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DOSSIER THERMALISME - Pour stimuler le secteur, des stratégies régionales se mettent en place

Dossier
03 mai 2019

Avec une hausse de 7 % par an, la fréquentation des stations augmente. Une aubaine pour les régions thermales françaises qui peaufinent leurs stratégies de développement et affichent leurs ambitions, dans un secteur qui cherche à se moderniser et se structure davantage.

Première région thermale française, l’Occitanie, avec 188000 curistes, vient de dévoiler un plan élaboré au terme d’un long travail réalisé par le Cabinet Ernst & Young. La région, récemment pointée du doigt par la Cour régionale des comptes d’Occitanie pour son « système fragile », entend bien accompagner ses stations et leur ouvrir de belles perspectives d’avenir. « Les stations occitanes sont très hétérogènes. Il ressort de cette étude qu’elles travaillent peu avec leur environnement et ne mobilisent pas toute la ressource, dont elles disposent en termes d’attractivité, affirme Jean-Louis Guilhaumon, vice-président en charge du Tourisme et du Thermalisme. Or la plupart d’entre elles se situent à proximité de sites prestigieux et pourraient fonder leur démarche sur le soin tout en développant le volet thermoludique. » Autre piste évoquée pour renforcer l’attractivité des stations occitanes, la mise en place de nouveaux registres de compétences en matière de soins comme le surpoids, l’obésité ou le cancer du sein.
Quant à elle, la région Nouvelle-Aquitaine se donne quatre ans (2018-2022) pour renforcer son leadership et mettre en place une stratégie axée autour du thermalisme de santé. Selon Élisabeth Bonjean, conseillère régionale en charge du Thermalisme et présidente du Grand Dax (40), il s’agit principalement de créer une cohérence entre les nombreux acteurs dans la filière thermale et répondre à leurs besoins. Au programme, un accompagnement technique et financier des établissements thermaux, privés pour 85 % d’entre eux, dans une démarche de modernisation et d’amélioration continue « afin de rester compétitif face à la concurrence nationale ». Si la région se place en 2e position en France, les élus sont bien conscients que l’attractivité des stations est centrale dans le choix d’un établissement par le curiste. D’où ce travail collaboratif mené avec les collectivités concernées et les professionnels de la filière pour améliorer dans chacune des stations la signalétique, les transports, l’urbanisme et les infrastructures.
Il est une autre région, Auvergne-Rhône-Alpes, qui ne cache pas ses ambitions. Et si au cours des dix dernières années elle s’était détournée de cette filière pourtant inscrite au cœur de son identité, les élus ont inscrit le thermalisme parmi les cinq axes prioritaires de la politique touristique régionale. Le plan thermal annoncé comporte notamment un soutien d’aide financier à l’investissement de quinze stations sélectionnées via un appel à projets, pour un montant de 20 M€.

FORMATION ET RESSOURCES HUMAINES, UN VOLET CAPITAL
Si la modernisation des équipements et la mise en place d’offres nouvelles doivent permettre d’optimiser la fréquentation des stations, les régions ont identifié d’autres axes de développement tout aussi importants. La formation du personnel, notamment dans un secteur qui compte une cinquantaine de métiers. « Nous travaillons sur la réintroduction de la médecine thermale dans les études de médecine, avec notamment la montée en puissance d’une filière universitaire consacrée au thermalisme », explique Élisabeth Bonjean. La région, la seule en France à disposer d’un hôpital thermal, mène un important travail sur la formation, de façon à anticiper les mutations économiques et adapter les compétences des salariés aux besoins de la filière en pleine mutation. Jean- Louis Guilhaumon confirme le « travail important » à réaliser en termes de formation et d’accueil « de telle sorte que les prestations données atteignent le niveau de qualité souhaité ». Le vice-président d’Occitanie est aussi conscient que les stations doivent innover pour conserver leur attractivité.

LA FILIÈRE DOIT SE MODERNISER ET LES STATIONS SE FÉDÉRER
« Le curiste de 65 ans n’est plus le même qu’il y a trente ans. C’est un curiste connecté, qui se soucie de son bien vieillir, qui a envie d’être en forme le plus longtemps possible et qui s’engage dans une vraie démarche de prévention et d’éducation à la santé, au-delà du curatif », observe Élisabeth Bonjean.
Le thermalisme doit, en effet, évoluer. Les nouveaux curistes sont aussi de jeunes cadres qui se soucient de leur bien-être. « Or, aujourd’hui, il y a un décalage entre ce que l’on est en capacité de proposer et l’image désuète du thermalisme », poursuit Élisabeth Bonjean. Dans sa nouvelle stratégie, la Nouvelle-Aquitaine prévoit de communiquer sur de nouvelles offres – minicures ou cures du soir – destinées à toucher cette nouvelle clientèle. Pour changer définitivement leur image, les stations devront également penser à la modernisation de leurs équipements. Place aussi à l’innovation, très au sérieux en Nouvelle-Aquitaine comme le détaille Élisabeth Bonjean :« En termes de recherche appliquée nous travaillons beaucoup sur le développement de produits de santé, de nouveaux soins, de nouveaux équipements, la valorisation des produits thermaux, l’analyse et le suivi des eaux thermales, la sécurisation de la ressource, avec, bien sûr, les chercheurs associés à cette démarche. »
Les régions ne réussiront toutefois leur pari qu’à une seule condition: fédérer les stations. En Occitanie, les 29 stations désormais regroupées sous la marque Occitanie thermale travailleront en lien étroit avec la Fédération thermale Occitanie, qui coordonnera leurs actions pour éviter toute forme de concurrence et installer des complémentarités. La région Nouvelle-Aquitaine s’appuiera, elle, sur le cluster Aqui O Thermes, qui s’est vu confier l’animation de la politique régionale en la matière. Il rassemble 20 des 29 établissements thermaux de la région, mais aussi des collectivités, des universités, des acteurs du monde de la formation et de la recherche, des hôpitaux et des financeurs. Le tout avec un budget consacré de 25 M€.

LE THERMALISME EN CHIFFRES
770 sources en France, soit 20 % du capital thermal européen.
• Près de 600 000 curistes ont séjourné en moyenne 18 jours dans les stations thermales françaises, en 2018.
100 000 emplois directs, indirects ou induits dépendent du secteur.
• Depuis 2004, plus de 13 M€ ont été consacrés à la recherche thermale.
• 10 % à 25 % du chiffre d’affaires annuel des exploitants sont réinvestis.
• Le produit intérieur brut (PIB) thermal représente plus de 520 M€, dont 44 % reviennent aux budgets publics au titre des prélèvements fiscaux et sociaux.
• 71 % des communes thermales ont moins de 5 000 habitants.
Source : Conseil national des établissements thermaux (Cneth).

Blandine Klaas

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RCL
Question :
Un maire, donc OPJ, peut-il l’être en dehors de sa commune ?
Réponses :
Non, il est élu OPJ sur sa commune.
Tous les pouvoirs du Maire en tant que représentant de l'Etat ne lui sont octroyés que sur son territoire.
Non uniquement dans la commune où il est élu maire.

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