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Dossier Montagne : quand l'or blanc est remis en question

Dossier
11 mars 2020

Défi économique, défi social, défi environnemental, la montagne doit se réinventer. Si la loi 3D (Décentralisation, Différenciation, Déconcentration) et le programme baptisé « Ruralités-Montagne » vont dans ce sens, les maires doivent tout de même se prendre en mains pour accélérer le processus.

Transition touristique, énergétique et écologique, les stations de montagne sont confrontées à un triple défi. Alors que certains sites s’accrochent encore au tout ski, d’autres ont déjà entamé leur mutation vers un tourisme de quatre saisons, en privilégiant le bien-être et la découverte de nouvelles activités sportives. Explications.

Face aux évolutions climatiques et à la transformation du marché touristique en montagne, les stations notamment de moyenne montagne, doivent faire évoluer leur modèle économique », avertit Éric Piolle, maire de Grenoble (38). Le ton est donné. Un diagnostic que partagent les élus locaux, les acteurs économiques et même la Cour des comptes, qui n’en finit pas de tirer la sonnette d’alarme sur la situation financière fragile de bon nombre de stations de sports d’hiver.

Car avec le Plan Neige, mis en place en 1964 dans le but d’encourager le tourisme hivernal de masse, dont le modèle économique reposait essentiellement sur les recettes des remontées mécaniques, des millions d’euros d’investissements ont été engagés. « Or, les stations continuent de rembourser encore aujourd’hui des emprunts lourds, alors que leurs recettes diminuent compte tenu de la baisse de fréquentation touristique et du changement de comportement des vacanciers de stations », explique Jean-Marc Peillex, maire de Saint- Gervais-les-Bains (74)

Pierre Mériaux, conseiller municipal délégué au tourisme et à la montagne à la mairie de Grenoble, enfonce le clou : « Trop longtemps, on a pensé que les remontées mécaniques étaient les sources principales de revenus des communes montagnardes. Aujourd’hui que la neige fond au soleil et que les comportements des touristes en matière de glisse ont changé, la montagne n’a pas d’autre choix que de se réinventer. »

En effet, selon une étude réalisée par l’Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM), sur les habitudes de consommation des vacanciers en station, le taux des clients français n’ayant pas du tout pratiqué une activité de glisse pendant leur séjour en montagne a progressé de 4 points en cinq ans passant de 12 % à 17 %. Ce qui représente un manque à gagner supplémentaire. Pour autant, les politiques continuent de soutenir les modèles existants. « La région Auvergne-Rhône-Alpes vient de débourser 46,7 M pour des canons à neige, et seulement 2,7 M pour la diversification de l’économie de la montagne et l’accompagnement à la transition. Laurent Wauquiez, président de la région, a largement fait le choix du modèle traditionnel qui est en train de démontrer ses limites. Pourtant ses choix politiques sont dans l’incapacité de répondre aux enjeux climatiques et économiques d’aujourd’hui », s’insurge Pierre Mériaux.

D’autres stations persistent dans leur modèle économique, au grand dam des défenseurs de l’environnement. Valloire (73), avec ses 17 000 lits et son village à 1 450 m, vient d’annoncer un investissement de 36 M d’ici à 2028 pour se translater en altitude et étendre de 12 ha le domaine skiable.

DIVERSIFIER LES ACTIVITÉS, UNE NÉCESSITÉ

« C’est acté : la montagne est aujourd’hui à la croisée des défis touristique, énergétique et écologique. Nous n’avons pas attendu que le ciel nous tombe sur la tête. En Haute-Savoie, un nouveau plan montagne est à l’oeuvre depuis dix ans. Nous incitons les stations de moyenne montagne à démonter leurs installations et à s’orienter vers d’autres activités tournées vers le bien-être et les loisirs en famille. Nos massifs regorgent de talents, de potentialités encore inexploitées et de viviers d’idées », ajoute Pierre Mériaux. Pour Éric Piolle : « Il s’agit de développer l’activité économique, les services, les conditions de logement et d’emploi, tout en préservant la biodiversité et en valorisant les ressources naturelles. En d’autres termes, il s’agit de créer un tourisme de quatre saisons. »

En Occitanie, le plan Montagnes, Terres de vie 2018- 2025 va dans ce sens. Fruit d’un partage d’expériences et d’expertises, il permet à tous les acteurs de la montagne, des collectivités aux citoyens, en passant par les associations et les entreprises de se donner les chances d’un développement vertueux des montagnes d’Occitanie.

Au coeur du système, un Parlement de la montagne initié par la région, pivot de l’élaboration du plan. « Construire la montagne est un défi pour chaque élu. Un défi économique, car la montagne doit encore trouver sa place dans la mondialisation, un défi social parce qu’elle a accumulé un certain nombre de retards, notamment dû à son enclavement et un défi environnemental, parce que sa ressource principale, la neige est de moins en moins abondante », explique Jean-Marc Peillex. Mais construire la montagne relève aussi d’une volonté politique, celle de passer d’une logique d’égalité territoriale à une logique d’équité territoriale.

Danièle Licata

Paroles de maires

RCL
Question :
Bonjour, comment gérez-vous les véhicules ventouse ? Malgré le signalement à la gendarmerie, le propriétaire ne déplace pas son véhicule. Si nous appelons la fourrière les frais seront pour la commune. Merci pour vos conseils.
Réponses :
Avoir nos rues avec des voitures poubelles qui les encombrent et prennent des places de stationnement n’est terrible. Il n y a pas de solution miracle. Quand il y a une plaque d'immatriculation : appel à la gendarmerie, identification du propriétaire (souvent en région parisienne), recommandé, délai d’un mois pour répondre. Sans réponse et selon l’état de la voiture, prise de photos, constat rédigé par mes soins et épaviste... Je préfère ne pas faire payer les habitants de mon village.
Nous sommes élus et nous nous devons de rester dans la légalité. Je crois qu'il faut identifier le propriétaire du véhicule et lui envoyer un courrier recommandé en l'obligeant à enlever son véhicule sinon le véhicule sera mis en fourrière et les frais seront à sa charge. Si les élus ne respectent pas les lois, c'est donner une mauvaise image de nous et nous ne devons pas être étonnés si nous sommes de moins en moins respectés.

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