation à desservir une ligne de transport régulière ». Son conducteur remplira de nombreuses missions d’agent de la voie publique et pourra à ce titre répondre à certaines demandes de transport de la part des habitants.

Communiquer sur le dispositif

Faire connaître les nouveaux services de mobilité auprès de la population âgée qui manie peu les nouveaux outils de communication relève d’un autre défi pour le maire de la commune. Un courrier de présentation du court-voiturage leur sera adressé. Ils disposeront d’un numéro de téléphone à composer en cas de problème pour se déplacer. « Nous essayerons de répondre à la demande. C’est ainsi que nous ferons démarrer le service auprès d’eux », explique le maire qui réfléchit encore à la manière la plus efficace de toucher les plus jeunes, un autre public particulier : « Nous réfléchissons encore à la manière dont nous pourrions les sensibiliser à ce nouveau service. Un système de SMS ou peut-être Facebook que nous utilisons régulièrement pour communiquer avec eux ».

L’application mise en service mi-avril devrait permettre, à terme, de répondre aux attentes des administrés. Et si la commune a fait le choix de lancer cette expérimentation, il n’en demeure pas moins qu’une question cruciale reste en suspens selon le maire : « il s’agira ensuite de savoir qui est le plus à même de développer ce service public de proximité. Même si nous en sommes les pionniers et lançons l’expérimentation, il serait normal que les intercommunalités en Île-de-France prennent le relais, c’est leur compétence, en lien bien évidemment avec le Stif et pourquoi pas avec les départements. C’est une discussion que nous menons entre élus. Nous faisons notre expérimentation, mais tout ceci a vocation à être contractualisé au niveau de grands ensembles. C’est ce que nous attendons ».

 

Paroles de maires

RCL
Question :
Un maire, donc OPJ, peut-il l’être en dehors de sa commune ?
Réponses :
Non, il est élu OPJ sur sa commune.
Tous les pouvoirs du Maire en tant que représentant de l'Etat ne lui sont octroyés que sur son territoire.
Non uniquement dans la commune où il est élu maire.

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