À Montereau, la cantine coûte 1 € depuis 2015

L'élu et le citoyen
08 février 2019

INITIATIVE. La ville de Seine-et- Marne a plafonné le prix des repas de la cantine scolaire. Cette décision s’est traduite par une ex- plosion du taux de fréquentation. Une décision de justice sociale, selon le maire James Chéron.

L’alimentation est un droit fondamental des enfants », a affirmé Emmanuel Macron, en prélude à la pré- sentation de son plan pauvreté en sep- tembre dernier. Et d’ajouter : « L’accès à la cantine sera rendu plus universel en développant les repas à 1€ pour les personnes les plus pauvres. De nombreux maires ont déjà pris des initiatives fortes en la matière que je salue ».
Parmi ces maires en quête de justice sociale, James Chéron, à la tête de Montereau- Fault-Yonne (77), qui n’a pas attendu le plan pauvreté pour « offrir un service public plus juste qui rende du pouvoir d’achat aux habitants». En effet, depuis septembre 2015, la commune de Seine-et-Marne a plafonné le prix des repas de la can- tine scolaire à 1 €. « Tous les élèves des écoles maternelles et élémentaires ha- bitants la commune paient ce tarif, in- dépendamment du revenu des parents, explique James Chéron. Et pour les fa- milles les plus modestes, elles bénéficient du tarif du quotient familial, et continuent de payer moins de 1€. » Et l’édile de poursuivre: « C’est une question de justice sociale. D’abord, parce que la commune compte bon nombre de travail- leurs pauvres. Mais pas seulement. Pour les familles les plus aisées qui sont au plafond de la tarification, c’est la double peine. Elles sont les plus contributives en matière d’impôts et de taxes, et payaient avant 2015 chaque repas 6€. Enfin, nous avons la garantie d’assurer à chaque enfant un repas complet et équilibré par jour». Alors qu’en parallèle à la tarification unique, la ville s’est engagée à proposer des alter- natives végétariennes aux enfants à chaque repas, Montereau, qui compte 2 700 élèves dans ses écoles maternelles et élémentaires, a vu les enfants affluer dans ses cantines scolaires. « Dès la rentrée 2015 nous avons constaté une hausse de 57 % du nombre d’élèves. Aujourd’hui, les effectifs se maintiennent avec 77 % d’élèves inscrits aux restaurants scolaires, soit 2140 élèves. Sur un an, nous servons aujourd’hui 145 000 repas, contre 92 000 sur l’année scolaire 2014- 2015 », comptabilise James Chéron. Alors que le coût moyen d’un repas, matières premières, personnel et transport compris, s’élève à 9,05 €, c’est la commune qui prend en charge la diffé- rence. « Malgré ce surcoût, nous avons fait le choix de ne pas augmenter les impôts. Le différentiel de 8 € est ainsi financé par le budget communal, soit 1,6 M€ par an », explique le maire. Alors pour financer le budget cantine, la mairie compte chaque euro. Résultat : 1 M€ d’économie par an. Un arbitrage qui se fait sur des dépenses de fonctionnement. « Et puis, la chasse aux économies est devenue notre sport favori », lance fièrement James Chéron.

 

LA SEINE-SAINT-DENIS  OPTE POUR LA GRATUITÉ

Plusieurs communes du 93 ont opté pour « la cantine gratuite pour tous ». À Drancy, chaque midi, plus de 6500 enfants déjeunent à la cantine gratuitement. En effet, la municipalité a décidé d’offrir depuis 2007 à tous les élèves élémentaires, sans condi- tions de ressources des parents, un re- pas équilibré et complet chaque midi. La gratuité du CP au CM2 est déjà appliquée depuis plusieurs années dans d’autres communes, comme Bobigny, Dugny et Le Bourget.

 

Danièle Licata

Paroles de maires

RCL
Question :
Un maire, donc OPJ, peut-il l’être en dehors de sa commune ?
Réponses :
Non, il est élu OPJ sur sa commune.
Tous les pouvoirs du Maire en tant que représentant de l'Etat ne lui sont octroyés que sur son territoire.
Non uniquement dans la commune où il est élu maire.

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