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DOSSIER : Accès aux soins

Dossier
03 octobre 2019

LES TERRITOIRES SE MOBILISENT POUR L’ATTRACTIVITÉ MÉDICALE

Ils seraient 6 millions de Français, ruraux comme urbains, à ne pas pouvoir accéder aisément aux soins. Pour remédier à cette situation, les élus s’emparent du dossier à bras-le-corps, jusqu’à axer leur politique d’aménagement sur la santé.

SOMMAIRE

Quimper, un parc d'attractivités dédiés à la santé

L'hôpital de Redon primé pour ses initiatives

Hauts-de-France : la télémédecine pour renforcer l'offre de santé

Avoir un médecin traitant, obtenir rapidement un rendez-vous, accéder à des soins médicaux spécialisés dans un délai approprié devient de plus en plus rare dans certains territoires sous-dotés en médecins. Ils seraient quelque 6 millions de Français à vivre cette situation dans les territoires ruraux comme les zones périurbaines, certaines étant gravement touchées, à l’instar de l’Ile-de-France, où plus de 650 petites communes n’auraient pas de médecin généraliste, selon l’Agence régionale de santé Ile-de-France. Les déserts médicaux sont une réalité avec pour conséquence un nombre d’admissions aux urgences des hôpitaux publics qui explose. Si la loi Santé adoptée en juin 2019 renforce les mesures pour faire face à ce phénomène, avec notamment la suppression du numerus clausus, il faudra attendre encore quelques années pour en constater les effets. C’est donc une véritable croisade que mènent les élus pour inverser la tendance. Des maisons de santé voient le jour, permettant aux jeunes médecins de travailler ensemble ; des politiques d’aménagement du territoire axées sur la santé se mettent en place, comme à Quimper. D’autres, par la voie de l’humour, incitent les praticiens, à s’installer. Ainsi, la commune de La Roche-Jaudy (22) a annoncé, en 2016, avoir recruté un druide pour offrir une alternative à ses citoyens. Pour Jean-Louis Even, son maire « ce buzz a permis de nous faire entendre différemment, de montrer une autre facette de notre territoire ». De fait, un médecin s’est installé l’année suivante. Autre piste à explorer, celle de la télémédecine qui permettrait de « recréer du temps médical et de proposer une réponse coordonnée à la problématique des déserts médicaux », affirmaient récemment seize présidents d’associations départementales d’élus dans une tribune publiée à l’attention des pouvoirs publics. « L’accès aux soins est un vrai sujet, estime Jean-François Rapin, conseiller régional et sénateur du Pas-de-Calais. Un territoire qui n’a plus de médecin, c’est le commencement d’une perte d’attractivité pour l’ensemble de ce territoire ».

À QUIMPER, UN PARC D’ACTIVITÉS DÉDIÉ À LA SANTÉ

Dans le Finistère sud, la communauté d’agglomération de Quimper Bretagne Occidentale bâtit une offre globale autour de la santé… Avec pour objectif, notamment, d’attirer de nouveaux praticiens et professionnels de la santé sur son territoire.

L’idée a germé, en 2006, lorsque la Mutualité française s’est mise en quête d’un site accessible et moderne sur l’agglomération quimpéroise pour procéder au regroupement et à l’agrandissement de ses deux cliniques.

Profitant de cette opportunité, Quimper Bretagne Occidentale (29) imagine alors la création d’un pôle ultramoderne dédié à la santé pour améliorer la prise en charge et la sécurité des patients de ce bassin de 3 000 habitants, dans une optique de parcours de santé. Il sera implanté dans la zone de Kerlic, au nord de Quimper. « L’idée c’est de constituer un pôle fort de proximité sur lequel on puisse agréger d’autres services comme des soins infirmiers, des laboratoires médicaux, des entreprises paramédicales, des structures médico-sociales, etc. », explique Laurent Bruchon, directeur du service économie à l’agglomération. Quimper Bretagne Occidentale a investi 9 M pour l’acquisition de 33 ha de terrains qui seront mis à disposition des acteurs du secteur médical. Ceux qui souhaitent collaborer au projet financeront chacun leur investissement.

UN EMPLACEMENT IDÉAL

L’accessibilité est un point fort du futur pôle qui est idéalement situé à proximité des voies express, tout en restant proche du centre de l’agglomération. Dès 2022, il accueillera, sur une dizaine d’hectares, la clinique mutualiste de Bretagne occidentale d’une capacité de 250 lits, un pôle imagerie de 2 600 m², ainsi qu’une maison des consultations, où interviendront une cinquantaine de médecins généralistes. Soit 30 000 m² de constructions et 1 000 places de parking. Sur 10 ha plus au sud du pôle, des parcelles seront proposées à la vente, à des entreprises du secteur médical ou à des opérateurs qui se chargeront d’aménager des locaux, qu’ils proposeront ainsi à la location ou à la vente. L’agglo vient, par ailleurs, de lancer un appel d’offres pour la création d’un hôtel et d’un restaurant. Il est aussi prévu l’aménagement d’une zone de biodiversité centrale, un espace naturel de 11 ha avec une zone humide et des espèces protégées, où pourraient être développées, à terme, des animations pédagogiques.

LA SANTÉ, FACTEUR D’ATTRACTIVITÉ POUR LE TERRITOIRE

Avec ce pôle, les élus de l’agglomération souhaitent offrir aux habitants un maximum de services de proximité. « Nous pensons qu’un pôle médical fort dans le Finistère sud attirera davantage les médecins, car ils disposeront d’outils modernes et mutualisés avec d’autres », relève le directeur. Entièrement privé, il fonctionnera en complémentarité avec l’hôpital de Quimper. Les élus espèrent qu’il contribuera à pallier les difficultés d’accès aux soins que rencontrent certains habitants de l’agglomération. « Et pourquoi pas contribuer à retenir dans certaines communes rurales des médecins rassurés de voir un pôle santé dynamique à proximité », conclut Laurent Bruchon.

Blandine Klaas

L’HÔPITAL DE REDON PRIMÉ POUR SES INITIATIVES

La Fédération hospitalière de France (FHF) a remis le 1er prix 2019 « Attractivité médicale » au Centre hospitalier intercommunal de Redon-Carentoir, à l’occasion du Paris Healthcare Week, alors que le recrutement médical reste un enjeu fondamental pour l’établissement breton.

Si les services d’urgence sont en grève un peu partout en France, dénonçant, entre autres, les conditions de travail, le Centre hospitalier intercommunal de Redon-Carentoir (35), n’a pas attendu d’être au bord de l’explosion pour prendre son destin en main. Et pour récompenser ses initiatives, l’hôpital a reçu un premier prix national pour son attractivité médicale, le 22 mai dernier lors du Paris Healthcare Week. Un prix initié par la FHF, dont l’attractivité des métiers hospitaliers est devenue un de ses chevaux de bataille. « Le recrutement médical est un enjeu fondamental pour l’établissement qui, comme beaucoup d’hôpitaux de cette taille, souffre de la concurrence des établissements publics et privés situés dans les grandes métropoles », souligne la FHF.

Une précieuse reconnaissance du travail accompli depuis plusieurs mois. « Nous avons mis en place une démarche globale d’attractivité médicale et d’amélioration des conditions de travail des médecins pour éviter la désertification médicale », explique Sonia Lemarié, directrice des ressources humaines et des affaires médicales, en charge du projet « attractivité médicale ». Et d’ajouter : Redon est une ville de 9 000 habitants, à une heure de Rennes (35), Nantes et Saint-Nazaire (44). Notre risque est double : de voir les médecins partir dans ces villes avoisinantes et de ne pouvoir les remplacer.

UN PLAN D’ACTION EN DEUX PARTIES

Un appel à candidature avait été lancé en mars par la FHF. « Quand j’ai vu que cela concernait l’attractivité médicale, je me suis dit qu’il fallait tenter notre chance. Le travail avait déjà été réalisé fin 2018, début 2019 », se souvient Sonia Lemarié. Un groupe de travail avait alors été constitué, intégrant plusieurs médecins de l’hôpital à la réflexion. En résulte un plan d’action en deux parties, intégrant un diagnostic des forces et faiblesses de l’hôpital, et un plan d’action visant à fidéliser les médecins présents, et à tenter d’en attirer de nouveaux. Comme dans un service marketing d’une entreprise, les équipes médicales ont d’abord défini les menaces et les opportunités. « Parmi nos points forts, on peut citer notre établissement à taille humaine. Idéal pour développer des projets et impliquer toutes les parties prenantes notamment la direction, détaille Sonia Lemarié. Autres points forts : un réseau internet de bonne qualité, une gare TGV, des prix de l’immobilier abordables, une qualité de vie remarquable et de nombreuses écoles pour accueillir les familles. De quoi poser ses valises sans hésitation aucune. Et point important, insiste-t-elle, un établissement certifié A sur la qualité des soins. » L’envers de la médaille : « La pyramide des âges des médecins, des difficultés d’accès à la formation, aucun accueil pour les nouveaux médecins et, surtout, il n’existait aucune relation étroite entre les médecins de ville et les médecins hospitaliers », poursuit Sonia Lemarié. À partir de cet état des lieux, l’équipe hospitalière s’est inspirée du MOOC de FHF dans lequel sont recensées les bonnes pratiques, sur la base de celles de l’hôpital de Cherbourg (50). Ainsi la démarche d’attractivité globale et d’amélioration dans laquelle la communauté médicale s’est fortement impliquée a porté sur sept axes : management, accueil des internes, appui aux postes partagés, accompagnement des projets professionnels, vigilance sur les conditions de travail, communication sur les conditions de rémunération et développement d’une marque employeur dans une perspective de développement des liens avec la ville. « Ce plan complet de renforcement de l’attractivité médicale témoigne de l’investissement de l’établissement et a permis des recrutements sans lesquels deux filières de prises en charge auraient disparu », conclut Sonia Lemarié.

Danièle Licata

HAUTS-DE-FRANCE : LA TÉLÉMÉDECINE POUR RENFORCER L’OFFRE DE SANTÉ

Bien que la santé ne soit pas une compétence obligatoire, la région s’investit aux côtés des communes et acteurs du territoire pour le développement de la télémédecine, avec un objectif : améliorer le suivi des soins et la qualité de vie des habitants.

Dans les Hauts-de-France, la densité de médecins généralistes est comparable à la moyenne nationale. Pour autant, il existe de fortes disparités à l’intérieur de la région, avec des difficultés d’accès aux soins plus marquées dans certains territoires. C’est avec l’un d’entre eux, la communauté de commune des 7 Vallées (62), que la région et le groupe Axa, pionnier en la matière, mènent depuis quelques semaines une expérimentation de télémédecine. Mais de quoi parle-t-on au juste ? Selon le Code de la santé publique, la télémédecine se définit comme une pratique médicale effectuée par un médecin à distance en mobilisant des technologies de l’information et de la communication (TIC). Installé au centre hospitalier d’Hesdin (62), le cabinet de téléconsultations médicales, inauguré le 3 juillet dernier, est géré par un infirmier pour faciliter l’accueil des patients et l’utilisation du matériel connecté. Le médecin généraliste, partenaire local, est joint par un système de visioconférence. L’infirmier se charge de faire le lien avec un médecin du territoire ou, si besoin, un médecin Axa. L’idée d’une telle opération étant aussi de faire levier sur les compétences des infirmiers, bien plus nombreux et disponibles pour les patients. Au terme de la consultation, le médecin rédige une ordonnance à destination du patient qui repart également avec un compte rendu imprimé. « Entre le médecin et le patient, il n’y a pas de contact physique, mais une interface qui peut permettre de régler un nombre considérable d’actes médicaux », souligne Jean-François Rapin, conseiller régional et sénateur du Pas-de-Calais.

UN ENJEU POUR LES PETITES COMMUNES

« Le déploiement de la télémédecine est un enjeu important pour l’amélioration de l’accès aux soins dans les petites communes », estime Christophe Dietrich, maire de Laigneville (60), une commune de 5 000 habitants. Il n’a pas attendu le feu vert de l’Agence régionale de santé (ARS) pour expérimenter la téléconsultation dans sa commune. « Fin 2017, les deux derniers médecins de la commune ont pris leur retraite », explique-t-il. Et malgré la mise à disposition gratuite d’un cabinet médical, aucun nouveau médecin ne s’est présenté. Le maire prend alors les choses en main et investit 150 000 € pour l’achat du cabinet de téléconsultations médicales, tandis que les appareils sont gracieusement mis à disposition par la start-up strasbourgeoise Hopi Medical. Non conventionnée par l’ARS, c’est la commune qui prend en charge le salaire de la secrétaire médicale, des infirmières et des médecins, environ 125 000 € par an. Les consultations sont entièrement gratuites pour tous les citoyens laignevillois, mais également ceux des communes alentour. L’opération est un véritable succès selon le maire qui annonce fièrement les chiffres de fréquentation : « Dès le premier mois, nous avons enregistré plus de 100 consultations, alors qu’un grand nombre de personnes étaient réticentes au départ. »

Aujourd’hui, ce sont plus de 600 patients réguliers qui fréquentent le cabinet. Pour l’heure, la mairie est toujours en négociation avec la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de l’Oise pour la signature d’un accord de prise en charge des consultations et espère une issue favorable d’ici la fin de l’année.

UNE PLATE-FORME NUMÉRIQUE RÉGIONALE POUR ACCOMPAGNER LA TÉLÉCONSULTATION

Dans le cadre de sa politique d’accès aux soins, la région des Hauts-de-France considère la télémédecine comme un levier dans sa politique de réduction des inégalités sociales et territoriales de santé. C’est d’ailleurs à ce titre que l’ARS propose, depuis le 28 juin dernier, une plateforme de services numériques pour coordonner la téléconsultation et les échanges entre patients et professionnels de santé. « Ce service, pensé et conçu avec l’aide des professionnels de santé, propose ainsi aux médecins l’accès à un dispositif permettant la réalisation de téléconsultation et garantissant une prise en charge de l’acte par l’assurance maladie. Dans ce cadre, le patient sera accompagné par du personnel soignant tout au long de sa consultation », explique-t-on à l’ARS. L’outil a été proposé pour des téléconsultations de médecine générale dans un premier temps. Priorité étant donné aux lieux de téléconsultation identifiés en zones dites « sous denses », ainsi que sur les lieux de téléconsultation qui témoignent de difficultés d’accès à un médecin traitant. Depuis le lancement de l’opération, l’outil est à la disposition de 24 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) représentant près de 1 780 résidents. L’offre de service est à présent proposée à d’autres sites demandeurs, tels les hôpitaux de proximité, ainsi qu’aux téléconsultations de médecins spécialistes, hors médecine générale. Ce service constitue l’une des déclinaisons du programme Prédice, piloté par l’ARS Hauts-de-France avec l’appui de Sant& Numérique, un groupement d’intérêt public, qui a l’ambition de proposer à l’ensemble des acteurs du système de santé de la région un bouquet de services numériques. Et facilite par la même occasion le développement de la télémédecine.

Blandine Klaas

Paroles de maires

RCL
Question :
Bonjour, comment gérez-vous les véhicules ventouse ? Malgré le signalement à la gendarmerie, le propriétaire ne déplace pas son véhicule. Si nous appelons la fourrière les frais seront pour la commune. Merci pour vos conseils.
Réponses :
Avoir nos rues avec des voitures poubelles qui les encombrent et prennent des places de stationnement n’est terrible. Il n y a pas de solution miracle. Quand il y a une plaque d'immatriculation : appel à la gendarmerie, identification du propriétaire (souvent en région parisienne), recommandé, délai d’un mois pour répondre. Sans réponse et selon l’état de la voiture, prise de photos, constat rédigé par mes soins et épaviste... Je préfère ne pas faire payer les habitants de mon village.
Nous sommes élus et nous nous devons de rester dans la légalité. Je crois qu'il faut identifier le propriétaire du véhicule et lui envoyer un courrier recommandé en l'obligeant à enlever son véhicule sinon le véhicule sera mis en fourrière et les frais seront à sa charge. Si les élus ne respectent pas les lois, c'est donner une mauvaise image de nous et nous ne devons pas être étonnés si nous sommes de moins en moins respectés.

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