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Stéphane Demilly, sénateur de la Somme, érige la lutte contre les incivilités au rang de priorité

Les acteurs
17 février 2022

A la veille de la Présidentielle, il est crucial pour le sénateur de la Somme, ancien député-maire d’Albert (80) que le Gouvernement s’empare de la lutte contre les incivilités, un grand chantier citoyen.

Qui n’a jamais froncé les sourcils et interrompu sa discussion à la terrasse d’un café, gêné par les décibels pétaradants d’un booster trafiqué ou d’une voiture dont le conducteur, vitres baissées, était heureux de vous faire partager son goût pour la techno ?

Qui n’a jamais soupiré en constatant que son voisin avait sorti son container à poubelles une heure après le passage du camion de ramassage, histoire de diversifier le mobilier urbain ? Qui n’a jamais pesté en voyant un automobiliste profiter du feu rouge pour jeter sa cigarette dans la rue (quand ce n’est pas le papier d’emballage du paquet ou tout le cendrier) ? Qui n’a jamais rongé son frein dans un train lorsqu’un voisin de voyage vous associait indirectement à sa communication téléphonique ?

J’arrête là cette litanie de questions. Vous risqueriez de couper court à cette lecture en me qualifiant au mieux d’« aigri de la vie », au pire d’ « intolérant réac » Et pourtant, sauf erreur d’introspection naturellement, j’ai le sentiment que ces interrogations sont celles de beaucoup de nos concitoyens. C’est d’ailleurs probablement ce divisionnisme des comportements (pour rester dans la peinture) qui explique cette acceptation fataliste et cette résignation passive !

Et pourtant, tout cela n’est ni anecdotique ni secondaire... C’est probablement la raison pour laquelle plus de 70 sénateurs ont signé ma proposition de résolution dont l’objet est d’appeler le gouvernement à un débat parlementaire sur le sujet.

Une chose est sûre : si on ne traite pas les radicelles de l’incivilité, si on ferme les yeux définitivement sur ces petits comportements inciviques, non seulement on « légitimise » ces irrespects et on encourage les vertueux à ne plus l’être... mais en plus, par effet d’engrenage, on laisse se développer un biotope d’irrespect général des règles élémentaires du bien vivre ensemble. J’ai appris au cours de mes presque trente années de premier magistrat d’une petite ville que le sale attire le sale, que le tag non nettoyé attire le tag, que l’incivilité non résolue attire l’incivilité.

Alors rappelons cette banalité : il n’y a pas de petits gestes quand on est 67 millions à les faire ! Il n’y a pas de petits comportements quand on est 67 millions à les adopter ! Je crois à la prise de conscience individuelle et, pour reprendre la métaphore de Pierre Rabhi, au rôle fondamental du colibri pour éteindre le feu de forêt. J’entends déjà là les défenseurs des libertés individuelles criant au puritanisme et à l’autoritarisme.

Au moment où les projets présidentiels vont être débattus, j’invite les candidats à ne pas commettre une incivilité supplémentaire en mettant cette poussière sous le tapis ! Si ce sujet ne revêt naturellement pas la même priorité que celle liée à la crise sanitaire, au réchauffement climatique, au terrorisme ou encore au déficit budgétaire, ce serait néanmoins une erreur de le considérer uniquement comme secondaire. Le thème de l’incivilité, porteur lui aussi de réactions épidermiques, concerne à la fois notre politique éducative pour faire de nos futurs citoyens des acteurs du civisme, et notre capacité républicaine à faire respecter ces règles élémentaires du quotidien.

C’est pour cela que j’appelle de mes voeux la création d’un secrétariat d’État chargé du Civisme, sous la triple tutelle des ministères de l’Éducation nationale, des Collectivités locales et de l’Intérieur.

Stéphane Demilly

Paroles de maires

RCL
Question :
Bonjour, comment gérez-vous les véhicules ventouse ? Malgré le signalement à la gendarmerie, le propriétaire ne déplace pas son véhicule. Si nous appelons la fourrière les frais seront pour la commune. Merci pour vos conseils.
Réponses :
Avoir nos rues avec des voitures poubelles qui les encombrent et prennent des places de stationnement n’est terrible. Il n y a pas de solution miracle. Quand il y a une plaque d'immatriculation : appel à la gendarmerie, identification du propriétaire (souvent en région parisienne), recommandé, délai d’un mois pour répondre. Sans réponse et selon l’état de la voiture, prise de photos, constat rédigé par mes soins et épaviste... Je préfère ne pas faire payer les habitants de mon village.
Nous sommes élus et nous nous devons de rester dans la légalité. Je crois qu'il faut identifier le propriétaire du véhicule et lui envoyer un courrier recommandé en l'obligeant à enlever son véhicule sinon le véhicule sera mis en fourrière et les frais seront à sa charge. Si les élus ne respectent pas les lois, c'est donner une mauvaise image de nous et nous ne devons pas être étonnés si nous sommes de moins en moins respectés.

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