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BOUZIANE OUAHBA l’anticipateur

Les acteurs
09 septembre 2020

Son expérience passée dans la gestion des inondations a donné à l’actuel directeur général des services (DGS) de Plougastel- Daoulas (29), une solide expérience de la gestion de crise, qu’il met aujourd’hui au service de sa ville.

RCL: Vous êtes la première cheville ouvrière dans la gestion de la crise du COVID-19. Comment vous mobilisez-vous ?

Bouziane Ouahba : Avant tout, par ma présence physique à la mairie où, tous les jours, la cellule de crise que nous avons montée dès le commencement du confinement se réunit. Car depuis le début de la crise sanitaire, le travail se réinvente au quotidien tant sur les sujets à l’ordre du jour que sur les méthodes de travail, puisque nous avons adopté dans l’urgence et pour la majorité des agents, le télétravail, sans aucune expérience.Très vite nous avons réfléchi à un plan de continuité d’activité que l’on a mis en place dès le mardi 17 mars, à midi. Car il s’agit, bien sûr, d’assurer la continuité des services publics, enregistrements des naissances, des décès..., mais également le paie- ment des agents et des factures, et de fournir le soutien financier nécessaire aux personnes en difficultés. Plus précisément, chaque matin, la cellule de coordination se réunit autour du maire de la ville, pour définir ensemble la feuille de route quotidienne. Nous balayons tous les sujets et prenons les décisions que je mets en application l’après-midi. Je suis donc en contact avec tous mes agents par téléphone ou par mails. Et la visioconférence est devenue notre quotidien.

Vous êtes vous déjà senti dépassé par le flot d’informations et toutes les nouvelles mesures obligatoires à mettre en place ?

B. O. : Pour l’heure, notre capacité à anticiper, comme la fermeture de la mairie, dès le premier jour du confine- ment, nous a permis une meilleure ges- tion de la crise. De même pour les kits de protection. Nous avions commandé des masques et du gel hydroalcoolique auprès des entreprises locales, ce qui nous a permis de faire face aux besoins du personnel hospitalier, mais aussi des commerçants et de nos agents sur le terrain.

Plus précisément, comment avez- vous géré la distribution de masques ?

B.O. : Nous avions déjà un stock que nous avons gonflé par un appel aux dons qui a fonctionné au-delà de nos espérances et des commandes auprès d’une entreprise locale. Via une plateforme que nous avons créée pour l’occasion, nous avons pu partager ce stock avec les communes voisines. Dominique Cap, maire de la ville, a également lancé l’opération « les couturières de Plougastel ». Nous avons réuni un collectif de 50 couturières avec un objectif de fabriquer 6 000 masques dans un premier temps, que nous nous apprêtons à dé- poser dans la boîte à lettres de chaque habitant de la ville. Et en parallèle, grâce à l’ensemble des DGS de la métropole, avec qui nous sommes en contact en temps réel via un compte whatsApp, nous avons pu collecter 10 000 gants et 2000 blouses que nous avons distribués en priorité au personnel hospitalier.

Quel est votre plus ?

B.O. : La communication en temps réel avec mes agents qui est essentielle en période de crise. Mais aussi avec la po- pulation. D’ailleurs, le maire lance dans les prochains jours son Facebook live. Les habitants pourront lui poser toutes leurs questions.

Propos recueillis par Danièle Licata

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