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Dossier Outre-mer : un challenge socio-économique à relever

Dossier
12 janvier 2020

Confrontées à des handicaps structurels propres, liés notamment à l’éloignement, à l’insularité et à leur taille réduite, les économies ultramarines, qui enregistrent des taux de chômage élevés, sont à la recherche de nouveaux vecteurs de développement.

Nous vivons une situation sociale difficile, confesse Michelle Maxo, adjointe au maire de Sainte-Anne, en Guadeloupe, en charge de l’environnement. Le taux de pauvreté atteint 19 % et le chômage près de 23 %. L’économie est fragile. Nous attendons une volonté politique de la part de l’État pour accompagner nos territoires. » Parmi les causes identifiées, le faible niveau de qualification. Plus du tiers de la population diplômée émigre vers la métropole. Ceux qui restent étant plus massivement les moins diplômés et souvent sans travail.

Président de l’association française des maires de La Réunion (AMDR), Stéphane Fouassin déplore, quant à lui, la baisse drastique des contrats aidés, une perte pour les économies ultramarines. « Cela représente une perte de 330 Ms pour l’économie réunionnaise et les familles les plus démunies. Une véritable catastrophe économique quand on sait que le tourisme ne rapporte que 420 Ms. Cette économie sur les contrats aidés touche les familles les plus faibles, alors qu’ils permettaient bien souvent de trouver une alternative positive à ceux qui ne trouvaient pas de travail. »

Une autre ressource non négligeable pour les collectivités d’outre-mer est elle aussi menacée : l’octroi de mer, qui, en plus d’assurer l’alimentation des budgets des communes, permet, grâce aux différentiels de taxation entre les produits locaux et importés, de soutenir la production et la transformation locale. Ce dispositif a permis la création de 40 000 emplois industriels dans les régions d’outre-mer.

PRÉCARISATION DE LA SOCIÉTÉ

Aujourd’hui, nombreux sont les élus ultramarins qui redoutent une plus grande précarisation de la société aggravée par les récentes catastrophes environnementales. L’Ouragan Irma, qui en septembre 2017 endommageait 95 % du bâti des îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, ou les algues sargasses qui depuis 2001 envahissent les côtes antillaises et menacent l’industrie touristique, ont fragilisé davantage les économies. Et aujourd’hui aussi, c’est avant tout le quotidien des habitants qui est menacé. La concertation et la réflexion sont plus que jamais impératives pour mettre en place de nouveaux modèles de développement.

EXPLOITER LE POTENTIEL EXISTANT

Pour développer l’économie, donc l’emploi, dans les collectivités ultramarines les pistes existent. « L’agriculture ne représente que 6 % de notre PIB, c’est peu. Pourtant, le potentiel est là, affirme Michelle Maxo. Il y a cependant un blocage au niveau de l’octroi des terres agricoles. C’est une situation que nous devons parvenir à régler pour permettre aux jeunes agriculteurs d’avoir le foncier nécessaire pour travailler. » L’occasion de tendre aussi vers une autosuffisance alimentaire, d’importer moins de produits de l’extérieur et produire plus localement.

Il faut bien évidemment continuer à développer l’industrie touristique, selon l’élue de Saint-Anne, mais garder à l’esprit qu’un certain nombre d’aléas climatiques peuvent changer la donne. « Je pense qu’il faut diversifier nos potentiels économiques de façon à ne pas s’appuyer sur un secteur en particulier, mais travailler avec l’ensemble des domaines qui sont les nôtres et qui sont à disposition au quotidien. L’artisanat et l’économie circulaire, par exemple, sont des vecteurs de création d’emploi à prendre en compte. » Cette piste est également préconisée par l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (Iedom) et l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM), qui pointent trois secteurs de l’économie verte aux enjeux stratégiques importants : l’eau potable, les énergies renouvelables et le traitement des déchets.$« Au-delà de ces secteurs, les outre-mer présentent un patrimoine naturel d’exception qui constitue un atout considérable, notamment pour développer un tourisme vert », indiquent-ils dans une étude sur le tourisme et l’économie bleue.

Blandine Klaas

Paroles de maires

RCL
Question :
Bonjour, comment gérez-vous les véhicules ventouse ? Malgré le signalement à la gendarmerie, le propriétaire ne déplace pas son véhicule. Si nous appelons la fourrière les frais seront pour la commune. Merci pour vos conseils.
Réponses :
Avoir nos rues avec des voitures poubelles qui les encombrent et prennent des places de stationnement n’est terrible. Il n y a pas de solution miracle. Quand il y a une plaque d'immatriculation : appel à la gendarmerie, identification du propriétaire (souvent en région parisienne), recommandé, délai d’un mois pour répondre. Sans réponse et selon l’état de la voiture, prise de photos, constat rédigé par mes soins et épaviste... Je préfère ne pas faire payer les habitants de mon village.
Nous sommes élus et nous nous devons de rester dans la légalité. Je crois qu'il faut identifier le propriétaire du véhicule et lui envoyer un courrier recommandé en l'obligeant à enlever son véhicule sinon le véhicule sera mis en fourrière et les frais seront à sa charge. Si les élus ne respectent pas les lois, c'est donner une mauvaise image de nous et nous ne devons pas être étonnés si nous sommes de moins en moins respectés.

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